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Une allure folle

Une allure folle

Poursuivant l'écriture de son roman familial, entamé en 2004 avec Ça ne se fait pas - un récit centré sur le geste meurtrier de sa mère qui, vingt ans auparavant, avait assassiné son époux volage, avant de se donner la mort -, Isabelle Spaak approfondit, dans Une allure folle, l'investigation engagée dans l'intimité disloquée de sa famille. Traquant les mensonges pudiques et les omissions hypocrites sur lesquels s'est construite la mémoire collective des siens, Isabelle Spaak en restitue le fil, reconstituant le destin de sa grand-mère, la fantasque Mathilde, de sa mère surtout, la secrète, apparemment vulnérable et pourtant si audacieuse Anny. Ce qui frappe et bouleverse, au-delà de l'intelligence et de la finesse de l'écrivain, c'est la qualité exceptionnelle de son écriture, toute de précision, de justesse, d'âpre délicatesse.
Nathalie Crom, Télérama - 15 Mai 2017

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Une soeur

Une soeur

Après Polina, qui décrivait l'apprentissage d'une danseuse, et la saga néo-manga Last Man, avec ses compères Balak et Sanlaville, Bastien Vivès retourne ici à ses premières amours, les histoires intimistes. A petites touches, en mettant l'accent sur la mise en scène et les cadrages, le dessinateur suit au plus près ses personnages principaux et leurs états d'âme en montagnes russes. Rien ne lui échappe, les regards en coin, le geste gauche, la posture mal assurée, l'instant si fugace où tombe le masque. Seuls comptent Hélène et Antoine — les autres : petit frère, copains, parents font de la figuration. Soucieux de tendre son récit, d'en accélérer la lecture, Vivès épure toujours plus son trait. Les décors sont simplifiés à l'extrême, les nez, les yeux souvent gommés pour ne garder que l'idée d'un visage. Rien ne heurte ou ne capte trop longtemps le regard, si bien qu'on a l'impression d'être devant une sorte de film dessiné, un story-board ultra léché. Vivès aurait-il inventé un nouveau genre : le roman (cinémato)graphique ?
Stéphane Jarno, Telerama - 15 Mai 2017

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Mémoires de guerre, Tome 1 : Mon rôle dans la chute d'Adolf Hitler

Mémoires de guerre, Tome 1 : Mon rôle dans la chute d'Adolf Hitler

Si pour vous le comique troupier se résume à La Septième Compagnie et aux Bidasses en folie, plongez-vous dans Spike Milligan (1918-2002), par ailleurs comédien et auteur de sketches, aussi connu outre-Manche que Coluche chez nous. Car si, chez lui, il y a du « troupier », il y a surtout du « comique ». Et un comique pétaradant, « hénaurme », grinçant, qui flingue à tout-va, certes pas toujours délicat (flatulences et grivoiseries y tiennent une place non négligeable) mais souvent hilarant... En septembre 1939, Milligan, 21 ans, est invité par Sa Gracieuse Majesté à prendre part aux combats qui s'annoncent. Nommé opérateur radio sur la côte sud du pays, il va répondre à l'absurdité de la guerre en multipliant farces et insubordinations, qui lui vaudront de partir pour l'Afrique du Nord. Premier des sept volumes des Mémoires de guerre ( !) de Spike Milligan, Mon rôle dans la chute d'Adolf Hitler frappe par l'insolente subversion de cet inadapté à l'héroïsme et à la discipline. S'il a été impuissant à enrayer l'ascension d'Hitler, Milligan a inspiré les Monty Python, qui lui vouaient un culte. Une autre sorte de victoire...
Hubert Prolongeau, Télérama - 15 Mai 2017

