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Le quai de Ouistreham

Le quai de Ouistreham

Auteur :

Editeur : Editions de l'Olivier

Sélection Rue des Livres

« La crise. On ne parlait que de ça, mais sans savoir réellement qu’en dire, ni comment en prendre la mesure. Tout donnait l’impression d’un monde en train de s’écrouler. Et pourtant, autour de nous, les choses semblaient toujours à leur place. J’ai décidé de partir dans une ville française où je n’ai aucune attache, pour chercher anonymement du travail… J’ai loué une chambre meublée.

Je ne suis revenue chez moi que deux fois, en coup de vent : j’avais trop à faire là-bas. J’ai conservé mon identité, mon nom, mes papiers, et je me suis inscrite au chômage avec un baccalauréat pour seul bagage. Je suis devenue blonde. Je n’ai plus quitté mes lunettes. Je n’ai touché aucune allocation. Il était convenu que je m’arrêterais le jour où ma recherche aboutirait, c’est-à-dire celui où je décrocherais un CDI. Ce livre raconte ma quête, qui a duré presque six mois, de février à juillet 2009.

J’ai gardé ma chambre meublée. J’y suis retournée cet hiver écrire ce livre. »

Florence Aubenas

Née en 1961, Florence Aubenas a fait la plus grande partie de sa carrière de journaliste à Libération , avant de devenir grand reporter au Nouvel Observateur. Depuis juillet 2009, elle est présidente de l’Observatoire international des prisons.

19,30 €
Vendeur : Amazon
Parution :
269 pages
ISBN : 978-2-8792-9677-7
Les avis

L'avis de Rue des livres

Voici un ouvrage profondément ancré dans la réalité sociale et les difficultés rencontrées par les personnes en situation de précarité. Florence Aubenas, fidèle à ses engagements face aux problèmes de société, va vivre durant 6 mois dans les conditions d'une femme en recherche d'emploi. Son témoignage est bien entendu criant de vérité mais sans aucun misérabilisme. Elle fait traverser les épreuves, les espoirs et les déceptions au lecteur avec beaucoup d'empathie. Un livre qui se lit très bien, parfois émouvant mais jamais triste, simplement une réalité de vie qu'elle a souhaité partager. Certains détracteurs ont tenté de dénoncer la "facilité" de vivre de cette manière lorsque l'on sait que cela est provisoire et pour écrire un livre: peut-être, mais tous les auteurs n'ont pas cette capacité et cette initiative de Florence Aubenas est à saluer.
Marie-Laure

Vos avis

J'ai lu cet essai de Florence Aubenas. J'ai moi même traversé cette galère mais trop c'est trop, une bonne partie de ce livre est pure fiction !

Cantipou

Grand reporter au Nouvel Observateur, la journaliste Florence Aubenas a toujours, dans les nombreuses affaires qu’elle a couvertes, revendiqué d’un engagement citoyen, d’une volonté de faire entendre les voix de ceux que l’on n’entend jamais. Reportages en Afghanistan ou au Rwanda, otage en Irak en 2005, procès d’Outreau, conditions de détention dans les prisons….elle a été de tous les combats sociaux, sur tous les fronts, et est devenue l’une des figures majeures du journalisme d’investigation.

Parce que ces derniers temps on a beaucoup parlé de la crise, elle a décidé de mener sa propre enquête pour témoigner de ce qu'est, aujourd'hui, le marché du travail dans la France d'en bas.
Comme en son temps le journaliste indépendant Marc Boulet avec « Dans la peau d’un Intouchable » ou l’allemand Gunther Wallraff avec « Tête de turc », c’est un travail en immersion qu’a réalisé Florence Aubenas, au plus près de la « basse humanité », à savoir la cohorte des anonymes qui se démènent sans compter pour moins de 700 € par mois. Elle est donc partie dans une ville française, rechercher anonymement du travail.
C'est dans la ville de Caen qu'elle a posé ses valises et s'est inscrite au chômage avec pour mission d'arrêter son enquête le jour où elle trouverait un CDI.
Sa quête a duré 6 mois, de février à juillet 2009. Ce récit raconte son parcours.

Propos pertinents, observations justes et subtiles des aberrations du système, portraits plein de finesse, de sensibilité et de drôlerie de ses compagnons d’infortune, Florence Aubenas s'est très consciencieusement immergée dans son rôle de femme sans qualification en recherche d'emploi.
Des rendez-vous à Pôle-Emploi en passant par les réunions de formation ou les salons de l'emploi, c'est le long chemin de croix du chômeur que l'auteur nous raconte, un véritable parcours du combattant, une quête chaotique et bancale pour trouver ce qui, aujourd'hui, fait de plus en plus défaut : un travail sûr et stable, un CDI.
A la clé, c’est bien souvent un emploi des plus précaires, tout au plus quelques heures de ménage où il faudra avaler plusieurs dizaines de kilomètres de bitume, que les plus chanceux arriveront à dégoter sans se plaindre, avec cette incroyable énergie dont savent faire preuve les plus démunis.

Qu’on ne se méprenne pas, « Le quai de Ouistreham » n’est pas un livre triste destiné à faire pleurer dans les chaumières. Bien au contraire, ce récit profondément sensible et humain, qui se lit avec la facilité d’un roman, est un récit de vie dans lequel Florence Aubenas, avec une grande empathie, sait montrer les petites joies, les faiblesses, les déterminations, le sens de la débrouille et du partage. Un témoignage social que l'amitié et la solidarité viennent alléger…en pied-de-nez. Un livre authentique que beaucoup devraient lire….

Malaura

"Car, lorsque vous vous trouvez au seuil de la misère, vous faites une découverte qui éclipse presque toutes les autres.. Vous avez découvert l'ennui, les petites complications mesquines, les affres de la faim, mais vous avez en même temps fait cette découverte capitale: savoir que la misère a la vertu de rejeter le futur dans le néant. (Georges Orwell: Dans la dèche à Paris et à Londres; 1933). Florence Aubenas a peut-être découvert cela dans sa plongée au milieu des "précaires". Tout en ayant à l'esprit que, elle, elle pouvait en sortir à tout moment. Reconnaissons-lui le courage de l'avoir fait et de l'avoir raconté honnêtement et avec brio.

foxie

Un parfum de Zola
Il y a dans l'ouvrage de Florence Aubenas le chant social du parcours du combattant qui sue à sang pour trouver un semblant de job nécessaire à sa survie afin de retarder les échéances des sans espoirs des bannis de la vie.

Toto

Quand la pauvreté devient médiatique, et qu'elle rapporte des droits d'auteur... Que pouvons nous faire avec cet étrange paradoxe éternel :
dénoncer la misère et enrichir les éditeurs et les auteurs...Soyons optimistes, peut-être que l'intégralité des sommes rapportées sera reversée en monnaie sonnante et trébuchante à tous ceux pour qui cette misère, ce déni d'existence est leur pain quotidien

ymerocean

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