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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Bréviaire des politiciens De Cardinal Jules Mazarin Editeur : Arléa Parution le : 3 Janvier 2003
Tout en gagnant les bonnes grâces des puissants, Mazarin a su éliminer ses ennemis, accéder à la première place et la conserver pendant deux règnes, jusqu'à sa mort. On trouvera donc en son Bréviaire quelques leçons pragmatiques qui, aujourd'hui encore, peuvent être utiles à tout homme de pouvoir. Si le madré cardinal ne s'encombre ni de morale ni d'équité, il fait cependant montre d'une fraîcheur étonnante, et même d'une certaine naïveté. « Nous avons là, reconnaît Umberto Eco, un modèle de stratégie démocratique - à l'âge de l'absolutisme ! » |
Commentaires Amazon| 2007-04-24 | Note : 5/5 | De l'intelligence de situation Le cardinal Mazarin nous dispense de conseils pratiques, fonction de la situation. C'est pour cela qu'ils paraissent subtils parfois et caricaturaux également. Mazarin, c'est l'Homme politique par excellence, qui réussir à s'enrichir tout en défendant son pays d'adoption, le Royaume de France.
Au sujet des honneurs, par exemple, qui peut ne pas reconnaître la subtilité du constat :
"Commence par faire preuve que quelqu'un soit en charge de telle ou telle fonction honorifique, en présentant la chose de telle façon, en invoquant de telles raisons qu'à l'évidence tu apparaisses comme tout désigné pour l'occuper. Puis fais-toi prier pour l'accepter, en objectivant que ta position actuelle te confère déjà les privilèges attachés à cette fonction".
Remarquable. Cet homme a tout compris de l'essence du pouvoir et de son exercice.
Et sur le management des hommes :
"Pour les reproches, le moment le mieux choisi est celui où ton homme vient s'incliner devant toi, ne s'attendant qu'à des compliments."
Le bon sens tiré de l'expérience, n'est ni ennemi de la politique ni celui de la conduite des hommes.
Ce livre est un utile complément de celui écrit par le jésuite espagnol Baltasar Gracian, écrit à la même époque, "L'Art de la Prudence".
Que de subtilités ! Vous avez compris : il ne s'agit pas d'un livre de recettes, mais d'éveil critique. A vos marques !
| | 2007-04-15 | Note : 5/5 | L'ART DE LA RUSE POLITIQUE Le cardinal Mazarin, succèdant au Cardinal Rouge, homme d'Etat par excellence, eût fort à faire pour mater les Grands de la Cour et le Parlement (lire à ce propos les Mémoires du cardinal de Retz), amener Louis XIV à la Royauté et maintenir, le Roi, la Reine-Mère et lui-même en vie. Ce ne fut que ruses, retournements, mensonges, cautèle, rondeur et dès que possible des coups de griffes acérés destinés à tuer. Cet homme madré, roué, profondément intelligent a donc su par des moyens plus détournés que ceux utilisés par son prédécesseur maintenir le cap et assurer la continuité du pouvoir royal et de l'Etat. La séquelle/conséquence des ces temps troublés fut l'Absolutisme, période charnière de l'histore de France dont l'ultime aboutissement a été la Révolution Française et ce qui s'en est suivi.
Ce livre de Mazarin est un vrai bréviaire en matière de mensonge politique. Ca sonne étrangement à nos oreilles en cette période où la France et ses représentants nationaux sont en instance de divorce.
| | 2006-05-29 | Note : 4/5 | L'art de ne jamais se laisser voir Lorsque Mazarin écrit son bréviaire des politiciens (encore que, la préface de Umberto Ecco laisse à entendre qu'il est plus l'auteur présumé que l'auteur certifié), c'est en disciple des stoïciens qu'il le compose.
Ce qu'il se laisse à lire dans se recueil de conseils souvent courts et peu argumentés, c'est que l'homme qui espère réussir et atteindre des sommets doit d'abord apprendre à se maîtriser, à se domestiquer. Toute ardeur, passion et enthousiasme doit s'effacer - l'homme doit se faire le garde fou de sa propre faiblesse.
« Se tenir à égale distance », voilà en somme comment Blaise Pascal pensait que l'homme puisse vivre bien - Mazarin pense de même. Qu'on nous accuse, et il faut prendre l'accusation avec calme et retenu. Qu'on accuse un autre, et il faut tout en faisant tout pour qu'il tombe, le défendre malgré tout. Qu'on soit la cible de satires, alors rions de soi-même et ajoutons encore de beaux quolibets pour voler à l'autre le sel de ses vilaines paroles.
