|
Fiche livre | | |
 |
 Cliquez pour agrandir | Ouest De François Vallejo Editeur : Editions Viviane Hamy Parution le : 25 Août 2006
Un soir, aux tréfonds des terres normandes, un garde-chasse se découvre un nouveau maître. Le vieux baron de l’Aubépine est mort. Un fils le remplace. Lambert était un serviteur à l’âme trop près de ses bois pour s’entendre avec l’Aubépine le Jeune pétri de folies politiques, d’obsession des corps et de maladie rentrée. Et pourtant…
Ouest, c’est l’histoire d’un huis clos où deux hommes se détruisent dans l’indifférence d’un paysage. La terre détrempée s’englue sur les chaussures, la pluie colle aux yeux, les odeurs de gibier flottent sans fin et les mâtins sont seigneurs des forêts.
Ouest, c’est l’histoire d’une jeune fille à la peau de dentelle, d’ingénues fines et de demi-mondaines égarées. Dans le château des Perrières, le calvados sert l’oubli, et l’inquiétude, insidieuse, enténèbre les chairs. | LittératureVos avisBeaucoup de plaisir, même plus, à lire ce livre. Récit impressionnant. Je me rallie aux commentaires qui précèdent. Je n'ai rien à y ajouter et je note également 4/5. Toutefois, qui peut m'expliquer la référence à Abou Ghraib en début de roman? nike
|
La presse en parleD’abord, il y a le paysage. Un coin de forêts et d’étangs, humide et boueux. Un pays qui imprègne et qui colle, enfermé dans son histoire et ses traditions, sauvage comme les bêtes qui le hantent. François Vallejo, qui signe son sixième roman, semble le connaître jusqu’au fond de l’âme et des tripes, ce pays de ténèbres insidieuses. Et puis il y a Lambert, le garde-chasse par lequel tout arrive. Une photo de lui, vieille de plus d’un siècle – il pose, l’air inquiet, près d’un grand chien noir –, détend soudain le ressort d’un récit depuis longtemps retenu.
Nous sommes au XIXe siècle, au château des Perrières, quelque part dans l’Ouest. Lambert, l’ancêtre du narrateur, vient d’entrer au service du vieux baron de l’Aubépine, grand meneur de chouans. Courir les bois, conduire la meute, tenir sa place à l’ombre de son maître, il ne demande que ça, Lambert. « Etre un petit homme au fond de son Ouest », orgueilleux et discipliné, aussi bouillant que conformiste. Mais le fils, qui succède au père, déteste la chasse, lit Proudhon et Fourier, se précipite à Paris en février 1848 quand gronde la Révolution, ramène au château des créatures peu conformes à l’idée que son garde-chasse se fait des « dames »... On rit de ces relations maître-valet cul par-dessus tête, des tourments de Lambert, dont Vallejo rend à merveille l’esprit et la langue surannés. Mais le livre bientôt s’assombrit. La folie du maître, de plus en plus inquiétante, la raideur du garde-chasse, la perversité grandissante de leur relation poussent au paroxysme d’une violence d’autant plus impressionnante qu’elle est suggérée. Et c’est tout l’art de Vallejo. L’histoire accomplie – forcément très noire – garde au bout du compte son mystère irréductible. Reste une photo mal cadrée, portrait ineffaçable d’un garde-chasse qui a fini par avoir peur des chiens. Michel Abescat, Télérama |
Commentaires Amazon| 2008-02-16 | Note : 5/5 | Se laisser engloutir par les marais vendéens Ce roman est lourd, pesant et gluant comme la boue des marais vendéens qui s?accrochent au pied de Lambert le garde-chasse de la propriété des Perrières.
Lourd et pesant comme le huis clos dans lequel évolue Lambert et son « maître » ? un baron révolutionnaire, un baron qui rêve de la chute de Napoléon en poursuivant des belles dans les couloirs de son manoir, un baron qui plonge petit à petit dans la folie en espérant une rencontre avec le grand Victor Hugo exilé à Guernesey.
Ce livre raconte donc l?histoire de ces deux hommes aux destins inextricablement liés? et qui subissent l?aliénation et la dépendance à l?autre.
J?ai reçu cet ouvrage en cadeau, l?auteur, François Vallejo, m?était totalement inconnu. Aujourd?hui j?apprécie son style bref, rapide, incisif. Ses phrases courtes où chaque mot est pesé tiennent le lecteur en haleine.
Ouest est son 6eme ouvrage, édité chez Viviane Hamy, parmi les 5 premiers 3 ont été primés? le connaissiez vous ?