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L'âme des horloges

L'âme des horloges

Quel maelström ! Quels abîmes et vertiges, quels mystères et fascinantes obscurités... On sort sonné de cette invraisemblable Ame des horloges qui fait valser en quelque brûlantes huit cents pages l'ici et l'au-delà, l'éternité et l'instant, les morts et les vivants, l'hier et le futur. Un futur à demi détruit, avouons-le, par les abominables catastrophes naturelles qu'auront causées sur la planète la conduite irresponsable des hommes, leur mépris de la nature, leur volonté de puissance. Fable écologique, politique ? Récit de science-fiction ? Fresque familiale de 1984... à 2043 ? Le Britannique David Mitchell, 48 ans, brasse les styles à travers une écriture si détaillée, si visuelle qu'on pourrait se croire, encore, dans une de ces séries télé multiformes et cinglées dont on raffole. Ici, c'est le réalisme qui démultiplie l'imaginaire.
Fabienne Pascaud, Télérama - 15 Mai 2017

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Dans ce jardin qu'on aimait

Dans ce jardin qu'on aimait

Pour se distraire, un veuf éploré a composé un catalogue de chants d'oiseaux. Il inspire à Quignard une bouleversante cantate.
Nathalie Crom, Télérama - 15 Mai 2017

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À coups de pelle

À coups de pelle

En période d'agnelage, Daniel ne dort plus. Même si la nuit semble calme, les brebis proches du terme ont besoin de lui, de ses gestes précis. Dehors, un peu plus loin, le « grand gars » nourrit ses chiens, avant de partir pour la chasse aux blaireaux. Il les revendra cher à des organisateurs de combats illégaux. Deux hommes dans la nuit, telle la lutte du bien contre le mal, de la vie contre la mort. Le romancier gallois Cynan Jones compose pour eux une magnifique tragédie rurale, où la violence est silencieuse et la douleur intense. Les odeurs jouent un rôle essentiel dans ce livre, qui semble d'abord chuchoter. L'odeur des bêtes en train de vêler. Le parfum de l'épouse de Daniel, morte trois semaines plus tôt, et qu'il respire sur un foulard retrouvé. L'odorat des chiens qui se bousculent en pénétrant dans les terriers... Les gestes professionnels des deux personnages, que tout oppose, forment un ballet aussi précis que poétique. Tout en évitant la psychologie, Cynan Jones parvient à rendre l'émotion palpable : la stupéfaction du deuil, la solitude, la douleur de l'absence. Dans cette campagne galloise ingrate, on perçoit avec Daniel le bruit de la pluie sur la tôle ondulée, le vent qui s'infiltre, la danse des corneilles comme un murmure paisible et triste — en contrepoint, il y aura la brutalité perverse du braconnier, lançant le blaireau dans la fosse face aux chiens, sous les hurlements du public. Apparemment simple, ce roman est bouleversant. Dépouillé d'artifices, il dit la sauvagerie des hommes qui n'ont plus rien.
Christine Ferniot, Télérama. - 15 Mai 2017

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Eloge du peu

Eloge du peu

L'auteur confesse son passé de « sale type, parfaitement méprisable », de « jeune bon à rien dominé par l'orgueil », obnubilé par l'acquisition des derniers vêtements à la mode « pareils à une armure protégeant mon ego malingre ». Ce n'est pas son repentir qui fait l'originalité de son livre, mais la solution qu'il propose : apprendre à jeter. Très convaincante est sa démonstration des bienfaits de l'élimination volontaire de tout ce qu'on accumule en vain, et dont la possession laisse une trace encombrante dans l'esprit, même quand les objets ont été relégués aux oubliettes. Pour Koike, la sérénité vient quand le mental cesse d'être un entrepôt d'achats inutiles et peut se consacrer à la compréhension de ses besoins réels.
Marine Landrot, Télérama - 28 Avril 2017

