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Car si l'on nous sépare

Car si l'on nous sépare

Edvard Munch et sa muse

Auteur : Lisa Stromme

Editeur : HarperCollins

Edvard Munch et sa muse.

Une interprétation sensuelle, enchanteresse de la genèse du Cri d'Edvard Munch, l'un des tableaux les plus connus au monde « Je me mis au défi de prononcer son nom au grand air, marchant avec vigueur pour assourdir le son de ma voix. Je commençai par murmurer tout doucement ces deux mots qui sentaient le soufre. Puis je lâchai son nom à voix haute. Edvard Munch. » Norvège, 1893. Le petit village de pêcheurs d'Åsgardstrånd se prépare à l'arrivée de la noblesse mais aussi à celle d'un cercle d'artistes très controversés, la Bohême de Kristiania. Tous viennent profiter du fjord, dont la lumière estivale décuple la beauté.

Johanne Lien, la fille d'un modeste fabricant de voiles, devient le temps d'une saison la servante de l'impétueuse Tullik Ihlen. La jeune femme l'entraîne dans sa passion pour Edvard Munch, dont les toiles scandalisent les estivants. Johanne est captivée par l'émotion brute qui se dégage de l'oeuvre du peintre et accaparée par la liaison secrète qu'il entretient avec Tullik. Mais très vite, elle comprend qu'elle devra dissimuler bien plus que des rendez-vous amoureux...

Lisa Stromme donne vie à un amour tumultueux dans un premier roman envoûtant sur l'innocence, la créativité et le désir, dans la lignée de La Jeune fille à la perle.

19,90 €
Vendeur : Amazon
Parution :
336 pages
ISBN : 979-1-0339-0023-8
Les avis

La réécriture de la vie d’un peintre, y compris sous l’angle purement romanesque est un exercice malaisé .Lisa Stromme, auteure de Car si l’on nous sépare se sort avec brio de cette embûche .Nous sommes en 1893, en Norvège, patrie d’Edvard Munch, peintre le plus célèbre de ce pays, dans le petit village de pêcheurs d’Asgardstrand .Johanne Lien, fille d’un fabricant de voile, est embauchée le temps d’une saison chez Les Ihlen, famille bourgeoise .Elle se lie avec l’une des filles de la maison, Tullik Ihlen , qui va lui présenter bientôt Edvard Munch, et l’introduire dans le monde de la bohème et des artistes, univers inconnu de cette jeune fille promise à Thomas, un martin-pêcheur du village qui envisage de l’épouser.
Le roman de Lisa Stromme est articulé par chapitres, chacun traitant d’une couleur ou d’une technique de l’art pictural .Ces titres de chapitres sont inspirés de l’œuvre de Goethe « Traité des couleurs ». Au-delà de ce découpage, c’est la découverte par les deux principales héroïnes du roman, Johanne et Tullik, qui nous est offerte par Lisa Stromme. Ainsi, de la perspective de l’émancipation, de l’exercice du libre arbitre que Johanne pressent en écoutant son amie évoquer Hans Jaeger, peintre norvégien : « il a été interdit et Jaeger a été jeté en prison (…) il y est question d’amour libre, d’une société libre, du libre arbitre. »
Plus les rencontres avec Munch s'intensifient, à l’insu de la famille de Johanne et de celle de Tullik, dont les parents ne sont pas loin de considérer Munch comme un artiste dégénéré, plus la curiosité de Johanne s’aiguise Elle pose des qu'étions essentielles : sur le désir de peindre, sur les motifs profonds de se consacrer à cet art : « Ne peins pas ce que tu vois, Johanne, m’intima Munch, en me tendant sa palette .Peins ce que tu ressens , cherche la lumière. »
Le moment le plus intense du roman, c'est sans doute la tentative d’explication par Jehanne de la célèbre toile Le Cri qu’elle découvre presque par hasard , posée par terre, dans l'atelier de Munch : »Et ressentir cette force, c'était éprouver la terreur d’être séparé de l’essence de notre être, la terreur de la séparation des âmes, la terreur de vivre dans un monde où il n’y aurait plus ni sens ni amour . »
Le roman de Lisa Stromme, de l’aveu même de l’auteure, est élaboré à partir de personnes réels, mais dont la vie est recomposée, réécrite pour les besoins de la fiction. C’est très réussi .L’évocation de l'œuvre de Munch est parfaitement amenée ainsi que la vie dans cette Norvège conservatrice, que Munch dépeignait dans son tableau : Soirée sur l’avenue Karl Johan.
Par sa technique d’écriture, l’utilisation de personnages réels à des fins intégralement fictionnelles, ce roman est dans la lignée de celui de Jean-Michel Genassia La valse des arbres et du ciel, qui remet en cause les circonstances et les causes réelles de la mort de Vincent van Gogh.

STEPHANE BRET

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