Les Orientales en calligraphie
C'est en janvier 1829 que Victor Hugo fait paraître un recueil de poésies lyriques, Les Orientales. Sans avoir jamais vu l'Orient, et à une époque où la mode est à l'exotisme, Hugo y puise un choix inépuisable de thèmes nouveaux servant les intérêts d'une idée plus libérée de la création poétique en France.
Le choix de thèmes exotiques presque caricaturaux - sérénades, duels, sultans, sérails, odalisques et minarets, émirs, pachas et massacres - est le prétexte à une véritable orgie de rythmes et de couleurs, à une abondance d'inventions verbales. Cette oeuvre a ouvert la voie à une bonne part des audaces poétiques du XIXe siècle, à une prédilection pour la couleur locale, qui allait marquer plusieurs générations de poètes. Lassaâd Métoui, calligraphe d'origine tunisienne, a mis son approche de la lettre au service de ce foisonnement d'images, de sensations, de parfums. L'art calligraphique, fondement de toute création artistique dans la civilisation arabe, fait honneur aux formes de la lettre, multiples, infinies, esthétiques jusqu'à la sensualité. L'aisance, la fluidité, l'élégante pureté du tracé de Lassaâd Métoui épouse la sonorité du mot poétique pour faire honneur à l'imaginaire oriental de Victor Hugo.
