Au nom de l'art, 1933-1945: Exils, solidarités et engagements

Auteur : Limore Yagil
Editeur : Fayard

La fascination exercée par Paris dans toute l'Europe depuis le début du XXe siècle se traduit, dès avant le premier conflit mondial, par l'établissement d'un grand nombre d'artistes dans ce lieu de liberté d'esprit et de création. Grâce à un enseignement de qualité, les Académies de peinture ou de musique, notamment, attirent des Russes, Polonais, Hongrois, Tchèques ou Allemands, futurs fleurons de l'École de Paris, éminents interprètes de l'Opéra et du Conservatoire.Avec les différentes vagues de migration, dont les artistes juifs fuyant les persécutions, se sont constitués dans la Ville lumière des réseaux d'amitié avec des artistes français, filières qui s'actionnent sous l'Occupation et Vichy pour protéger et mettre à l'abri les victimes du régime. Si l'on connaît l'intervention de Sacha Guitry et d'Arletty en faveur de Tristan Bernard, il y en eut beaucoup d'autres, révélées par Limore Yagil.À la croisée de l'histoire culturelle et de l'histoire politique, l'auteur remonte aux origines de ces réseaux de solidarité, retraçant toute une géographie de l'entre-aide, et interroge la signification qu'il convient de donner à ces différents actes de désobéissance civile.Docteur ès lettres en histoire du XXe siècle de l'Institut d'études politiques de Paris, Limore Yagil est chercheur associée à l'université Paris IV-Sorbonne. Spécialiste de l'histoire politique et culturelle de la France sous l'Occupation, elle a notamment publié L'Homme nouveau et la Révolution nationale de Vichy (Septentrion, 1997) et une trilogie, La France, terre de refuge et de désobéissance civile 1944) (Le Cerf, 2010-2011).

28,50 €
Parution : Mars 2015
568 pages
ISBN : 978-2-2136-8089-7
Fiche consultée 29 fois

Vos avis

Un livre riche en faits en histoire concernant l'ensemble des artistes qui vivaient à Paris , capitale culturelle avant 1939. On y trouve les peintres de l'Ecole de paris, des musiciens arrivés de la Roumanie, de la Hongrie, de l'Allemagne, des danseurs à l'Opéra de Paris, des danseurs dans les cabarets, des acteurs dans les nombreux théâtre de la capitale, des acteurs et des cinéastes, des mécènes, etc. C'est le seul ouvrage qui se focalise sur l'ensemble des artistes , juifs et non juifs, qui prend en compte les actes d'aide et de sauvetage, nombreux qui ont permis à la majorité des artistes juifs en France avant 1939, de survivre, surtout en France et notamment dans le sud - Marseille, Avignon, Nice, cannes, Toulon, Cagnes sur Mer, Toulouse, Lyon, etc et également en Suisse - grande nouveauté de cet ouvrage, et aux Etats-Unis. C'est une véritable synthèse que nous propose l'auteur, en démontrant que les artistes majoritairement non politisés comme les intellectuels, étaient prêts à s'engager en faveur d'autres artistes en danger - Juifs , étrangers, résistants etc, pour les aider à trouver un travail de manière illégal, de trouver un endroit pour se cacher sous une fausse identité, de les soutenir, de les protéger de différentes façons, tout en prenant des risques. Les exemples de Jean Cocteau, Arletty, Maurice Chevalier, Sacha Guitry, Alfred Cortot, Jacques Prévert, etc sont mentionnés avec détail et panache, démontrant que ses artistes étaient prêt à s'engager au nom de l'art pour secourir leurs amis artistes, notamment Juifs. Le style est facile à lire. Un livre stimulant et enrichissant, à lire pour mieux connaître la période de l'Occupation, l'avant-guerre et l'après 1945.
Georges Felloche