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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Neuf nuits De Bernardo Carvalho Editeur : Editions Métailié Parution le : 26 Août 2005
En août 1939, l'anthropologue nord-américain Buell Quain se suicide au cours d'un de ses séjours chez les Indiens Kraho, en Amazonie. Il avait 27 ans, venait de recevoir une lettre qu'il a brûlée et en a laissé quelques autres. Les circonstances exactes du suicide n'ont jamais été élucidées. Obsédé par cette information, l'auteur commence une enquête. Un impressionnant réseau de coïncidences s'accumule autour de lui au fur et à mesure qu'il progresse, se mêlant au souvenir de son père qui commerçait avec les Indiens de ces régions où il emmenait le petit garçon pendant les vacances scolaires. En contrepoint, on peut lire les lettres d'un ami de Buell Quain, témoin de son désespoir. Il y révèle les contradictions et les désirs d'un homme seul sur un territoire étranger, confronté à ses propres limites ainsi qu'à une altérité absolue. Le lecteur ne peut éviter la référence au Conrad du Cœur des ténèbres. Dans un style lumineux, ce roman exceptionnel est construit en une série de glissements constants entre fiction, invention, souvenirs et réalité. Ses personnages, prisonniers des circonstances, entretiennent des liens précaires et névrotiques avec une réalité imprévisible. Ce roman a obtenu deux des prix les plus prestigieux du Brésil : le Prix Machado de Assis et le Prix Jabuti. |
Commentaires Amazon| 2008-01-04 | Note : 5/5 | reponse au commentaire precedent je pense que l explorateur diparu est Raymond MAUFRAIS dont le livre inachevé car retrouvé manuscrit en foret sur les rives du TAMORI est
Aventures en Guyane (1952) chez René JULLIARD la croix du sud Manu
| | 2005-09-13 | Note : 5/5 | « Obsession contagieuse » Je suis sortie de ce livre - roman, biographie, enquête- peu importe, il s'agit de la construction d'un écrit- avec une sensation bizarre. Celle d'avoir réveillé des souvenirs enfouis au fond de ma mémoire. Comme si l'obsession de Bernardo Carvalho était aussi un peu la mienne. Sans doute la réminiscence d'un reportage de Paris Match lu en enfance, avec la photographie d'un explorateur, d'un aventurier disparu en Amazonie et que son père recherchait obsessionnellement comme j'aurais voulu qu'on me cherche moi qui croyait ne pas exister vraiment. Sans doute aucun, la réminiscence de mon état d'être après le suicide d'un ami très proche. La recherche fiévreuse d'un indice qui l'aurait mené à ce geste m'a occupée pendant des mois. Vaine tentative. Je trouvai des indices qui n'en étaient pas vraiment. Des pistes qui ne menaient nulle part sinon à de la douleur. Et ça, je le retrouve dans cet écrit. Cet état de mal être, cette recherche dans des voies sans issues, cette déception qu'on ne peut contrôler et qui ne vous décourage pourtant pas. Les amis qui cherchent aussi dans leurs souvenirs et trouvent leurs propres signes de pistes. Cela réveille des contradictions et d'autres douleurs. Le sentiment de ne pas connaître quelqu'un qu'on croyait bien connaître. Chercher sans fin, Comme si une histoire était inachevée tant qu'on ne trouvait pas sa résolution. La vie est si fragile, si éphémère, si diverse, si indicible... Cette quête d'une raison raisonnable à la mort d'un être qui vous touche, Bernardo Carvalho nous la donne en partage. On voudrait tellement qu'il trouve pour être apaisé. En même temps, on sait que c'est impossible. Mais qu'il faut le faire. On ne peut faire autrement. C'est ça ou oublier. Il n'y a que ces deux solutions, chercher à se perdre ou oublier et se perdre aussi. Les mots de Bernardo Carvalho m'ont touché au c?ur et au vif de ma mémoire. Je voudrai retrouver la photo de ce jeune explorateur qui m'avait fasciné quand j'avais 7 ans et puis, je pense à tout ce qu'on ne peut rattraper, tout ce qu'on n'a pas saisi sur le moment et qui reste insaisissable à jamais. Et puis, il y a la construction de l'écrit. Les lettres imaginaires, l'enquête réelle, les bouts de vie réinventés, la vraie vie de l'auteur qui interfère avec l'enquête, la réalité crue, comme un puzzle à assembler le c?ur battant tout en sachant qu'il manquera toujours une pièce, qu'il y aura toujours un vide. Une ombre pesante pour le restant de la vie. Et là, dans mes mains, un beau livre. D'étranges impressions. Et je l'ai déjà relu, pour chercher encore... Les livres pour moi sont parfois comme des silex de ma mémoire. Celui-ci en fait partie.
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