Bavards et curieux
Plutarque, né vers 49 à Chéronée en Grèce, est l'un des auteurs les plus influents de la culture occidentale. Très lue déjà de son vivant et prise pour modèle, son oeuvre a profondément influencé l'évolution de l'essai et de l'historiographie depuis la Renaissance. Elle fut admirée par des esprits aussi différents que Machiavel ou Jean-Jacques Rousseau. Comme d'autres révolutionnaires avant elle, Charlotte Corday, à la veille de l'assassinat de Jean-Paul Marat, a lu Plutarque, apprécié pour sa défense des valeurs morales et sa condamnation des excès de la tyrannie. L'oeuvre de Plutarque est immense. Evaluée à plus de deux cents écrits, dont une partie seulement nous est parvenue, elle est regroupée sous deux titres : Vies parallèles et Oeuvres morales. Tandis que les Vies parallèles relatent les exploits des grands hommes de l'Antiquité - confrontant souvent un Grec à un Romain - les Oeuvres morales comprennent non seulement des traités de religion et de politique, mais également des écrits sur la littérature et la pédagogie. Plutarque est un moraliste qui ne se contente pas d'étudier les passions, de les décortiquer et de les classer, il propose aussi une certaine morale pour agir positivement sur la conscience et le comportement de ses contemporains. Les sujets qu'il aborde - le bavardage et la curiosité - peuvent paraître accessoires. Mais la curiosité et le bavardage ne sont-ils pas un phénomène clé de notre époque, confondant le verbe et le verbiage, l'esprit curieux et l'indiscrétion ?
