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Clavel soldat

Clavel soldat

Auteur :

Editeur : Editions Viviane Hamy

En 1914, Werth a 36 ans. Libertaire, antimilitariste, jauressien, il croit à l’internationalisme. Pourtant, comme nombre de ses camarades, il part volontaire pour le front afin de défendre son idéal d’homme libre qui va faire « la guerre à la guerre », à cette guerre, la dernière.
Aussi autobiographique soit-il, Clavel soldat (rédigé entre 1916 et 1917) est avant tout un magnifique roman. Léon Werth fait surgir des figures fortes tels Vernay ou Mourèze ; les scènes qu’il décrit, hurlantes de terreur, de douleur mais aussi d’humanité ressemblent étonnamment aux tableaux des plus grands peintres dont il a si bien parlé.

11,20 €
Vendeur : Amazon
Parution :
Format: Poche
375 pages
ISBN : 978-2-8785-8221-5
Les avis

La presse en parle

Depuis que nous avons lu l'extraordinaire Déposition (journal tenu par Werth caché pendant la Seconde Guerre), nous savons qu'un individu de ce calibre n'est pas du genre à se contenter de généralités militantes. Werth est allé à la guerre en volontaire, il l'a vue, il ne l'a pas aimée, il a voulu la raconter. Clavel, c'est lui. La mobilisation, vue par Werth, ressemble étrangement à un désert la ville est quittée comme on a quitté les familles pour rejoindre le grand troupeau. C'est un énorme processus de dévitalisation. On entre peu à peu dans la boue des tranchées ; c'est une mer immobile où les hommes se tiennent transis, gnomes hallucinés pétris de désespoirs et de souvenirs. "Tu ne peux pas comprendre" ; tout est contenu dans cette lassitude de ceux que Bernanos appela les "enfants humiliés". Clavel-Werth enregistre, promène sur cette planète de mort le faible faisceau d'une lampe de poche. Cela ne ressemble ni au Genevoix de Ceux de Quatorze, ni aux Carnets de Jacques Rivière. C'est une sorte de voyage lent au fond de l'absurde. Le dédicataire du Petit Prince en enfer. Un grand texte.

Michel Crépu, La Croix

Vos avis

Connaissez – vous le « théorème de Werth » : « Démonter le milieu dans lequel on se trouve, déceler les vices cachés ou les défauts de fonctionnement que l’on saurait taire, dénoncer les faux – semblants, les hypocrisies, les mensonges » ? Ainsi était Léon Werth qui, dans les tranchées, lisait Spinoza !
Immergé dans la Grande Guerre, la mère des guerres, la « der des der », Claudel soldat part avec la conviction de « faire la guerre à la guerre ». Il est pacifiste, il est antimilitariste. Ses convictions sortiront renforcées de cette folie meurtrière.
Dans ses peurs d’adolescent, il regardait sous son lit avant de s’endormir. Maintenant, il vit dans la boue, dans la crasse, couvert de vermine, couchant dans d’immondes écuries, havres relatifs de répit, au milieu de ses compagnons d’infortune, abrutis, comme lui, de terreur et de fatigue, dans le fracas des obus et le sifflement des balles, les odeurs de pourriture et de charogne. Mais « il contrôle davantage ses peurs et il sait mieux ce qu’est le courage. Il y a mille courages difficiles : résister à l’argent… à la lâcheté de l’opinion commune…ne pas consentir aux actes humiliants que la foule conseille… ne pas être un personnage de troc et de transactions… Mais le courage militaire est simple et facile. Il suffit d’aller en avant. Toujours en avant… Jusqu’à ce que la guerre soit finie ou qu’un obus vous coupe en deux. »

Ironie cinglante, phrases nerveuses, sans cynisme ni indulgence : un texte d’une brûlante actualité écrit et publié en 1919.

foxie

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