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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | L'odeur de la menthe De Anne Kanapitsas Editeur : Arléa Parution le : 22 Septembre 2004
Le crépuscule était jaune. Il donnait soif. Les rondeurs sèches du relief appelaient des galops sur des chevaux rustiques et nerveux. Parce que les traverser à pieds : non. Rester des heures ici : non. " D'ici on se sauve ! " Que fuit Agathe lorsqu'elle se présente pour une place d'intendante, à Paris, chez Augustin Vincz ? L'homme, violoniste, avoue sa misanthropie et exige d'elle la plus grande discrétion. Tout en remplissant sa tâche, Agathe se remémore sa vie en Lozère dans un institut pour handicapés. Le destin singulier d'un nouvel arrivant et l'amitié de Marie vont l'éloigner de ce lieu. L'odeur de la menthe est le récit de cette transition. De la force dans l'adversité à la douceur de vivre. Anne Kanapitsas réussit ici un émouvant premier roman. | Littérature
Commentaires Amazon| 2004-11-30 | Note : 5/5 | CHARME Voici un roman court dont la densité et la simplicité font opérer un charme peu courant. Chaque chapitre est une unité qui agit à la manière d'une nouvelle, qui surprend le lecteur, retient son attention. Ainsi, j'ai lu ce roman d'une traite. Le charme vient aussi du contraste entre deux lieux que tout oppose: le désert Lozérien et Paris la belle capitale, magique. Mais la magie est aussi dans la monstruosité de certains vivants que l'on cache et dont on abrège la vie. Le récit, en apparence très docile, nous conduit jusqu'à la raison d'un infanticide qui, paradoxalement, est l'amour infini et total entre une mère et son enfant inachevé. Je crois que l'auteur aborde les contradictions sous un angle original. De là surgit le charme de sa personnalité, qui est celui du roman même.
| | 2004-11-23 | Note : 3/5 | Pas évident On entre dans ce roman comme dans le salon de Monsieur Vincz (l'un des personnages) : ambiance feutrée, veloutée, chaude, lumineuse et silencieuse, pieuse. Qui débarque là ? Agathe, une jeune fille qui vient de fuir quelque part, partir d'un endroit qui demeure terriblement marquant pour elle. Car dans cet appartement silencieux et trop calme, les souvenirs s'acharnent et reviennent par vagues. Ils l'assaillent - "comme si toutes les émotions que je n'avais pas eu le temps ou la force d'éprouver à l'institution surgissaient enfin". Donc reviennent ces instants pénibles et nostalgiques du temps passé à être soignante dans un institut pour handicapés mentaux. En y pensant, des mots forts viennent de sa plume - débiles, mépris, saleté, violence. Mais Agathe, elle, a su supporter tout ça sans ciller. Son histoire, finalement, est terriblement creuse : silence chez Monsieur Vincz, violoncelliste, qui s'enferme dans sa pièce, ne parle jamais, sauf par écrit. Et ce silence est ce qu'on retient en fin de roman - ça et puis cette odeur de menthe. Pour un roman délicat, sensible et mine de rien poétique, "L'odeur de la menthe" s'y colle parfaitement. Pas évident à retranscrire tout ce silence et ce vide qui remplit le livre, ça le rend très touchant, émouvant presque.
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