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Hautes terres. La guerre de Canudos
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Hautes terres. La guerre de Canudos

De Euclides Da Cunha

Editeur : Metailie
Parution le : 19 Janvier 2012
ISBN : 978-2-8642-4855-2
EAN13 : 9782864248552
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Correspondant de guerre, Euclides da Cunha raconte la répression, en 1896-1897, du soulèvement de Canudos conduit par son chef mystique Antonio Conselheiro, et il construit un mythe fondateur des plus complexes. Dans ce livre inclassable où le paysage, le climat et la flore sont des acteurs fondamentaux de la guerre, il fait passer le souffle de l’épopée et renvoie dos à dos deux barbaries : le mysticisme retardataire et la modernité aveugle...


Euclides Da Cunha est né en 1866 dans l’État de Rio. Militaire positiviste, anticlérical, abolitionniste, républicain, libéral et en littérature acquis aux théories naturalistes, il démissionne et devient journaliste. C’est à ce titre qu’il va assister à la campagne de Canudos. Hautes Terres (Os Sertões) sort en 1901 et connaît un succès immédiat. Après cette publication il est nommé à la tête d’une commission d’exploration de l’Amazonie. Le 15 août 1907, il est tué par l’amant de sa femme.


  • Traduit du portugais par J. Coli et A. Seel
  • Littérature étrangère

  • Prix conseillé : 25,00 € - Prix : 23,75 €

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    Extrait

    –À bas la France ! Tu le comprends, ça, oui ou merde ? Alors tu le cries ! Crie, bordel !
    Il le tire à lui par l'épaule, la veste usée se déchire. Alors il le renvoie comme une balle dégonflée. L'homme faillit tomber.
    Christo cracha par terre.
    –Laisse donc, dit-il à son camarade, tu vois bien que c'est une lopette.
    –Je veux qu'il crie.
    Ils se mirent à le secouer violemment. L'homme perdait l'équilibre, se rattrapait, voltigeait de nouveau, très maigre, pitoyable, avec des yeux affolés et ternes à la fois, se protégeant de son bras quand les coups menaçaient son visage.
    Martin le lâcha le premier.
    –Même pas le courage de ses opinions, dit-il avec mépris. Pourquoi tu cries pas, con ? Tu as peur ? Ça c'est vrai qu'il y a des tas de gens par ici, à bas la France, ils aimeraient pas. Même pour rigoler. Mais nous ça nous plairait de t'entendre dire ça, tu vois, histoire que pour une fois les choses soient claires. On en a marre de vos sales gueules d'hypocrites, hein, Christo ?
    L'homme restait muet. Christo se mit à rire :
    –Dix, non, quinze coups de pied au cul si tu cries pas, raton.
    Ils avaient lâché l'homme, mais celui-ci ne chercha pas à s'enfuir. D'une bourrade Christo lui fit faire un demi-tour sur lui-même et lança à toute volée le premier coup de pied. Martin d'abord se contenta de compter : un, deux, trois… Puis il finit par se mettre de la partie. À chaque coup de pied l'homme trébuchait vers l'avant et, docile, faisait un pas en arrière pour se retrouver à la portée de ses persécuteurs, tassé sur lui-même, recroquevillé presque, comme s'il avait cherché à offrir le moins de prise possible aux coups. Mais il ne criait toujours pas.
    Martin s'arrêta.
    –Peut-être que vraiment il comprend pas ce qu'on lui dit.
    Christo haussa les épaules :
    –Tu parles ! C'est un têtu, c'est tout.
    Et il le poussa violemment en hurlant soudain :
    –Fous le camp, nom de Dieu, fous le camp, qu'on te voie plus jamais dans le coin, tu comprends le français, sale bougnoule ?
    L'
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