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Clavel soldat
De Léon Werth
Editeur : Editions Viviane Hamy
Parution le : 11 Janvier 2006

En 1914, Werth a 36 ans. Libertaire, antimilitariste, jauressien, il croit à l’internationalisme. Pourtant, comme nombre de ses camarades, il part volontaire pour le front afin de défendre son idéal d’homme libre qui va faire « la guerre à la guerre », à cette guerre, la dernière.
Aussi autobiographique soit-il, Clavel soldat (rédigé entre 1916 et 1917) est avant tout un magnifique roman. Léon Werth fait surgir des figures fortes tels Vernay ou Mourèze ; les scènes qu’il décrit, hurlantes de terreur, de douleur mais aussi d’humanité ressemblent étonnamment aux tableaux des plus grands peintres dont il a si bien parlé.

  • [Poche]
  • La presse en parle

    Depuis que nous avons lu l'extraordinaire Déposition (journal tenu par Werth caché pendant la Seconde Guerre), nous savons qu'un individu de ce calibre n'est pas du genre à se contenter de généralités militantes. Werth est allé à la guerre en volontaire, il l'a vue, il ne l'a pas aimée, il a voulu la raconter. Clavel, c'est lui. La mobilisation, vue par Werth, ressemble étrangement à un désert la ville est quittée comme on a quitté les familles pour rejoindre le grand troupeau. C'est un énorme processus de dévitalisation. On entre peu à peu dans la boue des tranchées ; c'est une mer immobile où les hommes se tiennent transis, gnomes hallucinés pétris de désespoirs et de souvenirs. "Tu ne peux pas comprendre" ; tout est contenu dans cette lassitude de ceux que Bernanos appela les "enfants humiliés". Clavel-Werth enregistre, promène sur cette planète de mort le faible faisceau d'une lampe de poche. Cela ne ressemble ni au Genevoix de Ceux de Quatorze, ni aux Carnets de Jacques Rivière. C'est une sorte de voyage lent au fond de l'absurde. Le dédicataire du Petit Prince en enfer. Un grand texte.

    Michel Crépu, La Croix

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