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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Ma mère, à l'origine De Emmanuel Pons Editeur : Arléa Parution le : 3 Janvier 2008
Vous le savez : en mars 2006, pour le grand bonheur de quelques milliers de lecteurs et des éditions Arléa, Emmanuel Pons a tué sa femme. En 2008, c'est Patrick Barrault - «ami» d'Emmanuel Pons -, qui, avec le même soulagement et la même exaltation, perd sa mère : Ma mère est morte. L'autre bonne nouvelle, c'est qu'elle est morte riche. C'est une tradition dans la famille. Ses parents et ses grands-parents ont couvé leurs sous jusqu'au dernier jour. Parce que, l'argent durement gagné, ça ne se dilapide pas, ça se transmet, c'est pour «après». C'est par ces mots qu'Emmanuel Pons nous embarque une fois encore dans un roman qui se joue de la réalité - car, si tout y est vraisemblable, c'est bien souvent pour le pire ! Sous ces aspects «farçeurs» et légers, c'est une histoire tragique : celle d'une femme (la mère) qui, avare de coeur, ne sait pas aimer, ou ne sait aimer qu'elle-même. C'est aussi l'histoire d'un enfant qu'on n'a su ni voir ni aimer, et qui finit par prendre sa revanche sociale, familiale, dans le monde très violent des traders. Le parallèle qui s'établit alors entre argent et sentiment compose une vision terrible de la vie, rationnelle, insensée, et surtout impitoyable et cruelle, à laquelle la vie même ne saurait tout à fait résister. Nous voilà encore partagés entre rire et frisson d'inquiétude. C'est la confirmation du talent singulier d'Emmanuel Pons. |
Commentaires Amazon| 2008-01-25 | Note : 3/5 | Sauce piquante ! « Ma mère est morte. L'autre bonne nouvelle, c'est qu'elle est morte riche... » Patrick a décidé de fêter dignement cette libération, des funérailles expéditives et une voiture de sport flambant neuve, puis un mariage, un enfant et un horizon idyllique.
Enfin libre, oui ! pense-t-il.
« C'est allé crescendo. Il n'a pas évoqué sa mère pendant les deux premières années. Et puis, quand son fils s'est mis à trottiner, la mémoire lui est progressivement revenue mais sans aucun bon souvenir. (...) Maintenant, c'est elle son principal sujet de conversation, ou plutôt la source de ses monologues. »
Madeleine ne reconnaît plus l'homme qui partage sa vie, Patrick vit retranché dans son bureau, à boursicoter comme un fou depuis son ordinateur, c'est un 'home-trader' implacable qui mise sa propre vie comme des titres et des actions, scrutant la moindre chute et n'hésitant pas à les revendre.
Point de sentiment.
« Je ne parviens pas à m'arrêter, c'est terrible. Les souvenirs s'enchaînent et je reste prisonnier de ta vie. Tu ne m'as jamais accepté tel que j'étais, jamais aimé pour ce que j'étais, tandis que, moi, je t'aimais pour deux, maman. Je t'ai toujours aimée pour deux. »
S'il vit ainsi, entre ses fantômes et son ordinateur, c'est parce que Patrick suffoque du trop-plein que lui inspire sa mère, un excès de rancoeur et d'amertume. Patrick est au bord du gouffre, apercevant de loin son fils de 7 ans qui lui rappelle un autre petit garçon, et Madeleine de son côté lance sa bouteille à la mer, mais « ça prend au ventre, ça monte, ça serre la gorge au point que la seule solution pour éviter l'asphyxie, c'est de partir. »
Comédie humaine et tragique, « Ma mère, à l'origine » se cache sous le couvert d'une farce bien grinçante d'un homme qui prend sa revanche en brassant des millions pour assouvir sa puissance et sa place de number one. C'est le peu qui lui reste, après des années d'humiliation et de frustration, le peu légué par une mère avare de démonstration affective. « Je n'ai reçu d'elle ni câlins ni fessées, ni compliments ni remontrances, jamais une récompense pour mon excellent travail scolaire, même pas une mise en garde avant mon premier rendez-vous amoureux ! Rien ! De l'indifférence. »
Marié et père de famille, l'homme est aujourd'hui submergé par l'intuition de n'avoir pas mérité si peu de tendresse. Il s'escrime, s'enferme et devient quasiment fou. Fou de douleur et de chagrin.
Quelques pointes d'humour recouvrent le verbiage, « Je suivrai donc le corbillard dans mon coupé rouge, enrubanné comme un cadeau, avec un noeud sur le pavillon et un Merci maman sur le haut du pare-brise, façon Allez l'OM ! », mais on ne se fait pas d'illusion et c'est bien un cri désespéré qu'on perçoit là, « J'ai besoin d'amour ! » tout simplement. Et ce message s'adresse à une mère, qui n'est plus.
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