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Le cercle parfait
De Pascale Quiviger
Editeur : Les 400 coups
Parution le : 17 Octobre 2006

De passage en Italie, Marianne rencontre un homme. L'aimer exige qu'on l'attende en sachant qu'il viendra, à son heure. Encore aura-t-il fallu rompre avec sa vie d'avant, l'homme d'avant, vendre sa maison, quitter son emploi, vider son compte bancaire. Le présent désormais se conjuguera entre la mère jalouse, les chiens et les murailles d'un village figé dans sa torpeur séculaire. Au risque pour Marianne de devenir l'ombre d'un homme et de se retrouver seule dans sa propre histoire. Pascale Quiviger reconstitue, dans un récit alternant passé et présent, la patiente et lucide remise au monde d'une femme dévastée par l'amour, et pourtant sauvée par cet amour.


Commentaires Amazon

2006-10-29Note : 4/5
Encore une histoire d'amour, mais plus encore !
Vous avez entre les mains un roman d'amour. Une histoire de rencontre entre une femme qui est en voyage en Europe et qui croise cet homme pour qui elle décide de tout quitter, tout vendre au Quebec pour retrouver celui pour qui son coeur bat à cadences folles. Cette femme s'appelle Marianne, l'objet de son amour est Marco, italien, célibataire, éleveur de chiens, chasseur de canards. Marianne vient vivre dans ce petit village perdu de l'Italie, elle ne travaille plus, elle vit dans cette attente de lui. Au temps qui passe, s'installe l'ennui, puis la haine et la destruction. Marianne plonge dans une mélancolie dépressive (ou inversement), elle n'a plus qu'une idée en tête : partir.

Celles qui ont aimé un caractère latin comprendront... le charme ténébreux, silencieux et distant, indépendant mais lié à la mama (surtout par la table)... "Marco patrouille son village depuis des années. Dans son lit passent des voyageuses, mais aucune d'entre elles n'acceptera d'épouser son village, sa mère, ses dizaines d'oncles et de cousines, précisément parce que ce sont des voyageuses. Marco est entier, il les laisse partir, il en garde le souvenir comme d'une brûlure bénigne, sachant d'avance que son étrange façon d'être à la fois une racine et une feuille l'empêchera toujours de partir avec elles."

Voilà d'où s'explique le titre du roman : "Le cercle parfait. La vie ronde de Marco. Etanche comme un oeuf. L'univers à l'échelle d'un village dont on ne sort jamais." Et Pascale Quiviger raconte cette magnifique histoire d'amour, même si elle est diantrement ordinaire et de celles qu'on vit tous les jours, pourtant c'est aussi ces histoires-là qui nous nourrissent et nous poussent. Il y a dans ce livre des passages sublimes sur les sentiments amoureux, sur l'acte de tomber en amour, sur l'espoir et l'attente, puis le vide qui gratte à la porte pour creuser son nid dans le coeur de l'amante... C'est stupéfiant ! Si je décidais de reproduire quelques-uns de ces extraits, il me faudrait des pages pour tous les consigner ! ... Lisez ce livre, vous comprendrez !..

Il y a de la poésie, de l'instinct et paradoxalement il y a de l'acuité dans le regard de la narratrice, celle qu'on ne trompe pas et qui pressent l'échec de sa belle histoire d'amour. Et l'humour, aussi, ne l'oublions pas, quand Marianne affronte sa belle-mère autour de repas gargantuesques... Ah, j'allais omettre de citer le 3ème personnage du roman : l'Italie, belle, somptueuse, implacable et fascinante, celle aux "voix secrètes de vêpres", celle au dimanche rose et pâle sur une place baignée de soleil, celle de Giotto, des câpres sauvages poussant sur les murs, etc. "L'Italie est parsemée de lieux de prière et de vengeance, d'art et de pouvoir".

En voilà un roman qui se découvre à chaque effeuillage !.. Note de conclusion : "Le bonheur exige la rupture des cercles parfaits." Point.

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