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Les vivants et les ombres
De Diane Meur
Editeur : Sabine Wespieser
Parution le : 23 Août 2007

Avec cette saga familiale qui se déploie sur près d’un siècle, Diane Meur confirme son formidable talent de romancière.
En Galicie, terre rattachée à l’empire habsbourgeois depuis le partage de la Pologne, l’obscure famille Zemka reconquiert le domaine fondé par un ancêtre noble et s’engage fiévreusement dans la lutte d’indépendance polonaise. Pour retracer son ascension puis sa décadence, l’auteur convoque une singulière narratrice : la maison elle-même qui, derrière sa façade blanche et son fronton néo-classique, épie ses habitants.
Indiscrète et manipulatrice, elle attise les passions, entremêle les destins, guette l’écho des événements qui, des révolutions de 1848 aux tensions annonciatrices du désastre de 1914, font l’histoire de l’Europe. Elle est partout, entend tout, garde en elle toutes les ombres d’un passé qu’elle connaît mieux que les vivants. Mais les vivants ont sur elle un avantage qu’elle leur envie : leurs drames, leurs désirs et leur mobilité.
Les femmes surtout la fascinent. Condamnées comme elle à la réclusion dans la sphère domestique, elles sont réduites, de mère en fille et de tante en nièce, à attendre l’amour en scrutant l’horizon.
Mais l’horizon, c’est toujours la plaine, les champs, le clocher de la petite église uniate. Les arbres poussent, les vies se nouent et on dirait que rien ne change… Rien ne change, vraiment ? Pourtant, voilà qu’on se trouve au seuil du XXe siècle avec l’impression d’en avoir déjà entrevu les exodes, les cassures et les embrasements.
Une jeune femme, enfin, réussira à s’en aller…


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Interview de Diane Meur

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2008-03-15Note : 5/5
Les murs n'ont pas que des oreilles...

Ce pavé de 711 pages raconte l'histoire de la famille Zemka. Le narrateur, et c'est là toute l'originalité du roman, n'est autre que la maison elle-même, une bâtisse du XVIIIe siècle située au fin fond de la Galicie - terre rattachée à l'empire des Habsbourgs depuis le partage de la Pologne - et qui est bien placée pour savoir tout ce qui s'est dit, s'est passé entre ses murs.

C'est en 1820, lors dun bal célébré chez le baron et la baronne von Kotz que leur fille Clara, au physique peu engageant, rencontre le beau Polonais Jozef Zemka et en tombe follement amoureuse. Ce fils de confiseur au visage d'ange vient de prendre la succession de son oncle pour devenir l'administrateur du domaine.

Une nuit, la très catholique Clara, l'aspirante religieuse consent à laisser l'intendant de son père la rejoindre dans son lit et lui voler sa fleur. Cet écart de conduite les amène à célébrer ce mariage morganatique qui annonce la venue de leur premier enfant « l'enfant du pêché » qui, au grand désespoir de Jozef, est une petite fille.

Cette vexation va se reproduire plus dune fois, car Clara mettra au monde non pas une fille, mais cinq filles nubiles dont la destinée est racontée par cette maison qui s'angoisse, tente de comprendre, éprouve beaucoup d'empathie pour ses habitants, comme pour cette pauvre Clara délaissée par un mari qui la trompe, la rudoie, mais qui heureusement connaîtra l'amour dans les bras de l'instructeur de ses filles, un révolutionnaire. Car des révolutions, il y en a, elles éclatent en Galicie ce petit bout de terre qui excite les convoitises autrichiennes, polonaises et russe. Ce combat pour l'indépendance, cette atmosphère de menace, de mystère, et aussi despérance se répercutent jusque dans les fibres de cette demeure.

Sous ses corniches blanches, ses vitres à biseaux, son fronton de temple grec, cette maison, qui parle aussi bien des vivants et des ombres qu'elle a épiés sur plusieurs générations en prenant soin de garder tous leurs secrets dans ses murs, est une narratrice formidable et captivante. On la ressent vibrer, respirer, il y a les odeurs, les courants dair, chaque pièce renferme son histoire. Elle est fascinée par ces femmes condamnées comme elle à la vie intérieure, mais qui sont débordantes de passion, d'énergie

Diane Meur a écrit une magnifique saga familiale qui nous emporte dans un souffle épique. Tous les ingrédients sont réunis : une maison, des personnages très attachants, des passions brutales et ardentes et toutes ces destinées qui se croisent, se succèdent avec force et passion font que l'attention ne faiblit pas et que l'on dévore ce roman de la première page à la dernière. Magnifique !