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Un homme dans la foule

Un homme dans la foule

Jadis légendaire, aujourd'hui un peu oublié, l'écrivain et scénariste américain Budd Schulberg (1914-2009) fut un auteur engagé dès ses premiers livres : Qu'est-ce qui fait courir Sammy ? (1941), Plus dure sera la chute (1947), Le Désenchanté (1950)... Après avoir écrit pour Elia Kazan le script de Sur les quais (1954), Schulberg tira de sa nouvelle Your Arkansas traveler un autre scénario pour le cinéaste, qui en fit un film en 1957. On y découvre un certain Lonesome Rhodes, jeune chanteur folk issu du fin fond du Wyoming, embauché par une radio locale et dont le magnétisme brutal séduit l'audience. Bientôt, il se met à débiter des idées politiques, parlant « au nom du peuple » et se projetant sur le toit du monde : « En trois ans, je deviendrai un putain de milliardaire. J'aurai une demi-douzaine de voitures. J'aurai deux cents costumes. J'aurai un wagon privé et un yacht, peut-être même un avion [...] Et je dirai aux gens quoi manger, qui aider et quoi penser. » Charge virulente contre le populisme et les médias, Un homme dans la foule se lit, six décennies plus tard, comme une parabole étonnamment contemporaine. Terriblement con­temporaine...
Christine Ferniot, Télérama. - 28 Avril 2017

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Le miroir de Damas

Le miroir de Damas

Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences-Po Paris, n'est pas qu'un spécialiste de ce pays martyrisé. Il a tissé avec lui, avec ses habitants, un lien personnel. Le Miroir de Damas vibre de cet attachement. Il n'est pas seulement passionnant par son érudition, la vivacité de son style, ses qualités pédagogiques, il touche par l'urgence de son propos. Dans une démarche comparable à celle de son précédent ouvrage, Les Arabes, leur destin et le nôtre, Jean-Pierre Filiu montre à quel point la Syrie nous est proche, à quel point son histoire a façonné la nôtre. Et le scandale que représente l'abandon de ce pays à « l'horreur inimaginable » dans laquelle il est plongé. Renouer « avec la part de l'histoire universelle qui s'est déroulée là-bas », aujourd'hui largement méconnue, rétablir la vérité historique au sujet d'événements souvent instrumentalisés par les bourreaux du peuple syrien (Bachar el-Assad présenté en nouveau Saladin, par exemple), montrer les échos de cette histoire dans le présent : le livre y réussit en moins de 300 pages. Il ne s'agit donc pas d'un précis d'histoire de la Syrie, plutôt d'un itinéraire, en douze étapes de lecture aisée, de saint Paul sur le chemin de Damas jusqu'aux impasses actuelles d'une diplomatie dévoyée, miroir de notre monde tel qu'il devient. Ce livre ardent rappelle ainsi que c'est en Syrie qu'a commencé à grandir une chrétienté consciente d'elle-même, en Syrie également que l'Islam a acquis pour la première fois le statut d'empire avec la dynastie des Omeyyades.
Michel Abescat, Telerama - 18 Avril 2017

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La mort d'un homme

La mort d'un homme

« Assez mentir ! Vous savez tout aussi bien que moi que je me meurs », supplie Ivan Ilitch, et ce mensonge qui consuma les derniers jours du personnage de Tolstoï, Charles et Lael Wertenbaker n'en ont pas voulu. Charles Wertenbaker apprit, en septembre 1954, qu'il était atteint d'un cancer et n'en guérirait pas. « Mourir est la dernière chose que j'aurai la chance de bien faire. J'espère de toutes mes forces y réussir », dit-il alors à son épouse. Il s'éteignit trois mois plus tard, en janvier 1955, à 53 ans. Lael Wertenbaker prit alors la plume pour raconter les quelques semaines qui s'écoulèrent entre l'annonce du diagnostic fatal et le décès de son mari. La Mort d'un homme parut en 1957, récit sobre et grave, d'une rare franchise jusqu'à la dernière ligne, d'une troublante noblesse de bout en bout. Essoré de tout épanchement de tristesse, et comme exhaussé par ce choix de la pleine lucidité qui avait été celui de Charles face à sa mort annoncée — il avait récusé l'idée du suicide, fort du « sentiment qu'il devait à sa dignité d'être humain de faire l'essai de la souffrance avant de mourir ».
Nathalie Crom, Télérama - 10 Avril 2017

