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Fiche livre | | |
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 | L'histoire de Chicago May De Nuala O'Faolain Editeur : Sabine Wespieser Parution le : 21 Août 2006
Sélection Rue des Livres
Nuala O'Faolain s'empare du destin d'une jeune Irlandaise pauvre qui, en 1890, s'est enfuie de chez elle pour devenir une criminelle célèbre en Amérique sous le nom de "Chicago May". L'amour, le crime et un destin exceptionnel de femme au tournant du XXe siècle : tous les ingrédients du romanesque sont réunis. Tour à tour braqueuse, prostituée, arnaqueuse, voleuse et danseuse de revue musicale, May avait une beauté magnétique qui tournait la tête des hommes. Ses aventures la conduisirent du Nebraska, où elle côtoya les frères Dalton, à Philadelphie, où elle mourut en 1929, en passant par Chicago, New York, Le Caire, Londres et Paris, où elle fut jugée pour le braquage de l'agence American Express. Elle vécut sur un grand pied, fit de la prison, et écrivit même, dans le genre convenu des mémoires de criminels, l'aventure de sa vie. Partant de ce matériau, Nuala O'Faolain mène une enquête trépidante, tentant de saisir les motivations de cette énigmatique cœur d'Irlande, elle aussi exilée aux Etats-Unis. Car cette héroïne romanesque et sentimentale a payé au prix fort l'indépendance qu'elle a conquise contre les normes sociales. Ici l'écrivain nourrit de sa propre expérience une émouvante réflexion sur la quête d'une femme qui a décidé de sortir des sentiers battus, choisissant l'aventure et assumant la solitude. | Littérature
Commentaires Amazon| 2007-08-22 | Note : 4/5 | Un livre écrit au féminin. L'histoire de Chicago May c'est une histoire vraie, celle des émigrants irlandais en Amérique, poussés à l'exil par la famine et leurs voisins anglais.
C'est aussi l'histoire, à la charnière du siècle, d'un Far-West finissant et d'une Amérique des villes naissante : Chicago, New-York, Detroit, ... avec leur cortège de misère, chômage, prostitution, drogues, banditisme, ...
L'auteure, Nuala O'Faolain, est femme et irlandaise : c'est à ce double titre qu'elle entreprend de revisiter la biographie de May Duignan, dite Chicago May.
Avec une écriture simple et rigoureuse qui prend toujours soin de distinguer les faits avérés et vérifiés des actes prêtés ou imaginés, soit par elle-même soit par les journalistes et écrivains de l'époque.
Ce qui fait tout l'intérêt de ce bouquin, c'est précisément le mélange, l'intrication entre le récit biographique des aventures de Chicago May (de Chicago à Rio en passant par Londres, Le Caire ou Paris) et les interrogations, digressions, hésitations, de sa biographe qui explore les rares matériaux encore à disposition de l'enquête.
L'histoire de Chicago May en cache donc une autre : celle de la quête de Nuala O'Faolain.
Une quête à la recherche de la personnalité de May Duignan, la femme qui se cache derrière ce « personnage » qu'est Chicago May.
La quête également de la compréhension des conditions qui sont à cette époque celles de ces émigrants irlandais en quête d'un monde sinon meilleur, peut-être moins pire que l'île qu'ils ont été forcés de quitter.
Les conditions des femmes, surtout, qu'un double ostracisme exclut deux fois de la société : parce que ce sont des irlandaises dans un monde dominé par les protestants anglais et parce que ce ne sont que des femmes dans un monde gouverné par les hommes (c'est aussi l'époque des suffragettes).
On en apprendra finalement assez peu sur cette figure de la pègre que fut Chicago May, qui gardera une grande part de son mystère mais on s'instruira beaucoup sur l'histoire sociale de la naissance du siècle (enfn, du siècle précédent, doit-on dire désormais).
Un livre écrit au féminin.
| | 2006-09-27 | Note : 5/5 | Sur les traces d'une hors-la-loi May Duignan ? dite Chicago May - d?Endenmore, Irlande, s?est enfuie de chez elle en 1890 pour mener une vie de hors-la-loi dans différents pays, jusqu?en 1929 où elle s?est éteint de maladie, à Philadelphie, seulement âgée de 58 ans.
Nuala O?Faolain entreprend ici d?établir sa biographie, mais non conventionnellement : bien sûr, elle va relater chronologiquement ses faits et gestes, sans romancer en aucune façon, mais va aussi extrapoler d?une façon toujours contextuelle, et en le précisant à chaque fois.
Elle indique dès le début qu?elle n?entend pas se confronter au caractère assommant du picaresque. Mais les documents qu?elle consulte, les écrits de May sont d?un pragmatisme total. C?est pourquoi il lui faudra se rendre inlassablement dans tous les endroits où elle est passée, s?approprier l?impalpable et se bricoler une vision personnelle des milliers de petits riens qui font un tout.
Et c?est bien mystérieux, une vie.
Pourquoi s?intéresser à cette femme précisément ? Avec au départ, la condescendance grossière d?écrire sur quelqu?un qui n?était pas exceptionnelle, comme une sorte de défi moral, et à l?arrivée comprendre qu?elle n?aime pas Chicago May. Mais ses recherches, ses comptes rendus aussi minutieux que remplis de parallèles intimes, auront permis à Nuala O?Faolain d?entrevoir chez une compatriote, une façon d?épouser le cours des choses qui est plus libre que la liberté.
Et c?est bien ça qui ressort.
Cette irlandaise flamboyante a mené sa barque sans réfléchir, toute sa vie elle s?est laissée aller au moment présent, sans se préoccuper du carcan de sa condition de femme inculte et pauvre, refusant le joug du cléricalisme, avançant et avançant.
Et en la cherchant, Nuala O?Faolain, qui n?a aucun matériel introspectif autour de May à sa disposition, se sert de sa propre expérience, suppose ce que May a pu ressentir à travers ses proches à elle, et l?explicite à chaque fois.
C?est pourquoi il est inévitable que ce genre-là, cette forme de biographie tout à fait personnelle, qui dévoile tout autant son auteure que son sujet, en déroute certains.
Mais pour ma part j?ai apprécié du premier au dernier mot, et si à l?instar de Nuala O?faolain je ne ressens pas d?amour ou d?amitié particulière pour Chicago May (que je trouve finalement assez passive dans ce qui lui est arrivé, sans jamais de recul), je comprends bien que ce n?était pas le but premier.
Elle le dit elle-même en épilogue, un roman aurait effectivement permis beaucoup plus facilement l?admiration ou la tendresse. Mais là n?était pas son propos, car :
Une vieille prostituée fatiguée repose dans une sépulture anonyme. Mais, vous voyez, on vous a conduit jusqu?à elle. Nous savons déjà comment nous sentir proches des gens que nous aimons et comprenons, mais il est un territoire au-delà de ce que nous connaissons déjà, et des voyages de pionnier à entreprendre pour y aller. Là-bas, des gens attendent dans l?ombre.
Que le rayon de l?attention brille là-bas. L?obscurité recule.
Quelle jolie lumière sait projeter Nuala O?Faolain?
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