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Le sablier vert

Le sablier vert

Auteur : Michel Jeury

Editeur : Le Navire en pleine ville

Si l’Empire a rejeté la technologie et prône le refus du développement scientifique pour libérer l’homme de ses contraintes, ce n’est pas sans imposer d’autres limites à ses sujets. Taël, un jeune archéologue, se doit de les contourner s’il veut retrouver, dans les ruines de Dirak, le mythique Sablier Vert, dont on dit qu’il a toutes les réponses aux questions que l’Homme se pose. Mais il faut aussi savoir poser les bonnes questions, et le voyage de Taël entrouvre des portes sur l’avenir, sur les avenirs possibles, et sur le chemin qui mène à la maîtrise de sa destinée. Le temps est un sable vert dit le sage, et finalement, c’est la façon dont il s’écoule qui rend le monde si exaltant.

Réédition très attendue des amateurs de science fiction, Le Sablier Vert, publié à l’origine par Gérard Klein dans la collection L’Age des étoiles, est un de ces petits chefs d’œuvre qui émaillent la carrière de Michel Jeury. Son ton enlevé, son rythme soutenu, pensé pour les jeunes lecteurs, n’a rien à envier aux œuvres pour adultes de son auteur, qui mêle philosophie et interrogations sur le monde à un récit d’aventure passionnant. Le thème majeur de l’ouvrage – « comment construire son avenir permet de construire celui du monde » – ne peut que résonner profondément dans le cœur des adolescents d’aujourd’hui confrontés à des choix de société douloureux, et qui aspirent à réinventer le monde, mais il enchantera tout autant les lecteurs de science fiction adulte par sa poésie et l’élégance de son message et de son style.

Comme tous les grands ouvrages de SF, Le Sablier Vert interroge chaque lecteur sur sa place dans la société, mais aussi sur la pérennité du monde dans lequel il vit, son rapport au temps et à l’histoire, tout en l’entraînant aux côtés de ses héros dans une aventure pleine de rebondissements et de chausses trappes qui maintient, sans répit, en haleine.

17,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
301 pages
ISBN : 978-2-9165-1714-8
Extrait

Taël Ohelen sursauta quand la sonnerie du téléphone retentit. Il avait vingt-cinq ans et il n’était pas particulièrement nerveux. Mais il n’avait guère l’habitude d’entendre ce bruyant signal. À Stagamabo, seuls quelques hauts fonctionnaires impériaux et deux ou trois dizaines de riches familles possédaient un téléphone privé. Omir Fenseng se leva en souriant. - Je vais répondre. Tu permets ? Taël inclina la tête… Archéologue, spécialiste de la période de haute technologie qui avait précédé la naissance de l’Empire, il savait qu’un siècle et demi plus tôt un fabuleux réseau de communications couvrait Nova Persei, reliant des dizaines ou des centaines de millions de postes. En y songeant, il éprouvait une étrange impression de fierté et de regret mêlés. Et d’espoir aussi. Un certain nombre de jeunes Perseiens, comme lui-même, s’étaient jurés de reconquérir la puissance et la richesse ancestrales. Si ce n’était pas un mythe… Omir surgit à la porte du luxueux salon et, d’un signe, invita son ami à le suivre. - C’est pour toi. Taël eut un geste de surprise. Pour lui ? Qui pouvait savoir qu’il se trouvait chez Omir Fenseng, Vice-Ministre impérial des Territoires extérieurs ? Même Djadine, son assistante et compagne, ignorait tout de ses relations avec Omir… Le téléphone, un lourd combiné de métal, était fixé sur un socle de bois ouvragé. Il occupait l’angle d’une table de travail, surchargée de papiers et de journaux, au milieu d’une grande pièce claire, carrée. Un côté du carré était une immense baie qui s’ouvrait sur un verger de cerisiers en fleur. Taël porta l’écouteur à son oreille avec une certaine appréhension. - Bonjour Professeur, dit une voix inconnue. Je suis l’administrateur Nor Karendal. Taël sourit. Il n’avait aucun droit au titre de professeur. Il avait abandonné successivement le Collège impérial de Staga, l’Université et l’École centrale des sciences humaines d’Eristan. Et il ne possédait aucun diplôme - ce qui ne le gênait pas trop… - Mes respects, Monsieur l’Administrateur impérial. - Pas de protocole entre nous, mon cher. Notre ami commun le Vice-Ministre m’a dit qu’il vous intéresserait peut-être de participer à une expédition que j’organise. Nous partons dans un peu moins de trente jours vers le Sud, le désert Gonda, les grandes plaines. Nous irons peut-être jusqu’à la mer. Et nous passerons à proximité de Dirak. Qu’en dites-vous ? Taël se retourna vers Omir qui regardait par la fenêtre, la tête levée et las mains croisées derrière le dos. Très bien, pensa Taël. Il veut que je me joigne à l’expédition de Karendal. II a combiné ça depuis longtemps. Nous verrons. - Je ne peux pas vous répondre immédiatement, Monsieur l’Administrateur impérial. Laissez-moi le temps de la réflexion. L’interlocuteur, au bout du fil, eut un léger rire. - Vous avez encore plusieurs jours pour prendre une décision. J’aimerais vous rencontrer pour vous exposer mes projets. Pouvez-vous me rendre visite à ma propriété personnelle de Djamrock ? Taël n’hésita qu’un instant. Leur commune passion pour la quête du Sablier vert avait créé entre Omir Fenseng et Taël Ohelen des liens presque fraternels. Omir essayait peut-être de le manœuvrer, mais il ne pouvait le trahir ! - Je crois que c’est possible, dit-il ; mais je ne… Il se décida brusquement. Depuis des années, il cherchait une occasion de visiter les ruines de Dirak… - Très bien… Je viendrai, Monsieur l’Administrateur impérial.

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