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  Fiche livre


A l'abri de rien
De Olivier Adam
Editeur : Olivier
Parution le : 23 Août 2007
Sélection Rue des Livres

Marie se sent perdue. Son mari, ses enfants sont le dernier fil qui la relie à la vie. Ce fragile équilibre est bouleversé le jour où elle rencontre les « kosovars », ces réfugiés dont nul ne se soucie et qui errent, abandonnés, aux confins de la ville.
Négligeant sa famille, Marie décide de leur porter secours. Et de tout leur donner : nourriture, vêtements, temps, argent, elle ne garde rien pour elle. Entraînée par une force irrésistible, elle s’expose à tous les dangers, y compris celui d’y laisser sa peau.

Avec ce roman, Olivier Adam nous rappelle que la violence qui frappe les plus faibles est l’affaire de chacun. Et trace le portrait inoubliable d’une femme dépassée par la force de ses sentiments.


Commentaires Amazon

2008-01-06Note : 4/5
une grande gifle
On retrouve dans ce roman les thèmes chers à Olivier Adam : la mère dépressive, la banlieue triste, le manque dargent, les enfants malheureux, la mort d'un proche.
J'avais déjà rencontré ces thèmes dans « falaises"
Là, l'intérêt du roman réside dans la présence des réfugiés qui cherchent à passer en Angleterre.
Ce thème développé tout au long du livre nous fait toucher du doigt la détresse de ces pauvres gens et leur souffrance au quotidien. Elle nous ouvre les yeux sur une réalité et sur l'hypocrisie de l'état à ce sujet.
On comprend l'élan de Marie vers ces gens, mais je ne crois pas que ce soit comme certains l'ont dit, une volonté d'aider les autres. Je crois plutôt qu'il s'agit pour cette femme d'une planche de salut pour ne pas sombrer.
J'ai pris une grande claque à la lecture de ce livre.
Ce livre est profondément déprimant, je ne pourrais pas en lire plusieurs d'affilée...



2007-11-07Note : 4/5
Totale incompréhension
La lecture de ce livre m'a rendu furieux. Non pas à cause de la manière dont la police traîte les réfugiés mais à cause de la façon dont Marie se comporte. Comment peut-elle délaisser son mari et ses enfants pour s'occuper de ces réfugiés. Certes, elle s'ennuie à mourir, elle déprime mais de là à dépenser leur peu d'argent qui leur reste pour ces sans abri...
D'un autre côté, j'ai été séduit par la manière dont l'auteur raconte les faits. Il a cette faculté de vous faire ressentir les personnages en vous. A chaque instant, j'ai éprouvé le stress de cette mère, l'angoisse du père et la peur de ces enfants.



2007-11-03Note : 4/5
Et moi, l'aurais-je fait ?
Une femme en détresse qui plaque tout : sa famille, ses enfants, son argent pour s'occuper de réfugiés dont le sort est scellé d'avance. Elle retrouve sa force, une raison d'être, et développe un sens du partage et du don de soi qui la conduisent à certains extrêmes où elle quitte la normalité d'une vie qui semblait virer au désespoir.
Un roman qui sonne une détresse mais qui nous met dans le sens profond de l'individu et des valeurs qui l'animent. Et de me plonger dans cette réflexion : à sa place, qu'aurais-je fait ? Cette femme décide de ne pas l'ignorer et engage un combat, certes inégal, mais au combien humain.
Ce livre laisse une trace en vous, vous interpelle.

2007-10-16Note : 5/5
un roman inoubliable
Marie est là, seule dans sa cuisine, le nez collé à la fenêtre où il n'y a rien.
Rien au milieu de millions de maisons identiques, aux murs crépis de pâle, de beige, de rose, de millions de téléviseurs allumés dans des salons Conforama. Millions d'hommes et de femmes invisibles, indifférents, confinés, retranchés.... la vie banale des lotissements modernes....
Marie a deux enfants adorables, un mari qui l'aime, qui lui rapporte des "Gala", des "Voici" pour la distraire....
Marie revoit sa jeunesse, sa soeur, son fiancé qu'elle épousera, les jeunes anglais qui venaient se saouler à Calais avec le coup de poing facile, mais gentil avec les petites françaises.....

Olivier Adam plante ainsi le décor dans son dernier livre "A l'abri de rien "
Mon grand, mon très grand coup de cSur de cette rentrée littéraire. Une écriture crue, limpide, pleine d'humanité.

Cette vie est bouleversée quand un jour Marie rencontre les "Kosovars"
ces réfugiés dont nul ne se soucie et qui errent abandonnés à Sangatte
Marie sera dépassée par la force de ses sentiments.

Ce roman est inoubliable, ce n'est pas une histoire qui culpabilise, ce n'est pas une histoire sur les centres d'hébergement et les accueils d'urgences, ce n'est pas une histoire politique, juste une histoire d'une femme qui fait l'expérience de la compassion jusqu'à la folie, une folie mystique qui la plongera dans les ténèbres....

Je ne vous dévoile pas la fin.............

2007-09-22Note : 4/5
Au coeur de l'humain
« Comment ça a commencé ? Comme ça je suppose : moi, seule dans la cuisine, le nez collé à la fenêtre où il n'y a rien. » Ainsi commence le monologue de Marie, l'héroïne de ce brillant roman. Marie est une funambule de la vie, un être à fleur de peau tenant en équilibre précaire grâce à l'ombrelle que constituent son mari et ses deux jeunes enfants. Une vie déprimante dans un quartier pavillonnaire comme il en existe tant, où il ne se passe rien. Jusqu'au jour où, ayant crevé en chemin, un réfugié kosovar vient à son secours. Choc de la rencontre. Confrontée à une souffrance sans aucune commune mesure avec la sienne, elle réalise qu'à deux pas de chez elle, ils sont des centaines comme lui dont nul ne se soucie du sort, perclus de faim, de froid, traqués, errant dans l'espoir de pouvoir rejoindre clandestinement l'Angleterre. Des êtres dans le dénuement le plus total auxquels jusqu'alors, elle n'avait pas prêté attention. La vie de Marie bascule. Cette prise de conscience violente rompt son fragile équilibre et la conduit à abandonner mari et enfants pour épouser la cause de ces réfugiés, laquelle donne enfin du sens à sa vie. Et de leur offrir de son temps, de son argent, de son soutien, de s'engager totalement...au risque de se laisser dépasser... et de se perdre.
La violence que la société inflige aux plus faibles, en l'occurrence ici les réfugiés de Sangatte, fait de ce livre un récit très engagé, montrant la volonté de l'auteur de prêter parole aux sans-voix, de dénoncer l'aberration qu'il y a pour ces clandestins et sans-abri à se retrouver « coincés dans cette ville parce qu'on les empêche d'aller ailleurs, traqués et harcelés avec une violence injustifiable parce qu'ils y restent »... Cette inhumanité qui frappe les plus démunis est l'affaire de chacun nous rappelle t-il, ou comment faire l'expérience du don et de la compassion.
Olivier Adam n'a pas son pareil pour explorer les failles des êtres, opérer avec une justesse chirurgicale à la mise à nu des sentiments, des émotions. Avec un style parfaitement maîtrisé, fluide, rythmé, tendu, il nous happe et nous catapulte au caeur du récit dès la première phrase. Un roman dense, imagé, qui se lit au rythme d'une course, le caeur serré.
Remarquable.



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