Histoire littéraire du sentiment religieux en France
La France moderne est née au siècle de Louis XIV, pas seulement avec le classicisme profane, mais aussi grâce une tradition spirituelle qu'a magistralement repérée et décrite l'abbé Bremond entre les deux guerres mondiales. Son énorme Histoire littéraire du sentiment religieux est de nouveau accessible grâce à ces morceaux choisis qui en restituent l'essentiel.
Dans l'entre-deux-guerres, Paul Claudel et Julien Green, parmi des dizaines de milliers d'autres, guettaient impatiemment la parution des nouveaux volumes de l'Histoire littéraire du sentiment religieux en France, qui a éclairé des générations de lecteurs. L'abbé Bremond leur révélait que ce qu'il y a de plus intéressant dans la religion, ce n'est pas tant son poids sur la morale ou son rôle social que la relation qu'on peut avoir avec Dieu, faite d'épreuves plus que d'extases et de fascinantes théorisations autant que d'expériences. Son oeuvre, monumentale, demeure un des grands classiques de la spiritualité. L'auteur y présente et cite abondamment les maîtres de l'" École française " du XVIIe siècle. Il montre qu'elle ne se limite pas au jansénisme de Port-Royal et que les dévots du temps de Louis XIII et de la Fronde sont d'une autre trempe que le Tartuffe de Molière : ils ont une profondeur et une éloquence qui n'ont rien à envier à celles des grands mystiques du Siècle d'Or en Espagne.
Bremond s'intéresse surtout à la vie intérieure de grands fondateurs comme saint François de Sales, Pierre de Bérulle ou saint Vincent de Paul. Il fait découvrir, autour des ces personnalités que l'on croit seulement connaître, des foules d'auteurs encore trop ignorés, dont l'aventure spirituelle garde toute sa pertinence aujourd'hui. Les 11 volumes de l'Histoire littéraire du sentiment religieux étaient devenus pratiquement introuvables. Les passages les plus suggestifs et représentatifs en ont été sélectionnés et rassemblés ici, en respectant le plan général et sans négliger aucune partie, afin de rendre enfin mieux accessible la tradition spiri-tuelle à laquelle la culture française doit autant qu'à Descartes, Pascal, Corneille, Molière ou Racine.
