Le Champ des signes : Récurrences dérobées, aperçu sur l'unité et la continuité du monde physique, intellectuel et imaginaire, ou premiers éléments d'une poétique généralisée
André Breton mesurait la force des images à leur gratuité ; pour Roger Caillois, au contraire, il n'est rien qui n'obéisse à une même syntaxe dissimulée et déroutante. L'homme n'est plus le centre ni même le roi de la création, mais un hôte tardif et éphémère. Les manifestations du réel (ou de l'imaginaire) sont indissolublement articulées selon une seule et même cohérence qui, d'ailleurs, détermine leurs différents niveaux et s'y adapte. Les mêmes énergies complexes, souples, impérieuses, parfois retorses, donnent leur allure aux minéraux comme aux spéculations de la pensée et aux divagations du songe. Les mêmes postulations, les mêmes démarches organisent la matière inerte, la rigueur des sciences, la dérive de la rêverie. De ce déterminisme lyrique de l'imagination, Roger Caillois conclut au caractère limité, discontinu et indivisible de l'univers. A la recherche des évidences cachées, il découvre ici, entre la matière et la pensée, les constantes d'une "poétique généralisée".
