Manifeste du cinéaste
Une première partie du livre décrit les fonctions et les responsabilités du cinéaste. Aussi étrange que cela puisse paraître, aucun ouvrage sur les cinéastes n'existe en France. Il y a bien de nombreuses biographies ou livres d'entretiens de cinéastes, quelques rares essais théoriques, mais pas de livre expliquant les différentes étapes de la réalisation d'un film, pas d'ouvrage permettant de comprendre avec des exemples concrets les enjeux de la mise en scène cinématographique. Comme l'indique Michaël Lonsdale dans la préface, ce livre sera utile à tous les étudiants en cinéma, tous ceux qui se destinent ou qui travaillent déjà dans le domaine du film. Mais il passionnera aussi tous ceux qui veulent connaître "l'envers du décor". Le Manifeste du cinéaste aborde avec franchise les prises de pouvoir, les rapports de force qui peuvent exister sur un plateau, avec les techniciens, avec les acteurs, entre la production et le cinéaste. Le Manifeste du cinéaste n'est pas un "livre de recettes" ou un "manuel du parfait réalisateur". Tout l'intérêt des cinéastes réside dans leurs diversités, dans la manière chaque fois unique qu'ils ont d'aborder la préparation, le tournage, le montage de leurs films. Quelle que soit la personnalité du cinéaste, il aura toujours à répondre différemment à des questions similaires... et c'est donc ces questions qu'il s'agit de cerner. Une deuxième partie aborde la question de l'"exception culturelle" et de la place de l'art dans le monde marchand. Peut-on à la fois défendre l'art pour l'art et ne pas se soucier des contraintes économiques ? Il suffit d'observer le mode de financement des films par la télévision, pour constater que les projets soutenus visent avant tout à être compatibles avec une diffusion en prime time. La recherche du plus large public n'a en soi rien d'artistique... Le Manifeste du cinéaste oppose le modèle cinématographique français au modèle économique hollywoodien, qui renvoient à deux philosophies différentes du monde. Frédéric Sojcher montre la propension du cinéma français à s'américaniser dans son mode de fonctionnement. Dresser l'état des lieux du cinéma français et du cinéma européen, c'est aussi s'interroger sur la pérennité du cinéma comme art populaire. En annexe, Le Manifeste du cinéaste évoque l'enseignement du cinéma et pose la question : l'art de la mise en scène cinématographique peut-il s'apprendre ?
