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La Grande Sauvagerie

La Grande Sauvagerie

Auteur : Christophe Pradeau

Editeur : Editions Verdier

La Grande Sauvagerie, c'est le nom que les coureurs de bois du Canada français ont donné à ce qui s'est appelé, en d'autres temps et d'autres lieux, The Wild: l'espace inviolé, le blanc sur la carte. L'expression s'est perdue et ne parle plus guère à personne. La Grande Sauvagerie, c'est aussi un lieu-dit, un rocher qui domine un coin de la campagne limousine. Les guides touristiques le signalent à l'attention pour sa lanterne des morts, une simple tour de granit, sans grâce. Les habitants du pays ont oublié depuis longtemps qu'un feu y brûlait jadis, qui guidait les voyageurs dans la nuit. Thérèse Gandalonie a grandi à Saint-Léonard, à l'ombre de la lanterne des morts. Puis elle s'en est allée. Elle a traversé l'océan. Elle a découvert, dans les bibliothèques américaines, le Journal inédit de Jean-François, peintre d'ex-voto établi à Montréal, cousin à la mode de Bretagne du Grand Rameau. Elle a compris en le lisant que les deux Grandes Sauvageries renvoyaient l'une à l'autre. Quand elle s'en retournera, elle saura désormais apercevoir, infusée dans le paysage, une histoire oubliée de tous. Elle la déchiffre pour nous. C'est sa voix que nous entendons, une voix rocailleuse traversée par le vol des lucioles.

13,18 €
Vendeur : Amazon
Parution :
153 pages
ISBN : 978-2-8643-2601-4
Les avis

La presse en parle

Ni d'avant-garde ni classique, surtout pas anachronique, l'écriture intempo-relle et envoûtante de Christophe Pradeau est la première, la meilleure des raisons de s'attacher à ce très beau roman. Ancré dans la campagne limousine, ses paysages ­vallonnés et ses mythologies, La Grande Sauvagerie n'a ­pourtant rien d'une fâcheuse ode au terroir : l'horizon y est grand ouvert, sur l'ailleurs, l'inconnu, l'avenir autant que le passé, d'autres paysages, réels ou rêvés, par-delà les mers et les siècles.

Thérèse Gandalonie a enjambé l'Atlantique : née et grandie dans les années 1950 à Saint-­Léonard, village du Limousin que domine La Grande Sauvagerie, un ancien domaine seigneurial dont un gros rocher désormais perpétue le nom, Thérèse s'est envolée à l'âge adulte. Direction notamment la Nouvelle-Angleterre, où une carrière universitaire s'offre à elle. Et où la rattrapent un jour le passé, Saint-Léonard, l'enfance, ses paysages et ses sortilèges. Cela à travers la découverte du journal inédit d'un peintre-voyageur français du XVIIIe siècle, un nommé Jean-François Lambert, vague cousin de Rameau, installé à Montréal mais qui se trouve lui aussi lié à Saint-Léonard et à La Grande Sauvagerie.

Le roman met peu à peu au jour les connections géographiques, mais aussi symboliques, qui relient le peintre et Thérèse. L'enjeu de cette révélation a trait au passé tel qu'il survit dans le présent, au regard tel qu'il se porte sur les lieux pour en deviner et saisir le mystère - ainsi de Thérèse, enfant, levant les yeux vers les vestiges de La Grande Sauvagerie et les contemplant longuement, « comme s'il y avait quelque chose à déchiffrer que je ne distinguais pas, une histoire défaite, oubliée de tous, mais qui était là pourtant, en suspension, infusée dans le paysage ».

Nathalie Crom, Telerama

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