Alfred Jarry
Né dans une famille de négociants, Alfred Jarry entre à 15 ans au lycée Ambroise Paré avant de continuer ses études à Saint-Brieuc, puis à Rennes.
En 1891-1892, il est élève d’Henri Bergson et condisciple de Léon-Paul Fargue et d’Albert Thibaudet au lycée Henri-IV. Il échoue à l’École normale supérieure. Par ses publications, Jarry rencontre Marcel Schwob, Alfred Valette (directeur du Mercure de France) et sa femme Rachilde. C’est dans la maison du couple qu’il présente, en 1894, Ubu Roi. Il collabore au Mercure de France et à la Revue Blanche.
S’identifiant à son personnage et faisant triompher le principe de plaisir sur celui de réalité, Jarry a vécu comme il lui plaisait, avec ses trois attributs : la bicyclette, le revolver et l’absinthe. Il leur sacrifiera la respectabilité et le confort. L’humour lui a permis d’accéder à une liberté supérieure.
Le 28 mai 1906, Jarry écrit à Rachilde : « (Le Père Ubu) n’a aucune tare ni au foie, ni au cœur, ni aux reins, pas même dans les urines ! Il est épuisé, simplement et sa chaudière ne va pas éclater mais s’éteindre. Il va s’arrêter tout doucement, comme un moteur fourbu. » Épuisé, malade, harcelé par ses créanciers, il fait des allers et retours Paris-Laval et meurt de la tuberculose six mois plus tard, à l’hôpital de la Charité le 1er novembre 1907.
Ainsi, l’œuvre d’Alfred Jarry, au comique grinçant, met en scène de façon insolite les traits humains les plus grotesques. Jarry est l’un des inspirateurs des surréalistes et du théâtre contemporain. Une statue signée Zadkine consacre l’hommage de sa ville natale. |