Le Roman de Madrid
1808 - 2008 : l'Espagne célèbre cette année le bicentenaire des fameux «Dos et Tres de Mayo», ces journées héroïques et tragiques, immortalisées par le génie de Goya, qui virent le soulèvement de Madrid contre l'invasion napoléonienne et le début de la guerre d'Indépendance espagnole. Un prétexte de plus, s'il en était besoin, pour consacrer à la capitale de l'Espagne (après Séville et Tolède) un volume de la collection «Le Roman de...».
La rédaction de cet ouvrage a été confiée à Philippe Nourry, (grand reporter et chroniqueur au quotidien «Le Figaro» puis à l'hebdomadaire «Le Point», actuellement critique littéraire à «Valeurs actuelles»), hispanisant reconnu, auteur de deux importantes biographies : «Franco, la conquête du pouvoir, Denoël, 1975) et «Juan Carlos, un roi pour les Républicains», Le Centurion 1986, Planeta (Barcelona) 1986, 2004 et Booket 2005. Familier de l'Espagne à laquelle il s'est attaché tout jeune, l'auteur n'a pas attendu de devenir journaliste pour consacrer à ce pays des articles qui lui valurent en 1970 le Prix Albert Londres et qui furent suivis de beaucoup d'autres. Dès ses années d'étudiants, dans les années cinquante et soixante, il sillonnait déjà la péninsule en curieux et en aficionado. Depuis lors, il n'est guère d'années où il n'a fait au moins un ou deux séjours en Espagne, notamment à Madrid dont il a pu suivre sur plus de quarante ans l'évolution spectaculaire. L'introduction de son livre raconte sa propre initiation à l'Espagne et à sa capitale et invite le lecteur à mieux comprendre l'âme de cette ville telle qu'il l'a, lui-même, peu à peu découverte et approfondie. Les vingt-cinq chapitres qui suivent déroulent la vaste fresque d'une Histoire qui souvent se confond - inévitablement - avec celle du pays, surtout à partir du règne de Philippe II, lorsqu'elle en devient la capitale, en 1561. A ce titre, on pourra prendre ce «Roman de Madrid» comme une vaste fresque, érudite mais jamais pesante et toujours personnelle dans son approche, de l'Histoire d'Espagne où rien d'important n'est oublié, mais privilégiant toujours la vie madrilène qu'elle soit anonyme ou représentée par ses figurants les plus flamboyants («Don Juan d'Autriche, frère solaire de Philippe II») ou les plus romanesques (La comtesse d'Aulnoy, une espionne de Louis XIV à la cour d'Espagne).
La petite histoire éclaire ainsi la grande, le point de vue des témoins directs, chroniqueurs, voyageurs, la fait revivre et l'humanise. L'anecdote privilégiée donne la couleur du temps. Depuis la création sur son site d'un alcazar musulman au début du Xème siècle jusqu'à la grande capitale électrique, culturelle, luxueuse de trois millions d'habitants que nous admirons aujourd'hui, en passant par la «Villa y Corte» ce gros bourg administratif et pittoresque qu'il demeura longtemps (et longtemps aussi distancié par Barcelone), le destin de Madrid est bien d'un romanesque achevé, reflet vivant d'une Espagne qui a su, après tant d'épreuves, retrouver toute sa place au coeur de l'Europe et du monde.
