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Dix mille litres d'horreur pure

Dix mille litres d'horreur pure

Auteur :

Editeur : Au Diable Vauvert

Dans la plus parfaite tradition des slashers, Thomas Gunzig, en grand fan du genre, rend un hommage vibrant et plein d’humour à une sous-culture pour lui fondatrice dans un « roman didactique » codé où tout est référence, du plus surréaliste au plus gore, illustré par Blanquet, autre poète du genre.

Cinq étudiants vont passer un week-end dans un chalet perdu en forêt au bord d’un lac pour se détendre après leurs examens. À la nuit tombée, l’un des deux couples est dérangé pendant ses ébats par un bruit étrange. Ils aperçoivent par la fenêtre de la chambre une ombre en lisière du bois.
Laissant leurs amis dormir, ils sortent pour tenter de débusquer le voyeur… Le cauchemar ne fait que commencer et entraînera la petite bande jusqu’aux tréfonds de l’horreur.

C’est encore l’occasion de se régaler d’une galerie de personnages à la Gunzig, ridiculement drôles dans leur congénitale maladresse, et bien malgré eux capables de courage, voire d’héroïsme, dans les situations les plus extrêmes.

17,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
247 pages
ISBN : 978-2-8462-6145-6
Extrait

Patrice attendait déjà depuis près d'une demi-heure quand les autres finirent par arriver. Patrice, cette demi-heure d'attente sur le parking, devant le vieux monospace Toyota fermé à clé, ça l'avait mis de mauvaise humeur et, quand les autres étaient arrivés, il avait eu envie de faire une remarque cinglante pour leur faire comprendre qu'il comptait pour quelque chose, qu'il n'était pas la «cinquième roue du carrosse» et qu'après tout c'était par sa tante qu'il avait eu le bungalow gratos. Mais Patrice devait pisser. Il devait tellement pisser que ça lui faisait mal. Alors, juste avant que les autres n'arrivent, il avait jeté un coup d'oeil au parking désert, il s'était dit que c'était fou comme une université pouvait avoir l'air morte un 1er juillet, et il avait pissé contre la roue du monospace.
Les autres étaient arrivés à ce moment : Kathy, Ivana, JC et Marc. C'était Kathy qui l'avait vu :
- Hééééé ! Y a Patrice qui pisse sur ta voiture ! JC, ce connard de futur kiné, s'était mis à hurler sur Patrice.
- Merde, t'es vraiment un gosse, tu peux pas te retenir dix minutes ! C'est dégueulasse, ça va sentir pendant tout le trajet.
Patrice avait vainement tenté de trouver quelque chose à dire. Il avait ouvert et fermé la bouche mais, à part un soupir souffreteux, aucun son n'en était sorti.
- Bon, ça va, c'est rien, on s'en fout. Avait dit Ivana.
Patrice s'était demandé si elle prenait sa défense parce qu'elle l'aimait bien ou parce qu'elle était en deuxième année de droit et que c'était une façon de s'entraîner à plaider. Patrice s'était dit que ce devait être la seconde solution : comment une fille comme Ivana pouvait-elle bien l'aimer ou simplement avoir envie de prendre sa défense ? Il était petit, il n'était pas vraiment gros, mais il était mal fichu, il portait des lunettes qui faisaient penser à celles du général Jaruzelski mais n'osait pas changer de modèle de crainte d'empirer les choses et, en plus, il faisait des études qui ne présentaient, aux yeux des filles, aucun intérêt particulier : la chimie. Pour une fille comme Kathy, la chimie c'était la science des bigleux en tablier, la science des produits qui sentent mauvais et qui piquent les yeux. Il aurait pu lui parler de la magie de l'électrolyse pendant des heures, ça n'aurait eu pour effet que de l'endormir.
Bref, Patrice n'avait fait aucune remarque. Il s'était tu. Il avait encaissé les remarques comme si c'était sa vocation de petit gros à lunettes.
- Alors, on y va ? Avait dit Kathy. Avec sa voix qu'un ingénieur du son pervers semblait avoir poussée dans les aigus.

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