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  Fiche livre


Faut-il croire les mimes sur parole ?
De Céline Robinet
Editeur : Au Diable Vauvert
Parution le : 13 Septembre 2007
Sélection Rue des Livres

« Quand j’étais petite, je croyais que pour le ski nautique, il fallait des lacs en pente. À la mer, je buvais allégrement la tasse en rêvant avoir trouvé la source de jouvence. Après tout le sel conserve la viande. Les médecins devraient y penser dans les hospices. Et puis j’étais convaincue qu’en laissant fondre les flocons de neige sur ma langue, j’allais avoir accès aux souvenirs des montagnes, des arbres, des pierres, des groseilles, des biches, des autres êtres humains, bref de l’existence toute entière. »

Après Vous avez le droit d’être de mauvaise humeur, ce second recueil place cette jeune écrivaine aux côtés de Ravalec et Gunzig parmi les premiers talents français de la nouvelle.

Conduit par un style tout en nuance, qui vous fait avancer l’air de rien de glissements de sens en associations de mots et d’idées, le lecteur ne sort pas indemne de ces nouvelles… et les personnages de Céline Robinet non plus ! La vie de famille se révèle être une émouvante et terrible mascarade, les instants de gloire ne sont jamais ceux que l’on croit… sous les apparences, les mots vont débusquer de bien profondes lézardes.

Le ton ici se fait plus grave, l’auteur explore, avec sa poésie joueuse et son humour grinçant, des univers anodins, qui, par la magie des mots, prennent une dimension inattendue.


Née en 77 près de Valenciennes, traductrice de l'allemand et de l'espagnol, Céline Robinet slame, écrit et joue des sketches comiques. Elle vit à Berlin.

  • Littérature française
  • [Nouvelles]
  • Extrait

    Willy. C'est le nom de mon chien. Un esquimau du Groenland, vrai de vrai. Willy, il est tout simple­ment for-mi-dable. Vous imaginez un chien qui vous réveille avec une heure de décalage suivant l'heure d'été, qui ne fait jamais, jamais la gueule, même quand j'oublie son anniversaire, et puis qui a l'odeur du miel ? Quand j'ai la grippe, je trempe son museau dans un bol de lait, c'est mieux que du sirop pour la toux. Quant au petit bruit de ses pattes sur le carrelage, il ressemble à un sac de diamants qu'on soupèse dans sa main. Willy, c'est mon ami.
    Sinon, je suis fille unique. Papa n'a pas le temps, et maman non plus. Il est dentiste, elle psychiatre. Drôle de mélange. Finalement ça se ressemble. Ils demandent tous les deux aux gens de s'allonger, puis d'ouvrir la bouche. La différence, c'est que maman les fait parler et papa les en empêche. Il leur pose quand même des questions, en train d'inspecter la molaire du fond ou de pomper la salive, il veut savoir comment va la famille, le travail ? Après toutes ces années, il n'a toujours pas compris que personne ne pou­vait parler avec une main dans la bouche.
    À l'école, les autres se moquent. Dentiste, ça ne fait rêver personne. Tout le monde sait ce que ça veut dire : respirer toute la journée l'haleine d'inconnus, soigner des caries, des plaies, des malformations, des bouches écrasées, arracher, faire attention aux nerfs, travail minutieux dans 6 cm3, pas le choix, fraise, disque, bistouri comme prolongement des doigts. Quelle dextérité. Moi, j'essaie de faire comme papa. Je m'exerce à effectuer des gestes précis, une miniature de gestes. Mes Barbie n'ont pas de dents alors je leur arrache les ongles, je les dépose un à un sur mon oreiller, puis j'éponge le contour de leurs doigts avec du coton. Ensuite j'insère un poil de ma brosse à dents dans le trou prévu pour les bagues, ou je leur couds des vêtements avec du fil dentaire, ou bien avec mes cheveux, alors là il faut faire très attention à ne pas tirer trop fo
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    Commentaires Amazon

    2008-01-21Note : 5/5
    Un livre rythmé, qui reste en tête comme une musique.

    C'est une cascade de personnages : muets, tendres, impuissants mais plein d'amour, paumés cherchant leur place dans le regard de l'autre, et tout autant de sujets sur l'enfance, la vie de famille, le difficile positionnement identitaire, la mort tantôt douce et tantôt inévitable, mais jamais cruelle... C'est avec un style juste, sans surcharge, que Céline Robinet nous offre ses histoires qui pourraient être les nôtres, avec toujours ce regard à la fois drôle et désenchanté que j'avais tant aimé dans "Vous avez le droit d'être de mauvaise humeur...". Mais cette fois ce regard est emprunt de douceur. Et puis comme toujours: ses chutes sont sidérantes, faisant de Céline Robinet l'une des meilleures nouvellistes contemporaines.


    2008-01-20Note : 5/5
    Un livre rythmé, qui reste en tête comme une musique!
    C'est une cascade de personnages : muets, tendres, impuissants mais plein d'amour, paumés cherchant leur place dans le regard de l'autre, et tout autant de sujets sur l'enfance, la vie de famille, le difficile positionnement identitaire, la mort tantôt douce et tantôt inévitable, mais jamais cruelle... C'est avec un style juste, sans surcharge, que Céline Robinet nous offre ses histoires qui pourraient être les nôtres, avec toujours ce regard à la fois drôle et désenchanté que j'avais tant aimé dans "Vous avez le droit d'être de mauvaise humeur". Mais cette fois ce regard est emprunt de douceur. Et puis comme toujours: ses chutes sont sidérantes, faisant de Céline Robinet l'une des meilleures nouvellistes contemporaines.


