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Eloge de la trahison : Note du traducteur De Sylvie Durastanti Editeur : Le Passage Parution le : 29 Septembre 2002
La traduction littéraire est certainement un travail de chartreux, contraignant parfois à une existence de carmélite. Mais il faut bien avouer que le métier de traducteur a quelque chose d’interlope. Un faux air déplaisant : apache de l’édition, voyou de la littérature… Pour s’y lancer, s’y attacher, et s’y tenir, pour l’exercer en somme, il faut donc avoir chevillé au corps le goût de traduire.
Traduire, c’est partir à l’aventure. Bien malin qui dirait où ! Vu de l’extérieur, on aura tantôt l’air de piétiner sur place, tantôt l’air d’être embarqué pour une espèce d’errance immobile, de paisible divagation… de cette équipée, on ne ramène rien d’autre que des émotions confuses, des trouvailles verbales, et bien sûr, un livre. Mais que ramène-t-on de n’importe quel voyage, sauf, parfois des bribes d’une langue nouvelle ?
La traduction ouvre à la découverte d’un paysage mental particulièrement parlant aux uns, mais risquant d’en laisser d’autres désorientés. Désorientés devant de nouvelles voies ouvertes inopinément à la réflexion – traverses, raccourcis, clairières lumineuses, pistes complexes aux discrètes balises, fragiles passerelles oscillant au dessus d’on ne sait quel vide. Si n’importe quel texte devient Pierre de Rosette, c’est celle d’une langue inexistante. Son décryptage ne livre pas de secret définitif – pas d’autre secret que celui du plaisir. Retour à la fiche de Eloge de la trahison : Note du traducteur
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