La Horde sauvage de Sam Peckinpah : Nietzsche US
Délirer un film, à partir de lui. Ici, sauvagement - bien entendu. En rompant les amarres gaiement et effrontément, à l'instar de cette Horde sauvage. Où ce grand fou de Peckinpah serait comme un Nietzsche à l'américaine, accédant à la " joie tragique ". De ce fameux western, on a retenu le caractère violent et crépusculaire. L'auteur en donne un autre éclairage, neuf et vigoureux, appuyé sur l'approche nietzschéenne de la tragédie - non seulement apollinienne, mais surtout dionysiaque : ouverte au rire et à l'ivresse. Ce qu'il fait valoir ici, du scénario à la démarche formelle. Rien cependant d'un pensum savant, mais tout d'un élan décoiffant - porté lui-même par un optimisme tragique. Un essai bien personnel, d'une verdeur retrouvée et revendiquée.