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Le dernier chômeur

Le dernier chômeur

À quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle, un livre de politique-fiction a quelque chose de rafraîchissant. Pour son entrée dans la carrière romanesque, D. J. F. Audebert raconte l'arrivée au pouvoir d'un nouveau président de la République et sa politique volontariste menée pour éradiquer le chômage.
Sebastien Lapaque, Le Figaro - 6 Avril 2017

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Mac et son contretemps

Mac et son contretemps

Qu'ils s'offrent à lire comme des romans ou comme des récits, toujours les livres insolites et brillants d'Enrique Vila-Matas jouent à entremêler le réel et la fiction, la narration et la ­réflexion sur l'écriture. « Je suis fait de tous les autres écrivains, en conver­sation avec eux » (1,) dit ce lecteur insatiable, virtuose de la métafiction, dont les ouvrages sont truffés d'allusions et de citations, affichées ou dissimulées, fidèles ou pastichées. Le jeu n'est pas gratuit, il est au con­traire spéculatif et grave, il interroge le geste littéraire et son origine, la dynamique des formes, leur potentiel à continuer d'approcher l'indicible de l'expérience humaine et à garder trace. Au coeur de l'espiègle et fantasque Mac et son contretemps, de la méditation de son personnage sur la répétition, « la reprise et le ressouvenir » (Kierkegaard), il est ainsi une mélancolie secrète et très proustienne, qui ne se révèle pleinement qu'aux ultimes pages — au terme de l'odyssée de Mac, où la littérature est mise au défi de conjurer le temps qui passe, de dire « la vie pure gardée à l'état pur ».
Nathalie Crom, Télérama - 27 Mars 2017

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Je me tuerais pour vous: et autres nouvelles inédites

Je me tuerais pour vous: et autres nouvelles inédites

Fitzgerald instille ce mélange d'ironie cruelle, de profonde mélancolie et de vraie âpreté qui est son climat de prédilection. Il nimbe aussi ces histoires d'une in­tangible mais prégnante sensation de précarité, de déséquilibre, sorte de prescience d'un désastre inévitable, qui contribue au caractère secrètement poignant de toutes ses fictions, nouvelles ou ­romans, et les extirpe toujours du réalisme banal. Mais la quintessence de l'art de Fitzgerald se manifeste sans doute dans ces si nombreux fragments de prose qui, tout à coup, semblent échapper à la narration, surgir de la page et se cristalliser, pour imprimer durablement sur la rétine ou l'esprit du lecteur une image, une sensation, une intuition — ainsi du sourire en coin d'une jeune femme, « pareil à une ­petite falaise blanche », des gratte-ciel new-yorkais « étincelant sous le soleil comme de pâles bulles de limonade dans le bleu du ciel », ou encore d'une jeune fille de retour d'un long voyage à l'étranger, et dormant « si profondément qu'on pouvait lire le rêve de ces contrées lointaines sur son front ».
Nathalie Crom, Télérama - 27 Mars 2017

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Le fou du roi

Le fou du roi

Peintre internationalement reconnu et écrivain couronné de nombreux prix, Mahi Binebine vient, selon ses propres termes, d’une famille marocaine totalement « shakespearienne ». Pendant trente-cinq ans, de 1965 à 1999, son père a été le bouffon d’Hassan II. Par « bouffon », il faut entendre homme de culture. Un personnage qui fait rire certes, mais qui est aussi un intellectuel au service du monarque. Vie de cour, grâce et disgrâce, flagorneries et génuflexions : de cet emploi à hauts risques, le père se tire plutôt bien… jusqu’en 1971. « Jusqu’à ce coup d’Etat inratable et pourtant raté. Jusqu’à ce que l’on découvre surtout que mon frère était parmi les mutins ! » Surprise. Epouvante. « Mon père était alors caché avec le roi, tandis que mon frère arpentait le palais les armes à la main… » C’est ce drame familial et ses terribles conséquences que Mahi Binebine raconte ici. Une histoire dont il a mis longtemps à se délivrer. Une histoire qui a presque la profondeur et la portée d’un mythe antique.
Florence Noiville, Le Monde des Livres - 22 Mars 2017

