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Romanzo criminale : Roman criminel

Romanzo criminale : Roman criminel

Auteur :

Editeur : Editions Métailié

Un vieil homme se fait tabasser et voler son portefeuille par un groupe de petits voyous mais il récupère vite son bien, arme à la main... Quand il chuchote à l'oreille du voleur son nom, le gamin se met à trembler. Il pourrait le laisser partir, ce serait plus sage, mais il pense: "Et depuis quand avons-nous été sages?" Après avoir tué le petit voleur, il hurle: "J'étais avec le Libanais !" Le Libanais, le Froid, le Dandy, le Buffle, Patrizia... une bande de petits voyous a fait main basse sur Rome, entre la fin des années 70 et celle des années 90. Voici l'histoire authentique de la "bande de la Magliana ", qui a mis la capitale en coupe réglée. Toute l'histoire souterraine de l'Italie de ces années récentes (loge P2, terrorisme noir, assassinat d'Aldo Moro, politiciens et policiers corrompus, services secrets...) défile ainsi sous nos yeux, sans que jamais Giancarlo De Cataldo renonce aux moyens de la littérature: avec une écriture jubilatoire il alterne les scènes de roman noir et les tableaux de mœurs, la bouffonnerie et le drame. Il crée des personnages forts et originaux, notamment de magnifiques figures de femme.
Ce roman a été adapté au cinéma par Michèle Placido.

23,50 €
Vendeur : Amazon
Parution :
585 pages
ISBN : 978-2-8642-4562-9
Les avis

La presse en parle

Dans un roman-paradigme, qui utilise la littérature pour écrire enfin l'histoire, un ancien magistrat devenu écrivain fait l'inventaire de l'Italie des "années de plomb".

Rome, dans les années 70 ; des types qui se donnent des tapes dans le dos, qui vérifient si leur arme est bien chargée, qui se vident un dernier verre de chianti, avant de partir remplir le contrat du jour. L'un s'appelle "le Libanais", l'autre "le Dandy", un troisième "le Froid".

Il y a un côté dramatique et glacé, mais aussi l'envie de ne pas prendre tout ça trop au sérieux. On pense à l'atmosphère virile du Parrain de Mario Puzo. On se sent aussi un peu chez le John Fante roublard des Compagnons de la grappe. On est surtout de plain-pied chez Giancarlo De Cataldo, écrivain italien, magistrat de formation, dont le dernier roman, Romanzo criminale, est un succès, critique et commercial, en Italie - le livre a été porté à l'écran par Michele Placido, et sortira en France au mois de mars.

L'ambition du livre, c'est un peu celle du film de Marco Bellocchio sorti en 2003, Buongiorno, notte : tenter de reconstituer a posteriori, sans complaisance et sans raccourci, l'univers complexe, grave et pesant des "années de plomb" italiennes, à la fin des années 70. Bellocchio y était parvenu grâce à un film virtuose, qui faisait exister l'époque au travers de ses personnages et de leurs troubles. C'est le même tour de force qu'a réussi De Cataldo qui, dans Romanzo criminale, parvient à faire exister cette époque problématique pour l'Italie à l'intérieur même de ses héros, tous acteurs à leur façon de la déliquescence en marche d'un pays (conclue par l'assassinat par les Brigades rouges du Premier ministre Aldo Moro, le 9 mai 1978). Le livre de De Cataldo, c'est l'épopée canaille et collective de types partis de la rue, qui finiront par faire trembler de près ou de loin les fondements même de l'Etat. Sur leur passage : des flics véreux, des avocats corrompus, des mercenaires qui font régner la terreur, des prostituées qui jouent leur rôle et beaucoup plus si l'on accepte de payer encore. L'existence de tout ce petit monde, ses strates, son autonomie, nous est racontée au millimètre par Romanzo criminale, grand livre théâtral et paradigmatique qui offre à De Cataldo le lieu idéal pour reconstituer le terrain de jeu qui fut le sien lorsqu'il était juge et témoin de la chute vertigineuse et sanguinolante de son pays. A la manière de James Ellroy dans sa trilogie Underground USA, mais avec une identité propre, très italo-italienne - on remercie les traducteurs Catherine Siné et Serge Quadruppani d'avoir réussi à retranscrire les subtilités du langage propre à ces touchants vauriens ritals -, l'auteur recompose une Italie tragique, qui avance le dos courbé, ployant sous le poids des trahisons et compromissions, dont la narration ne fait pas l'économie. Romanzo criminale est le grand livre d'une certaine Italie, nous en sommes certains.

Pierre Siankowski, Les inrockuptibles

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