Marcel Proust : 1871-1922
Comment est né À la recherche du temps perdu ? C'est à cette question qu'a voulu répondre, le premier, l'érudit britannique George D. Painter. L'ambition était immense, le défi était double : par l'ampleur d'un roman-univers et d'une vie déroutante de complexité ; et plus encore parce que l'auteur du Contre Sainte-Beuve s'était lui-même prononcé sans appel contre l'élucidation des oeuvres par les données biographiques de leurs auteurs. En s'attelant à cette tâche herculéenne, Painter a livré un classique absolu de l'histoire littéraire. Sa curiosité est sans limite. De la lumière des salons du Tout-Paris à l'obscurité de la chambre capitonnée, les amours, les névroses, les passions de l'écrivain sont dévoilées. Abondance et pertinence des détails, variété des anecdotes, narration claire et entraînante invitent le lecteur à un cheminement biographique qui est celui de la Recherche même. Car chez Proust, la création ne doit rien à l'imaginaire : tout l'art tient à la recomposition ordonnée, jusque dans les plus infimes détails, de ce qui - lieux, situations, personnages - était imposé dans la vie. Le Proust de Painter, c'est « un je-ne-sais-quoi de thé au jasmin accompagné d'un presque-rien de madeleine, qui lui fait rejoindre son modèle. [...] Pour la nouvelle génération du XXIe siècle, Proust et Painter se sont plus ou moins croisés, et au fond, c'est tout un. Un rêve de biographe » (Pierre Assouline).
