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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Viol : Une histoire d'amour De Joyce Carol Oates Editeur : Philippe Rey Parution le : 23 Mars 2006
Ils étaient cinq. Ivres, camés. L'ordinaire de leurs samedis soir, quoi... Peut-être encore plus excités ce samedi-là, au soir du 4 juillet, la fête nationale. Vers minuit, la belle Tina Maguire a eu le tort de couper court à travers le parc pour rentrer plus vite chez elle avec sa gamine Bethie, 12 ans. Ils l'ont laissée pour morte dans le hangar à bateaux. Une tournante comme on n'ose pas en imaginer. Une abomination à laquelle a assisté, réfugiée derrière un tas de vieux canoës, la petite fille. Qui a pu finalement se traîner jusqu'à la route pour appeler au secours, et a sauvé ainsi sa mère. Sauvé ? Pas des griffes d'avocats de haut vol, ni de l'incompétence des procureurs, ni des propos de certaines bonnes âmes: elle l'a bien cherché... en fait elle l'a cherché tout court. Ça lui pendait au nez... Elle risque désormais de mourir vraiment, Tina. Et Bethie ne peut que prier pour l'intervention miraculeuse d'un ange vengeur. Justement il est là, dans l'ombre. Un flic épris de justice. Épris tout court. Le héros silencieux d'une histoire d'amour peu banale, racontée avec une éblouissante violence par une Joyce Carol Oates à son meilleur. |
Commentaires Amazon| 2007-05-05 | Note : 3/5 | la force du non-dit Il y a d'abord l'étonnement du sous-titre : une histoire d'amour accolé au mot viol, voilà qui déjà dérange. C'est pour moi une première découverte de cet auteur pourtant bien célèbre (Blonde, Les chutes, etc.) et j'ai eu un peu de mal avec le style au départ. Je ne suis pas certaine de partager l'enthousiasme général sur le web pour ce roman. Il est surprenant certes, noir, et toute sa force est dans le non-dit, mais voilà, je reste mitigée...
Tina Maguire rentre à pied d'une soirée avec sa fille de 12 ans, Bethie. C'est le soir du 4 juillet 1996, jour de la fête nationale, à Niagara Falls, dans l'état de New York. Tina est violée par 5 individus, sous les yeux de sa fille, et laissée pour morte dans un hangar à bateaux. Longtemps après, un narrateur anonyme revient sur l'histoire en s'adressant à la jeune fille, Bethie. Par le biais d'un avocat influent, Kirkpatrick, les violeurs sont relâchés sous caution, c'est la parole de Tina contre la leur, et celle de Tina ne pèse pas bien lourd.
Tina perd toute confiance dans la justice de son pays et se replie sur elle-même. Mais un amoureux silencieux veille au grain : le flic Dromoor, premier arrivé sur les lieux. Il rendra justice à sa façon.
Un roman qui doit sa force à sa construction elliptique, violent et surprenant, une histoire d'amour secrète et entièrement dévouée sans attente en retour, frappant...
| | 2006-11-12 | Note : 4/5 | Ils auraient dû finir le boulot La première partie du titre est sans équivoque et le lecteur sait aussitôt à quoi s'attendre.
En cette nuit du 4 juillet, parce que Tina Maguire a eu la malencontreuse idée de passer par le Parc avec sa fille Bethie (12 ans), sa vie va radicalement basculer dans le cauchemar d'un viol collectif. Elle devient la proie de la monstuosité et la barbarie d'une meute enragée par l'alcool et la drogue. L'abomination d'une telle férocité aura des conséquences dramatiques sur sa vie d'après, mais aussi sur celle de sa fille qui, même si elle a été épargnée par cette violence sexuelle, en a été le témoin. L'enfance de Bethie s'interrompt aussitôt, ce soir-là.
La narration, d'une efficacité époustoufflante, est constuite par petites touches souvent implicites et dignement amenées pour ne pas sombrer dans une quelconque forme de voyeurisme. Petit à petit chacun des stigmates inhérents à un tel acte sont traités avec une infaillible justesse et une grande force narratrice. À commencer par l'abjection et la dénégation de soi. Puis par cette dépravation entière de la personne qui conduit à regretter qu'«Ils» n'aient pas fini leur boulot.
Parallèlement à cette déchéance, c'est tout un système judiciaire capable de rendre les victimes coupables qui étale ses abominables absurdités. Quant à la société, manipulée par quelques avocats bien choisis et une presse à scandales, elle conduit les victimes à devoir en plus endurer sa vindicte. «Elle l'a bien cherché !»
Mais ce livre est aussi une histoire d'amour ainsi que le stipule la deuxième partie du titre. Comme à l'accoutumée avec cette auteure, il s'agit d'amour plutôt ambigu, douteux et en tout cas impossible. Ici, il va se manifester sous la forme d'un protecteur avide de justice et de vengeance, un inlassable justicier agissant dans l'ombre.
Ce livre noir et cru prend le lecteur à la gorge faisant sourdre un indéfinissable (pas tant que ça) malaise. Un vif sentiment d'aigreur sinstalle dont on ne se débarasse pas après la lecture. L'auteure aborde la souffrance avec une force percutante laissant toutefois une ouverture certaine à la vie qui continue, coûte que coûte.
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