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Le naufrageur

Le naufrageur

Auteur : Francesco De Filippo

Editeur : Editions Métailié

Sélection Rue des Livres

Pjota, enfant de la misérable Albanie des années 80, raconte sa vie. Comment il se retrouve très jeune au service de Razy, le fantasque chef d’une mafia albanaise qui assure avec l’Italie le trafic de drogue et de femmes destinées à la prostitution. Les violences terribles auxquelles il est confronté, les épreuves féroces auxquelles on le soumet. Surnommé le génie d’Albanie, il conserve dans une grotte secrète des amas de livres dont il tire son savoir et son écriture, à la
fois très élaborés l’un et l’autre, et pleins d’émouvantes lacunes où se trahit son âge. Mais il fait son chemin chez les bandits car il se montre inégalable dans le coulage des hors-bord chargés de drogue. Pjota réussira à fuir son pays et le monde des truands, mais ce sera pour être confronté à celui de la prostitution et à l’impossibilité d’une assimilation dans cette Italie si confortable qui ne veut de lui que s’il consent à rester dans son rôle…
Amer et drôle, tour de force stylistique qui montre l’évolution culturelle et mentale de l’adolescent qui finira par régresser par refus de s’intégrer, ce livre offre une plongée dans un monde qu’on aperçoit seulement, parfois, au bord de routes sinistres…

Traduit de l'italien par Serge Quadruppani

9,50 €
Vendeur : Amazon
Parution :
208 pages
ISBN : 978-2-8642-4744-9
Les avis

L'avis de Rue des livres

Pjota, adolescent d’Albanie, grandit entre la violence incestueuse de son père et de ses frères, son travail pour Razy un caïd de la mafia albanaise et son amour pour les livres. Il raconte sa jeune vie, jeunesse massacrée, entre soumission et révolte. Il décidera, comme des milliers de ses compatriotes, de tenter sa chance en Italie, mais le choc culturel est violent. Il réussi cependant à survivre en travaillant comme garçon de course dans un journal, puis en faisant sauter des bateaux d’immigrants pour le compte d’un chef de la mafia ou encore en se prostituant…Ce garçon, d’une naïveté extrême finira dans un chaos d’émotions, à la limite de l’autisme. L’auteur nous décris l’odyssée de ce jeune albanais dans cette Italie qui ne veux pas de lui. La violence vraie d’une vie gâchée. Rien ne nous est épargné, la torture, la prostitution, le viol et une crudité inouïe des situations. Les phrases et les mots comme autant de coups de poing. Mais comment évoquer cette barbarie autrement ? Au-delà de l’histoire de Pjota, il est question de trafic de drogue, et de l’épouvantable trafic des femmes d’Europe de l’Est. Il est vrai que la mafia albanaise est connue comme une des plus violentes et une des plus actives à l’heure actuelle. Un sentiment de vide et d’amertume en refermant le livre. Honte également de fermer les yeux, car derrière la littérature il y a cette cruelle réalité. L’auteur est journaliste, Italien, et visiblement très révolté par le sort qui est réservé aux immigrés dans son pays. C’est un livre qui dérange. Impressionnant.
Mireille

La presse en parle

L’Italie, dont des millions d’émigrés miséreux ont essaimé de par le monde, veut oublier ses miséreux. Elle regarde de haut ces crève-lafaim qui arrivent en navires épave. Le livre fait de phrases courtes et hachées, délivre des instantanés aveuglants. Les nécessiteux y posent, avec pour seul horizon une criminalité quotidienne dont ils sont les victimes et, parfois le bras armé.

F.Mannoni, Le Matricule des anges

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