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L'immense obscurité de la mort
De Massimo Carlotto
Editeur : Editions Métailié
Parution le : 9 Mars 2006

Au cours d'un braquage, une femme et son fils de 8 ans, pris en otages, sont tués. L'un des braqueurs est condamné à la perpétuité, l'autre s'échappe avec le butin. Quinze ans plus tard, atteint d'un cancer le prisonnier formule un recours en grâce et demande, selon la loi italienne, le pardon de Silvano Contin, père et mari des victimes.

La réponse de cet homme ravagé par la douleur et la solitude, obsédé par les dernières paroles de sa femme, est au centre de ce roman implacable qui place face à face l'assassin et la victime. Qui purge la peine la plus dure? De ce duel il ne sortira pas de vainqueur.

Carlotto rapproche subtilement les deux réalités de ces hommes qui s'affrontent dans des discours parallèles centrés sur la douleur.

Le rythme du récit est haletant, l'écriture sèche, la réflexion va à l'essentiel, la vision du monde, sans pitié, explore tout le tragique de l'existence.

Un roman inquiétant qui se place dans la lignée de Arrivederci amore.

  • [Poche]

  • Commentaires Amazon

    2008-04-13Note : 4/5
    Noir, très noir, vraiment noir...
    Le bourreau et sa victime, classique me direz-vous, mais la victime qui rattrape son bourreau, c'est déjà plus original surtout si cette dernière conçoit un plan peu ordinaire pour que ledit bourreau (et Cie) soient punis jusqu'au bout. Seulement voilà, ce serait un peu trop simple comme scénario, et comme notre auteur, Massimo Carlotto est vraiment très talentueux, la situation n'a pas fini de se retourner jusqu'à la fin où les vrais morts ne sont pas ceux que l'on croit. Ce livre très court explore la douleur, le deuil, la folie -celle d'un moment, ou celle d'une vie. Ici pas de bons sentiments, pas de pardon, peut-être la rédemption et encore, ce n'est même pas sûr.
    J'avais lu le très bon Arrivederci Amore, et vraiment je ne suis pas déçue par ce titre. Je compte bien tout lire de Massimo Carlotto, ne le manquez pas si vous aimez les bons romans noirs.

    2006-05-29Note : 4/5
    L'immense talent de Carlotto
    L'histoire en deux mots : Silvano perd sa femme et son enfant, assassinés de sang froid par un braqueur en fuite, Rafaello. Celui-ci, arrêté, jugé, purge une peine de 15 ans. Et pendant ce temps, Silvano, détruit, tente de reconstruire sa vie. Mais Rafaello est atteint du cancer, et sortira sans doute plus tôt de prison. Il va logiquement contacter son complice d'alors, et jouir de sa part de butin... Silvano sait que Rafaello est malade, il sait qu'il y a un complice, et il sait qu'il y a un butin...

    Raconté ainsi, nous avons une trame classique de polar, avec braquage foiré, et vengeance froide. Sauf qu'avec Massimo Carlotto, tout est dans la forme. Ici, il nous offre un roman à deux voix. Deux narateurs. Silvano nous parle de sa souffrance de se retrouver seul, de sa nouvelle vie, et de la sourde vengeance qu'il met au point, persuadé que son statut de victime sur-médiatisé le met à l'abri des soupçons... Et Rafaello, le meurtrier, nous raconte son quotidien de taulard, de cancéreux, son espoir de sortir le plus vite possible pour récupérer sa part de butin, et partir creuver au soleil.

    Tout l'intérêt du bouquin vient de cette construction, de ces deux itinéraires de deux types qui ont tout perdu (l'un sa famille, sa vie, l'autre son fric, sa liberté), tous deux aux portes de la folie. Les barrières du bien ou du mal, les codes de moralité explosent en éclat, toutes les pistes sont rapidement brouillées. Les monstres ne sont pas toujours où on pensent. La souffrance est au coeur de ce livre. La souffrance de la maladie qu'on atténue à coup de drogue. La souffrance du deuil, que Silvano tente de d'oublier dans une débauche de cruauté envers les rares personnes qui lui tendent la main. Le double récit se resserre au fur à mesure que l'intrigue avance, les chapitres se font plus courts, plus halletants, le dénouement se dessine, on le devine, on le craint, on n'y croit pas. Les hommes sont-ils vraiment capables de ça ?

    "L'immense obscurité de la mort" est un roman passionnant, d'une noirceur absolue, d'une violence brutale, construit comme une tragédie, et animé par deux personnages jusqu'auboutistes. C'est aussi un court roman (180 pages) qui bénéficie une fois de plus du talent d'écriture de Carlotto, une écriture séche, à l'éconimie, où chaque mot est pesé. Découvrez les autres romans de ce monsieur, il a un talent fou !

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