Blackwater : L'ascension de l'armée privée la plus puissante du monde
Comment une société privée américaine a-t-elle pu réussir, en un peu plus de dix ans, à devenir le plus grand prestataire de service de l'armée américaine et la plus puissante armée privée du monde ?
Bestseller aux USA et en Europe, ce document brûlant et acclamé par Naomi Klein, montre les rouages de la privatisation partielle d'un secteur public hautement politique : celui de l'armée et de la sécurité. Cette publication confère aux élections américaines un enjeu particulièrement important et peu connu.
50 % des soldats américains déployés en Irak sont en fait de simples employés de sociétés privées. Et l'Irak n'est que l'un de leurs champs d'action.
Blackwater est un document qui se lit comme un roman tout en étant parfaitement sérieux et précis dans l'utilisation de ses sources et témoignages. Les débuts de cette société révèlent l'imbroglio entre politique et business, notamment le rôle des «theocons[ervatives]», ce groupe puissant de lobbying en faveur de Bush (et actuellement pour McCain) dans lequel se sont unis les conservateurs catholiques et protestants. A partir des années 90, grâce à Dick Cheney, le Pentagone a donc commencé à faire appel à des « contractuels ».
Le 11 septembre 2001 leur a fourni un champ d'action infini, et, soutenues par Donald Rumsfeld, les sociétés comme Blackwater ont pu prendre une importance phénoménale.
Un chapitre important de cette histoire inquiétante concerne les opérations militaires à Falluja (Irak), théâtre de nombreux massacres des deux côtés, d'une attaque aérienne américaine au phosphore blanc, de représailles... Quatre membres de Blackwater ont été pendus et exposés sur un pont. C'est ainsi que le monde a appris l'existence de soldats privés en Irak.
L'enquête de Scahill montre les stratégies de dissimulation, et aussi comment ces soldats ont obtenu rapidement un statut au-dessus de la loi américaine. Les pires crimes de guerres qu'ils ont pu commettre risquent de ne jamais être jugés aux USA.
Depuis, le comportement des employés de Blackwater en Irak a fait l'objet d'une audience au Congrès, et Scahill en relate les inquiétantes révélations. L'ascension fulgurante de la société Blackwater se présente ainsi comme la privatisation partielle « réussie » d'un service public, c'est-à-dire, un triomphe pour l'économie ultralibérale. C'est l'impact anti-démocratique de la firme et de ses agissements qui intéresse l'auteur.
Comment a-t-elle pu décrocher les marchés publics et se rendre, petit à petit, indispensable ? Comment le lobbying a-t-il déjoué l'opposition ? Où la firme a-t-elle trouvé son armée forte de plusieurs centaines de milliers d'hommes (en partie au Chili, chez les hommes formés sous Pinochet) ? Comment est-elle organisée ? Où s'entraîne-t-elle ?
Les différentes stratégies de la firme sont décryptées et analysées d'un point de vue politique et économique. Nous voilà prévenus.
Menée par un journaliste de talent et saluée par Naomi Klein comme « un triomphe du journalisme d'investigation », cette enquête révèle les enjeux internationaux du nouveau business de la guerre et de la sécurité. Désormais, n'importe quel conflit dans le monde rapporte des millions à des sociétés privées. Et l'Amérique n'est plus dépendante de ses nations alliées. Il ne faut pas s'attendre à ce que cette nouvelle donne favorise la paix dans le monde.
Entre sécurisation d'un gouvernement, protection d'une représentation diplomatique, formation des armées, approvisionnement en forces vives et entraînement des troupes d'élite locales, les clients potentiels ne manquent pas. En Afrique, il y a déjà des guerres où la même société privée fournit des prestations de service aux deux belligérants.Blackwater est un livre brûlant d'actualité, et il confère aux élections américaines un enjeu particulièrement important et moins rebattu.
