D.H. Lawrence ou la poésie primordiale
Les grands romans de Lawrence (1885 - 1930) ont masqué sa poésie. Pourtant, elle célèbre le même panthéisme, la foi dans la vie, l'accord à la nature, la saine sensualité qui ont tant choqué en son temps. Il écrivait, dans un essai sur La Nécessité d'être : "Nous savons seulement que, surgis de l'innommé, de profonds désirs pénètrent en nous et que l'accomplissement de ces désirs contribue à la création..." Nourrie aussi des mythes antiques, la poésie de Lawrence est prémonitoire des aspirations à la liberté sexuelle, à l'amour de l'espace et de la vie naturelle. A la charnière de deux siècles, il relie Whitman à la génération d'Auden, avec une force lyrique dont les désastres de notre époque n'ont abîmé ni l'éclat ni l'instinctive pureté morale.
