Faux et usage de faux : (Versets satiriques)
Qui est-il vraiment, ce personnage antipathique, surgi dans l'imaginaire d'un auteur à succès, spécialisé dans les romans de gare, à qui son éditeur a commandé un bestseller sulfureux ? Il prétend être le Diable, et vouloir l'inspirer. Mais pas question de parler de péchés, qui ne sont qu'invention de curés, dit-il. Il est bien plus passionnant d'évoquer les vertus, dans ce qu'elles ont de plus attrayant : leurs perversions. Six vertus, six perversions, six récits en une seule histoire, qui parcourent le temps et l'espace comme les âmes et leur perdition.Les décors se suivent au fil des soirées qu'ils passent ensemble : le dîner chez l'éditeur (Rencontre devant un buffet italien), un château sombre dans la Prusse du début du XIXe siècle (La valse de l'automate), l'aile psychiatrique d'un hôpital français en 1950 (Le maléfice du Surmoi), les chantiers de construction d'une cathédrale au MoyenÂge (La chute du maître), la scène du théâtre de la justice (Le 6e juré), une prise d'otage dans le Bagdad d'aujourd'hui (Le sourire du soufi). L'amour, la relation parentale, le perfectionnement de soi, la recherche de la Vérité, la spiritualité, et la transmission, toutes ces vertus s'effacent devant le même principe : l'homme est la victime des excès des valeurs que la société impose. Heureusement que dans tout cela, tout est faux, à moins qu'il ne s'agisse d'un vrai dialogue intérieur avec nos propres démons.