2008-02-28Note : 4/5
Une fresque ambitieuse
En Galicie, une terre polonaise désormais sous domination autrichienne, une vaste demeure raconte la vie de ses habitants sur plus d'un demi-siècle. En 1820, Jozef Zemka devient l'intendant du domaine qui appartenait autrefois à sa famille. Bien décidé à récupérer la terre de ses ancêtres, il parvient à ses fins en séduisant et en épousant la jeune fille de la maison, la douce et naïve Clara. De cette union naîtront cinq filles, au grand dam de Jozef qui souhaitait un héritier.

Ce pavé de 700 pages demande un peu de temps et de concentration: Il y a d'abord un contexte politique et historique assez complexe, mais aussi un style très riche, et une rigueur qui donne à ce roman des allures de classique. Au cours de ma lecture j'ai souvent pensé à "Dans la main du diable" d'Anne-Marie Garat, mais alors que j'avais abandonné le Garat, le livre de Diane Meur a ce petit truc en plus qui m'a donné envie d'aller jusqu'au bout. J'ai aimé l'ambiguïté de l'atmosphère et du lieu (cette demeure où se déroule presque tout le roman), à la fois cocon protégé du fracas du monde et huis clos étouffant. L'idée de confier la narration à la maison peut paraitre saugrenue mais cela se fait de manière très naturelle et apporte finalement une vraie profondeur à l'histoire. Elle nous guide dans le labyrinthe des sentiments humains, s'attarde surtout sur les femmes qui habitent en son sein, Clara, ses cinq filles, puis sa petite fille Tessa. Promises à une même vie terne et étriquée, elles auront toutes un destin très différent et échapperont à l'influence du patriarche Jozef grâce à la passion, la religion, la fuite ou même la mort. Il y a bien quelques longueurs ici et là, mais "Les vivants et les ombres" est vraiment une belle fresque familiale, très ambitieuse.

2008-02-03Note : 4/5
La gardienne des souvenirs
L'histoire en est tout à fait originale, non par sa trame elle même, une saga familiale, mais par sa narratrice. En effet, c'est la maison qui va raconter son histoire et, à travers elle, celle d'une famille.
Saga familiale, donc, mais une saga à l'image de sa narratrice, presque contemplative. Il semble que Diane MEUR a repris tous les poncifs du roman du XIXème siècle : un fringant et ambitieux jeune homme devenu patriarche acariâtre et empli de désillusions, une épouse docile et malheureuse, des filles qui s'échappent, physiquement ou mentalement, des héritiers inaptes, tout concourt à brosser une grande fresque flamboyante. Et pourtant la flamboyance n'y est pas. Est-ce dû au décor, cette Galicie perdue aux confins de l'Europe, morceau de Pologne annexée par l'Autriche ? A cette maison, inamovible douairière engourdie dans sa somnolence ?

2007-12-05Note : 5/5
Deux prix Victor Rossel 2007, et pour cause !
Ce roman de Diane Meur mérite sans nul doute un temps d'arrêt consacré à sa lecture. Cette épopée contée par l'omnisciente demeure nous tient en haleine durant les 711 pages que contient le roman. Etant membre du jury du prix Victor Rossel Jeunes 2007, j'ai pu me rendre compte de l'intérêt, fondé, à lire ce roman historique sans l'être réellement. Les personnages évoluent à travers les décennies, la maison également, personnifiée, rendant la principale protagoniste sujette à une prosopopée majestueusement réussie. Un style recherché et précis est toutefois à noter, mais peu en importe, un étrange engouement nous incitant sempiternellement à poursuivre la lecture. A lire, à vivre.

2007-12-01Note : 4/5
bon roman
Belle saga familiale que ce roman de Diane Meur, une histoire bien menée , vous livre à tout moment de belles surprises, une épopée incertaine dans cette Pologne du 19è.

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