Plutôt que dissimuler, c'est simuler que le noble cardinale conseille. Taire ses véritables sentiments et en afficher d'autre. Etre égal à soi-même tout le temps. Jamais pris en défaut de rien... Mais dans l'ombre, tisser sa toile ! Manipuler, voler, mentir, se servir de tiers pour accomplir les basses besognes, dresser les uns contre les autres, mystifier, affecter l'opinion publique... L'arsenal est large.
Parmi la masse de conseils forts avisés et pertinents que donne Mazarin, on en relèvera malgré tout quelques uns plutôt mauvais comme celui-là : si quelqu'un parie contre la réussite de ton affaire, parie avec un autre sur la réussite de cette dernière. Ainsi, tu ne perdras rien (je résume). Eh bien, quelle logique hasardeuse : si je parie 10 livres que je réussirais à obtenir tel succès militaire et que je parie 10 livres que je ne l'obtiendrais pas, au final, je gagnerais et je perdrais 10 livres. Au final, à quoi bon parier... De même, Mazarin ne cesse de conseiller de tenir certains propose devant des tiers pour juger de leur fidélité vis-à-vis de quelqu'un ou de connaître le fond de leur pensée : certes, mais en faisant cela, on se dévoile et à la longue, ce petit jeu devient impossible à mener !
Nonobstant cela, ce petit guide servira sans aucun doute aux administrés, et autres requins de l'industrie. Car, que les petits salariés d'entreprise se fassent une raison : on ne peut pas utiliser ce guide pour la majorité de ces aphorismes : ils sont d'une autre époque et trop compliqués à mettre en place au XXIe siècle.
| | 2004-01-30 | Note : 1/5 | Cynique et facile, jusqu'au ridicule Ceux qui espéraient une belle langue classique seront déçus par l'opuscule de Mazarin : le livre est traduit du latin et rédigé dans un style fastidieux. Ceux qui attendaient des conseils pour les décideurs ou encore des réflexions sur la manière de conduire les affaires publiques, en seront aussi pour leurs frais. Mazarin ne donne ici qu'un manuel du carriériste sans scrupule.L'ouvrage est construit sans ordre, d'un amas de notes aisément résumable. Le tout tient d'ailleurs en cinq lignes, que l'on trouve dans la conclusion : « 1. Simule. 2. Dissimule. 3. Ne te fie à personne. 4. Dis du bien de tout le monde. 5. Prévois avant d'agir » (p. 123). On le voit, le propos ne va pas loin et même, verse volontiers dans un cynisme de caricature. Le tableau au final - celui de l'homme qui veut réussir plus que tout - dépeint un individu préoccupé de lui-même, qui feint avec tout le monde, qui manipule chacun, et qui se garde de jouir de la vie de peur de présenter une faiblesse. Le bel avantage ! Il est remarquable que la plupart des conseils que donne Mazarin sur l'art de diriger ont été infirmés par la recherche récente sur ces matières. Les comportements qu'il préconise sont plutôt les signes pathologiques d'un amour excessif du pouvoir, et sont en tout cas nuisibles. Ainsi de la dissimulation des sentiments : « Dissimule tes sentiments, et même n'hésite pas à feindre des sentiments contraire. Dans l'amitié, pense à la haine ; dans la joie, au malheur » (p. 71) ; « Entraîne-toi à simuler chacun des sentiments qu'il peut t'être utile de manifester, jusqu'à en être comme imprégné. Ne dévoile à personne tes sentiments réels. Farde ton cSur comme on farde un visage » (p. 84). Ainsi de la défiance généralisée : « Agis avec tes amis comme s'ils devaient devenir un jour tes ennemis » (p. 121). Ainsi de l'usage forcené du mensonge. Etc. Il faut encore souligner la morphopsychologie rudimentaire et ridicule qui accompagne ces préceptes : « Méfie-toi des hommes de petite taille : ils sont butés et arrogants » (p. 25) ; « La plupart des menteurs ont des fossettes aux joues quand ils rient » (p. 26)... Quiconque est poussé par son caractère à se vouer entièrement à sa carrière appréciera certains conseils. Mais celui qui n'en a pas le tempérament se ridiculisera en voulant en porter les habits : il paraîtra simplement un prétentieux. Bref, ce livre est inutile.
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