 Cliquez pour agrandir | La cape de Mandrake et autres nouvelles : et autres nouvelles De Antoine Martin Editeur : Au Diable Vauvert Parution le : 24 Avril 2008
" Par un enchaînement de péripéties qui rendraient le lecteur baba si on était assez vil pour rompre le sceau de la confidence, et puis ça serait trop long à raconter, le Gino s'est retrouvé un beau soir juché sur une carne matelassée, face à un taureau pas plus amical que ça, avec le manche d'une pique calée sous l'aisselle droite et une paire de couilles plus grosses que celles du destrier du Cid Campéador. Voilà un fait, le cubage de ses burnes, que personne n'a jamais discuté. On pourra chicaner sur la brutalité de sa technique, sur son manque de subtilité dans le dosage du châtiment, sur sa manière de malmener les montures, mais nul ne contestera qu'il les a comme deux boules de jeu lyonnais.
"Huit nouvelles : La cape de Mandrake, La méthode au Gino, L'Homme qui tua Ferdinand le Taureau, Le Matador, Parle à Monk, La donation Morel, Pondichéry-Linares, L'Indien des Village People.
Toros pacifiques, toreros ratés mais sympathiques, toujours juste en deçà des premières marches de la gloire, passions extraordinaires de gens très ordinaires : les nouvelles d'Antoine Martin mettent en scène de façon décalée et irrésistible des êtres confrontés à leur passion exclusive pour le toro brave. S'y entrecroisent aficionados fascinés par la gloire mais héroïques par mégarde, vaillants de l'ordinaire cependant prompts au compromis, parlant haut et se rêvant plus fort encore...
L'univers taurin n'est ici que prétexte à mieux peindre, avec une ironie pleine de tendresse, une espèce curieuse, l'humanité, que nos amis les toros braves contemplent, tel Ferdinand, avec complicité.
Depuis le grand Dubout, on sait que l'arène et sa population constituent un observatoire privilégié des grandeurs et servitude humaines : armées de mots plutôt que de pinceaux, voilà sans doute des histoires qu'il n'aurait pas renié ! |