| Vie de mécène De Chantal Labre Editeur : Arléa Parution le : 9 Mars 2006
Mécène : un nom propre devenu commun ; un personnage étonnant de la Rome antique à son apogée, l’époque de l’empereur Auguste (seconde moitié du Ier siècle av. J.-C.), disparu derrière son nom, dont il a fait cette image, toujours vivante, d’aide active à la culture.
Qui était Mécène ? Un nœud de contradictions étonnant, un homme rassemblant en lui tous les contraires : faire revivre la complexité du personnage derrière son action, tel est l’enjeu de ce livre.
Ministre et ami d’Auguste - qui en avait peu -, partisan d’un pouvoir personnel, car la taille de l’empire ne lui permettait plus, pensait-il, un régime républicain et démocratique, il conseilla à Auguste, qui hésitait à rétablir la république, de ne pas le faire. Préfet de la Ville (ministre de la Police) - sorte de Fouché au courant de tout grâce à un système d’espionnage exceptionnel -, travailleur acharné pour le bien de Rome, il n’en goûtait pas moins les délices de l’oisiveté, des banquets et de la culture. Épicurien convaincu, à une époque où Auguste tentait de faire revivre les valeurs austères de la vieille Rome, plus proches du stoïcisme, il fut chargé d’inciter Virgile à passer de l’aimable poésie épicurienne des Bucoliques au message de dur travail agricole des Géorgiques. De la campagne, il ne savait rien ou presque ; il n’en aimait que ce que l’art savait en faire : les jeux d’eaux de ses vastes jardins, dont la musique seule parvenait à calmer ses insomnies répétées - et célèbres. Il sut découvrir et rassembler autour de lui les meilleurs poètes de l’époque : Virgile, mais aussi Horace, Properce... Le cercle de Mécène a fait de ce nom un symbole toujours vivant. Fils de prince étrusque, fort riche, originaire d’Arezzo (alors Arretium), il fut pris d’un coup de foudre d’amitié pour Horace, provincial rondouillard et fils d’esclave affranchi : étonnante réunion des deux extrémités de l‘échelle sociale. Insoucieux du « politiquement correct », ce préfet de police aimait indifféremment les hommes et les femmes, mais il chérit profondément la sienne (ancienne danseuse), dont il divorça et qu’il épousa à nouveau trois fois au moins, au grand désespoir des avocats qui ne savaient plus à quel contrat de mariage se vouer... |