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Réveillon

Réveillon

Pierre Mérot dépeint la vie mouvementée et loufoque des locataires d'un immeuble parisien, par un jour d'hiver. Irrésistible.
Thierry Clermont, Le Figaro - 22 Mars 2017

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Traverser l'hiver

Traverser l'hiver

Quatre femmes sans homme. Ou presque. Elles sont veuves, abandonnées ou délibérément seules. Et courageuses, et obstinées, allant vaillamment leur chemin ou leur désespoir, leur solitude. Les puissantes et éni­gmatiques héroïnes de l’Américaine Melanie Wallace saisissent par leur rigueur, leur volonté de ne jamais s’apitoyer, de taire des souffrances qu’on devinera à peine. Elles sont droites et justes dans la tourmente. Et la romancière très forte de construire ce captivant récit rien que sur des silences, des non-dits, des absences. Que le lecteur traque comme dans un thriller. Car de chapitre en chapitre, un personnage cache l’autre ; et semble prendre toute la lumière pour mieux nous enfermer dans son opaque mystère. Mêmes les dialogues disparaissent parfois dans la prose intense de l’Américaine, jusqu’à faire corps avec la matière, la nature, les sons environnants. La vieillissante Iris, atteinte de parkinson, a ainsi choisi de raser puis de reconstruire le domaine où un mari psychopathe lui a fait subir trop de sévices, dont elle n’a pas voulu laisser trace. Elle a tout pris sur elle, pour elle, choisissant de préserver en l’éloignant leur fille unique, Claire. Au risque de la perdre, d’en faire une jeune femme à jamais seule, elle aussi. L’unique amie d’Iris, Mabel, peine quant à elle à se ­remettre du mortel infarctus d’un compagnon très aimé. Elle survit à son chagrin par son travail – gérer un motel – et son empathique curiosité de l’autre. C’est ce qui l’a fait recueillir cette étrange adolescente transparente et fière que le père de son jeune bébé vient juste de quitter. Qui est June ? On ne le saura jamais vraiment. Meurtris par la guerre ou la crainte de l’autre sexe, les rares hommes qui accompagnent ces femmes mutiques n’en révèlent rien. Le monde de Melanie Wallace est de noire solitude. Mais les paysages sauvages y deviennent sourdement protecteurs et complices. Et ces êtres au cœur pur qui affrontent tant de secrets et de vides intérieurs ont une ampleur, une dignité qui forcent le respect. De la tragédie, on passe alors à une tout humaine rédemption. Splendide.
Fabienne Pascaud, Télérama - 20 Mars 2017

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Les filles au lion

Les filles au lion

Une jeune femme, engagée dans une galerie d'art londonienne, tente de percer le secret d'un tableau troublant. Un roman irrésistible.
Nathalie Crom, Télérama - 20 Mars 2017

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Le roman impossible

Le roman impossible

Magnifiquement ambitieux, Le Roman impossible est un livre sur la création romanesque, ses doutes, ses obsessions, ses inventions et sa vérité. Mais l'interrogation portée par ce texte est aussi politique, quand il relie en filigrane la conquête coloniale, le destin de Malik Oussekine et la période contemporaine, marquée par les attentats terroristes. Ce Roman impossible résonne ainsi fortement dans le chaos actuel que la littérature contribue à interroger.
Michel Abescat, Telerama - 20 Mars 2017