En tout cas, j?ai fortement envie de me procurer d?autres ?uvres de Vallejo et me replonger dans son univers.
| | 2007-12-15 | Note : 4/5 | C'est chouan ! Un soir, quelque part dans un château aux tréfonds des terres de l'Ouest, au milieu d'un XIXe siècle français en turbulence, un garde-chasse se découvre un nouveau maître. Le vieux baron de L'Aubépine est mort, un fils le remplace. Lui, Lambert, le garde-chasse, aurait dû être un serviteur à l'âme trop près de ses bois, au caractère trop probe, à la meute de chiens trop sauvage et à la fille trop belle pour s'entendre avec ce nouveau baron, si plein de folies politiques, d'obsession des corps et de maladie rentrée. Non, entre lui et le jeune de L'Aubépine, l'entente n'était pas pensable, c'était d'emblée sensible, l'affaire aurait dû en rester là. L'affaire n'en restera pas là. Elle va durer dix années, et s'achèvera en carnage.
Un bon petit moment.
| | 2007-06-22 | Note : 4/5 | Attention incontournable ! Déconcertant cet incipit ancré dans l'actualité, qui superpose les deux clichés, et puis ce flash-back vers cet aïeul qui a été élevé pour dresser et aimer ses chiens, pour servir son maître, et qui va, au fur et à mesure des lubies du baron, finir par perdre tout repère. On y est : François Vallejo nous plante dans ce huis clos étouffant, nous stupéfait par son écriture parfaitement adaptée à cette confrontation sociale entre les deux hommes, collant souvent au parler et aux pensées de Lambert, nous fait sentir les odeurs de terre et de bois, et sourire au personnage du baron, ne rêvant que de fusiller les aristocrates comme lui, figure laxiste, incompréhensible et contradictoire pour les gens du pays. Et la tension monte, monte... tandis que le frottement idéologique entre les deux hommes devient de plus en plus ambigu, tandis que le garde-chasse oscille entre le bon sens et une obéissance dont il a souvent honte, se retrouvant tour à tour valet de chambre ou cocher de demi-mondaines que le baron s'amuse à pourchasser la nuit dans le château, un rasoir à la main. Et encore, si il n'y avait que cela ! Mais le baron semble avoir perdu la tête, faisant fi de la volonté voire de la vie d'autrui... On devine la tragédie au bout du chemin, et le petit chef-d'oeuvre en cours de lecture : l'un et l'autre s'y trouvent, et la boucle est bouclée. Après une telle lecture, il ne me reste plus qu'à me pencher vers ses romans précédents !
| | 2007-04-15 | Note : 4/5 | Un livre rare! Dans la Bretagne profone, au siècle dernier, 2 hommes s'affrontent: le maître du domaine, personnage ambigu et frustré, et son concierge, homme de la terre, chasseur et l'esprit rempli de valeurs familiales.
Autour de conflit d'abord latent puis ouvert, l'auteur plonge son lecteur au coeur du domaine, et en fait le témoin muet de ce duel. Les paysages, au fil des humeurs, épousent l'état d'zsprit des personnages, l'ambiance, la tonalité.
Bref, c'est superbement écrit, on n'en sort pas indemme.
| | 2007-04-12 | Note : 4/5 | C'est dans l'Ouest que tu trouves aussi les terres à délits Surpris, dérangé par la force de cette écriture caractérielle, caricaturale, je me suis plongé dans cette ambiance peu habituelle, avec un mauvais a priori. Resté à l'affût d'une quelconque proie littéraire sans grand intérêt, je fus étrangement happé par le récit, vivant cette aventure peu commune comme défilerai sous mes yeux les lignes d'un carnet de campagne poussiéreux.
Loin d'être attachant les personnages sont scabreux, rugueux, bruts de décoffrage.
Où est il le temps de la clémence, perdu entre deux mondes dans lesquels s'affrontent des personnes (le baron et le garde chasse) aussi têtu l'un que l'autre ?
Il leur faut à tour de rôle lâcher du lest pour parvenir un instant seulement à comprendre l'homme qu'ils considèrent si différemment comme ennemi, maître ou esclave.
Sans interruption du récit, l'écriture parlée devient langage, transcrit au présent des passés simples des cons posés, sur lie d'indifférence rapprochée. Lambert garde chasse donne cette réplique équivoque :
« les temps que nous vivons, ne sont pas des temps ».
Cet homme cru tonne des réflexions, pleines du bon sens des gens de la terre,
Extrait tiré d'une partie de chasse, à la période où le baron souhaite renverser le régime en place « Taisez-vous, monsieur à la fin, c'est vous qui faites fuir le gibier à parler haut dans les fougères. On vous entend venir à deux lieues. Comment voulez-vous vaincre un tyran, si la plus petite perdrix rouge vous échappe sans effort ? Sauf votre respect, on n'attrape pas un Bonaparte comme une fille de l'Ouest. ».
Loin de concurrencer l'excellent « coup de fouet » de Bernard du Boucheron, François Vallejo donnent aux scènes de chasse une autre vision, une autre approche.
Pour son originalité, je vous invite à découvrir ce roman.
Pour son écriture tendue, haletante, n'ayez pas peur de vous embarquer dans cette aventure .
A l'Ouest tu trouves aussi les terres à délits (bertrand-môgendre)
|
Donnez votre avis  Acheter ce livre| Acheter en ligne | Acheter chez votre libraire | Amazon
 | Indiquez votre code postal pour trouver les librairies près de chez vous |
|