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Guerre aux humains

Guerre aux humains

Auteur : Wu Ming 2

Editeur : Editions Métailié

Sans renoncer à son bien-aimé walkman, Marco, aspirant superhéros, abandonne la ville-Babylone pour vivre dans une caverne avec l'ambition de fonder rien moins qu'une nouvelle civilisation, quelque part sur les monts de l'Apennin. Mais la forêt est très peuplée. De gangsters albanais, culturistes nazis, chasseurs, braconniers, carabiniers survival, immigrés besognant sur le gigantesque chantier qui menace la vallée. Et d'écologistes qui ont choisi la méthode de la hache pour combattre l'Humanité, principale ennemie de la planète. Marco irait bien ailleurs fonder sa société troglodyte mais la rencontre d'une belle barmaid qui cherche son saint-bernard avec une baguette de sourcier et de Sydney, clandestin nigérian, va l'entraîner dangereusement vers un chenil où se déroulent d'étranges combats.
Avec un sérieux farcesque, une belle et discrète sensibilité à la nature, ce récit pose, sans avoir l'air d'y toucher, quelques questions essentielles pour le millénaire qui vient.

Wu Ming est le pseudonyme d'un groupe réunissant cinq jeunes auteurs italiens dont les romans collectifs ambitieux, best-sellers en Italie, sont traduits en Allemagne et en Angleterre. Quatre des cinq ont publié aussi avec succès des ouvrages individuels gardant la signature Wu Ming assortie d'un numéro. Les éditions Métailié publient aujourd'hui deux d'entre eux.

20,50 €
Vendeur : Amazon
Parution :
360 pages
ISBN : 978-2-8642-4619-0
Extrait

L'auto se hisse nerveusement dans les premiers virages. Phares éblouissants dans le noir. L'asphalte monte entre les châtaigniers, six kilomètres au-delà du village. Route de service pour le relais-télé de Colle Torto.
Au huitième tournant, un chemin de campagne se détache sur la droite. Le moteur grimpe. Les roues crissent. Un éventail de lumière court entre les buissons.
Des chevreuils occupés à brouter essaiment vers la forêt.
La route de terre traverse la prairie et rejoint les ruines d'une grosse bâtisse.
Des ruines récentes, des fenêtres encore intactes. Des autos en cercle sur l'aire abandonnée. Des paires de phares convergent vers le centre.
Une portière s'ouvre, un pied foule la poussière. Le docteur Taverna est nouveau, aux Banditacce. Rinaldi le précède et fait les présentations. Public varié : éleveurs, commerçants, hôteliers, malfrats. Une quarantaine en tout. Des mains serrent des mains, des sourires en miroir, des noms effacent d'autres noms, des regards. La dernière main retire les billets. Le spectacle coûte trente euros. D'autres doigts feuillettent des coupures plus grosses.
- Trois cents sur Conan, à la première.
- Disons quatre. Six reprises.
- Quatre cents sacs ? Je marche.
Les petits paris sont libres. Au-dessus du demi-million, il faut passer par le chef. Paiement assuré et zéro problème. Ce soir, toutes les mises sur Conan. Le temps qu'il mettra pour liquider l'autre. Trois reprises ou bien cinq, deux minutes plutôt que quatre.
L'autre se prépare, sous le toit défoncé de la vieille écurie. L'autre n'a pas de nom. Au maximum le challengeur, et c'est tout. On attache les protège-tibias derrière les mollets. Protec­tions de hockey avec rembourrage de mousse. Pareil pour les épaules. Sur l'avant-bras droit, un bout de gouttière en cuivre, coupé dans le sens de la longueur et rembourré. Les chaussures sont un modèle de chantier, avec des pointes protège-orteils renforcées en acier. Gants de travail, coup-de-poing américain à droite, bouclier en plexiglas à gauche. On se dénoue les muscles comme un boxeur sonné. On attend.
D'autres autos arrivent, le cercle s'élargit. Les phares se succèdent pour éclairer l'esplanade. Deuxième rendez-vous de la saison, public triplé. L'information circule. Les gens sont curieux. Le business est prometteur.
Dernières mises. Le docteur Taverna ne se lance pas, il veut seulement regarder. Rinaldi a mis cent sacs sur Conan, à la quatrième. Vin rouge et grappa relâchent la tension. Qui veut de la coke sait à qui demander. Qui veut des femmes, aussi. De la bonne marchandise, des bons prix. Les vétérans s'accordent pour les prochaines rencontres. Un grand type, au physique d'ours, aux cheveux blanchis avec trente ans d'avance, se détache du groupe et apparaît dans l'écurie.
- Viens là.

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