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New thing

New thing

Auteur : Wu Ming 1

Editeur : Editions Métailié

1967, les États-Unis sont secoués par les troubles raciaux et les manifestations contre la guerre au Vietnam. À New York, après la mort violente de quelques musiciens de l'avant-garde du jazz, les assassinats sont revendiqués par le Fils de Whiteman. Agit-il pour son propre compte ou bien est-il un instrument de l'establishment ? Quarante ans plus tard, des rescapés racontent l'histoire de la jeune journaliste Sonia Langmut, disparue quelques semaines après avoir enquêté sur les faits.
En toile de fond, la montée du Black Power et de la new thing : le free-jazz de Albert Ayler, Archie Shepp, Bill Dixon, et de leur divinité tutélaire, John Coltrane, qui, sur le point de mourir pendant la période des meurtres, évoque sa vie, ses grandeurs et ses faiblesses.
Écrit sur un mode syncopé en plein accord avec son sujet, avec des échappées fantastiques, des vols d'oiseaux sur la ville et le parler du ghetto, le récit réussit en peu de pages à restituer, derrière les discours de la révolte et les manipulations du pouvoir, la voix d'une époque tout entière.

Wu Minc est le pseudonyme d'un groupe réunissant cinq jeunes auteurs italiens dont les romans collectifs ambitieux, best-sellers en Italie, sont traduits en Allemagne et en Angleterre. Quatre des cinq ont publié aussi avec succès des ouvrages individuels gardant la signature Wu Ming assortie d'un numéro. Les éditions Métailié publient aujourd'hui deux d'entre eux.

18,50 €
Vendeur : Amazon
Parution :
216 pages
ISBN : 978-2-8642-4618-3
Extrait

Bombe atomique explose tu te souviens pas quand. Fall-out : douleur partout, tu sais pas où ça a commencé, tu sais pas où ça finira.

La gare est encore loin mais il y a le temps, tant de temps que tu sais pas quoi en faire. Tu manges des friandises. Tu t'abîmes les dents. Tu sues, genoux contre la poitrine, les mains serrent les chevilles, tu sues et tu souffres.
Ce n'est pas beaucoup, le temps qui reste, et pourtant c'est trop.

Bombe éclatée tu te souviens pas quand. Il y a moins d'un an, plus de vingt auparavant, plus ou moins dans la nuit des temps.
In tour : Hiroshima et Nagasaki, juillet 1966.
Je pensais : différentes façons de mourir. S'en aller une cellule à la fois, c'est comme être dans deux endroits. C'est un transvasement.
En revanche, efface-toi de la face de la Terre, peau qui se détache et prend son envol, corps qui se défait. Corps qui cesse d'être toi. S'il l'a jamais été.

Je ne trouve pas la veine. Porte entrouverte et je me gifle le bras. Si je me voyais de l'extérieur, je penserais : regardez-moi cet idiot. Mais je ne me vois pas de l'extérieur. Je suis hors de moi, mais je suis aveugle. Quelle année on est, où je joue. Octobre 1950, dans un hôtel de L.A. L'aiguille entre et je perds connaissance. Je perds le sens. Si un homme peut s'en sortir à Los Angeles, il peut s'en sortir partout. Si t'arrives à te défoncer avec la dope d'en dehors de New York, tu peux te défoncer avec n'importe quoi.
On dit que tu vois ta vie se dérouler. Je ne me rappelle rien. Peut-être une pluie torrentielle, une pluie de notes, toutes les notes qui entourent la note, la longue note, et ensemble elles font un accord, le son de l'univers.
J'avais presque réussi à le trouver à Paris, je jouais la nuit au-dessus et au-dessous de la note et je cherchais, toutes les nuits ensemble, mais ce fut longtemps après. J'y étais presque, peu m'importait que le public comprenne, et puis quelqu'un m'a lancé un billet entre les pieds.

"Si tu perçois l'univers tout entier comme une fantas­magorie, une joie ineffable surgira en toi."

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