| Facades De Kaiser Weil Editeur : Verdier Parution le : 6 Août 2005
Strasbourg est enrobée de sucre rose, en hiver, le soir. Le livre auquel nous avons travaillé n’est pas un relevé des réussites de l’Art Nouveau en Alsace. Il n’y a pas de Gaudi strasbourgeois. Messieurs Walter, Stecher, Lüthke ou Backes délirent, mais à aucun moment n’accèdent à un mode d’expression inouï, à la grande forme monstrueuse et attendue : nous ne leur consacrons aucune monographie.
Nous disons qu’ils délirent? à quel propos. J’en vois qui ne délirent nullement, dans le fond. Mais les autres : c’est presque toujours référentiel. On s’invente une Renaissance allemande (de façon plausible) ou Florence (là, c’est raté), Venise, Cosi fan tutte à la façon de Richard Strauss, des chevauchées spectrales à travers les sapins, Gustave Doré, en vrac. Erckmann Chatrian, Hoffmann ou Lenz. Même l’Egypte. Il y a une rêverie du passage du siècle. Aucun style, ou tous à la fois. « Aucun peuple ne les porte. » |