    2008-01-15Note : 5/5
    Choc tendre
    Amis lecteurs, accourez! Ce livre est drôle, cruel et tendre. J'avais adoré "Vous avez le droit d'être de mauvaise humeur mais prévenez les autres!", j'ai dévoré "Faut-il croire les mimes sur parole?". Céline Robinet a su trouver un équilibre entre maturité et humour, nous faisant osciller entre émotion et rires. Et puis quel sens de la formule, certaines de ses images me restent et me resteront de façon obsessionnelle.

    2007-11-30Note : 3/5
    Bien, mais bon...
    Je crois avoir beaucoup trop attendu du deuxième livre de Céline Robinet ! J'avais été particulièrement scotchée par son recueil « Vous avez le droit d'être de mauvaise humeur... », abasourdie par son humour macabre et salace, ses descriptions à faire frémir les ligues de bienséance. Sincèrement je m'attendais à retrouver cette effronterie. Mais non.
    C'est honnêtement bien chamboulé dans la cervelle de cette demoiselle, ça pédale à vive allure, ça donne un (faux) aperçu de nouvelles bien lisses et proprettes, et puis zou ! la fin vous en bouche un coin. Pas vu, pas pris... hop, prends-toi ça dans les loupes.
    Même pas mal.

    Le problème, si l'on vient à « Faut-il croire les mimes sur parole ? » sur la bonne foi d'avoir accroché au précédent recueil, c'est qu'on s'attend à lire la même chose, ou à peu près. Ici, c'est très justement de l'à peu près, très approximativement. Résultat : je suis déçue !
    Mais j'aime bien Céline Robinet et son esprit vif, inventif, qui ne brode pas de la dentelle. C'est foncièrement dérangeant, donc attirant. Elle est capable de vous raconter des histoires, puis elle appuie vicieusement sur le détail qui fait mal, qui gratte, et qui perturbe.

    Il y a plusieurs histoires qui attirent l'attention, celle d'une fillette coincée entre un père dentiste et une mère psychiatre. Pour attirer l'attention du père rendu muet comme une tombe, à force d'être abruti pour son boulot, l'enfant a choisi de se gaver de sucreries pour avoir des caries ... et finir chez le dentiste. Ce qui est ballot, c'est la chute !
    C'est la même impression laissée par l'aventure d'une jeune femme qui fait les vendanges, elle ne boit pas une goutte d'alcool, elle est dans son coin, n'ingurgite que du bio, et puis elle cède aux appels des sirènes, et là ... rire gras, rauque et jaune qui se coince dans la gorge ! Je ne vous en dis pas plus.

    En fait, on ne peut pas dire qu'on se bidonne à fond en lisant ces nouvelles. C'est même parfois tout le contraire. Quand on commence l'aventure burlesque d'un couple qui s'est vu offrir un voyage en Afrique pour leurs noces d'argent, on suit une étrange progression qui dépeint toute la vicissitude du tourisme à l'étranger, allant jusqu'à l'immigration clandestine. Il y a plusieurs histoires qui, comme ça, laissent entendre un discours sérieux sur les problèmes actuels, forçant à titiller et brusquer la torpeur du lecteur.
    En gros, ça ronronne pas mal en surface, reconnaissons-le, ce deuxième livre est moins détonnant que le précédent. Par contre, il bouscule davantage, il fouille plus profondément et il montre que Céline Robinet est autre chose qu'une auteur trash et mal barrée. On aime, on n'aime pas.

    2007-10-09Note : 3/5
    Faut-il croire les mimes sur parole ?
    "Vous avez le droit d'être de mauvaise humeur..." avait été, pour moi, un réel plaisir de lecture. Céline Robinet arrivait dans son premier recueil de nouvelles à mêler fond et forme. Des jeux de mots incroyables, des inventions à tous les coins de pages, un humour noir très noir et un sens de la chute qui force le respect. Ce livre m'avait tellement emballé que je l'avais conseillé à tous mes amis et c'était avec fébrilité que j'attendais la suite. Un roman ?
    Non, un nouveau recueil de nouvelles. Chic, me suis-je dit alors, je vais encore en prendre plein la vue et mes zygomatiques vont être très sollicités.
    Je me suis installé à la terrasse d'un café et j'ai ouvert le livre. Première nouvelle (le titre m'échappe) plutôt sympa, un "drame familiale" vue sous trois angles différents. Bonne mise en bouche mais pas fantastique non plus. Les nouvelles se suivent mais malheureusement rien qui n'égalent son précédent recueil. Je n'ai pas retrouvé cette verve, cette folie littéraire qui m'avait tant plu.
    On est loin tout de même d'un mauvais livre certaines nouvelles sont plutôt bonnes (celle de cette jeune femme qui fait les vendanges ou encore celle du passager clandestin qui est bouleversante ou pour finir celle de la prostituée qui croise Van Gogh et Goya).
    Je continue à croire en l'immense talent de Céline Robinet et je veux continuer à la lire, c'est pour cela que je vais continuer à la conseiller à mes amis mais je leur parlerai plutôt de "Vous avez le droit d'être de mauvaise humeur..."

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