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La Position du pion

La Position du pion

Ces couples traversent la période de transition qui a suivi la chute du franquisme en Espagne. Avant, les Urrutia, les Poveda et les Ariza étaient militants communistes clandestins, luttant contre la dictature, connaissant à la fois la fraternité du combat et le risque de la délation. Certains d'entre eux ont connu la prison, puis le désenchantement à la mort de Franco, en voyant la loi d'amnistie absoudre leurs anciens geôliers et ainsi faire table rase du passé récent. Quand ils apprennent que leur ancien chef disparu, Luis Lamana, surnommé « le Gros », refait soudainement surface, ils ne savent à quoi s'en tenir. Sont-ils encore les agents dormants d'une possible révolution, eux qui, désormais installés et embourgeoisés, n'ont guère envie d'être réveillés ? Avec la victoire des socialistes, les voici devenus des « radis », « rouges à l'extérieur, blancs à l'intérieur et toujours le plus près possible du beurre ». Ils se sont tant aimés qu'ils ne savent plus où ils en sont, et c'est avec beaucoup d'ironie et de talent que Rafael Reig dissèque les vies de ces anciens militants, qui ont fait carrière dans l'édition ou la finance, sont désormais absorbés par les soucis conjugaux et ne savent plus très bien si, au grand jeu d'échecs qu'est la vie, ils sont parmi les gagnants ou les perdants...
Gilles Heuré, Telerama - 20 Mars 2017

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Génération

Génération

Roman choral dans sa plus belle acception, Génération décrit aussi les liens compliqués entre les êtres, et souligne discrètement les différences de classes sociales, de culture, d'éducation. Les plus belles scènes se déroulent dans une ferme, près de Chicago, où Joe tente de faire de la culture bio avec un clandestin mexicain. Dans ce premier roman, Paula McGrath note chaque détail pour mieux réfléchir au désir de mouvement, de changement, de multiculturalisme, mais également aux rêves d'enracinement et à l'instinct de survie. Quittant un personnage pour se pencher sur un autre, l'auteure oblige le lecteur à terminer seul son histoire, et la puissance de Génération se nourrit aussi de ces inachèvements.
Christine Ferniot, Télérama. - 20 Mars 2017

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Des valeurs: Une approche sociologique

Des valeurs: Une approche sociologique

La corrida est-elle un art ou une torture ? Dans l'arène de ce débat emblématique, la sociologue construit une réflexion passionnante sur le sens de ces valeurs qui nous relient ou nous séparent.
Juliette Cerf, Telerama - 20 Mars 2017

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Déserteur

Déserteur

Rarement la désintégration d'un homme, d'une famille et, au-delà, de toute une société, a été aussi intensément mise en scène. Premier volet d'un triptyque que Halfdan Pisket (né en 1985) consacre à l'histoire de son père, Déserteur est une oeuvre à la première personne, âpre et puissante. Non seulement le jeune dessinateur danois est parvenu à se glisser dans les souvenirs douloureux de son daron, mais il a aussi su en faire une oeuvre cathédrale. Profondeur, émotion, rythme, onirisme, cohérence, nombre d'or et grain de folie : rien ne manque. Et le dessin n'est pas en reste. De ce noir et blanc somptueux, où le trait semble fait au scalpel, jaillit une lumière crue, qui écrase visages et paysages, et confère aux ombres une densité mystérieuse. Il y a du Pratt dans cette façon de découper l'image, de figurer la lune ou de saisir au vol la beauté d'une femme. La Turquie, quant à elle, n'en sort pas grandie. Pauvre et grand pays qui semble depuis longtemps n'avoir d'autre horizon que le pouvoir absolu, le nationalisme bas du front et la répression.
Stéphane Jarno, Telerama - 20 Mars 2017

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Le pas suspendu de la révolte

Le pas suspendu de la révolte

En ouvrant le livre, on n'imaginait pas qu'il faudrait autant de temps pour en venir à bout. Près de six cents pages de texte tissé serré, sans respiration hormis les rares changements de chapitres. On n'imaginait pas non plus, compte tenu de la violence du propos, qu'on y prendrait autant de plaisir, qu'on en sortirait à ce point revigoré. Quelle rage, quelle énergie ! Six chapitres, six voix formidables d'invention et de diversité, qui se répondent, se chevauchent et se percutent. Six membres d'une même famille à la déglingue. Un choeur fiévreux, tonitruant et bancal. L'ensemble organisé autour d'un déjeuner d'anniversaire calamiteux où la famille, censée se retrouver et s'incarner, vole en éclats dans un mouvement de violence à couper le souffle. La scène est sinistre et réjouissante tout à la fois : enfin se brisent les masques grimaçants d'un jeu étouffant et mortifère. Elle revient comme un leitmotiv, saisie par le regard de chacun, tout le récit en procède et y retourne. Voici Théo, qui a fui femme et enfants et erre depuis des mois d'hôtel en hôtel, incapable de s'éloigner vraiment. Voici Clara, l'épouse abandonnée. Voici Maurice, le grand-père centenaire, gaillard, paillard, assigné à résidence, prisonnier d'une « armée d'édentés, de béquillards, de baveux hagards et arthrosiques ». Voici encore Romain, son arrière-petit-fils, la voix des autres à la puissance 10, qui rêve de dézinguer tout ce qui bouge à la kalachnikov, de « faire saigner cette vie creuse, cette vie vide de sens, putain ! » Mathieu Belezi, qui tient une place décidément singulière dans le paysage littéraire, use de toutes les audaces pour peindre ce portrait au hachoir d'une époque en perdition, faussement libérée, et le naufrage de ses personnages empêtrés, frustrés, incapables de choisir leur vie. Ultime provocation, c'est un assassin coupeur de têtes, dont on suit la cavale en filigrane du roman, qui a le dernier mot : « Réveillez-vous ! »
Michel Abescat, Telerama - 13 Mars 2017

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La veille de presque tout

La veille de presque tout

Le bien et le mal, la haine et la quête de rédemption irriguent les romans du Catalan Víctor del Arbol, depuis La Tristesse du samouraï (2011) jusqu'à ce quatrième livre, La Veille de presque tout. Ancien policier et diplômé d'histoire, l'écrivain met en scène la violence quotidienne, mais aussi les fantômes qui hantent la mémoire de ses personnages. L'inspecteur Ibarra, l'héritière Eva Mahler, son double Paola, Amanda, Mauricio... ont tous des morts à pleurer, des comptes à rendre à la société, un pardon à demander. De l'Espagne franquiste aux tortures de la dictature argentine, Víctor del Arbol interroge ces hommes et ces femmes qui cherchent des raisons de vivre sans oublier les leçons du passé. Pour lui, l'innocence brisée est le pire des crimes perpétrés par les générations successives. La Tristesse du samouraï s'ouvrait sur la séparation tragique d'une mère et de son fils, en 1941. Dans Toutes les vagues de l'océan (2015), la scène initiale décrivait l'assassinat d'un enfant, en 2001. La Veille de presque tout reprend le motif du meurtre originel en déplaçant le point de vue. On peut se libérer du passé sans chercher à l'effacer, laisse entendre Víctor del Arbol — et en gardant à l'esprit que « le monstre regarde la lumière du jour avec défiance, il se cache dans la routine quotidienne, il sourit à ses enfants et caresse la joue de son épouse. Il feint d'être heureux. Mais derrière les rideaux, il épie et cherche une nouvelle proie ».
Christine Ferniot, Télérama. - 13 Mars 2017

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Hermine Blanche et autres nouvelles

Hermine Blanche et autres nouvelles

Ecorchées, tragicomiques, en plein dans le mille, ces nouvelles ressemblent à des sketchs de Zouc. Même funambulisme sur le fil de la folie, même recroquevillement dans les limbes. On les lit avec l'oreille et le grain de la peau. Elles ont un fort accent, celui de l'enfance et sa candeur omnisciente. Les héros sont pourtant de grandes (et belles) personnes, la plupart du temps. Mais leurs pensées lévitent, brumeuses et aux aguets, comme au temps de l'expédition foetale. Ils tremblent à l'idée qu'avancer signifie renoncer, êtres en transformation déchirants, contraints d'abandonner un petit confort pour une grande insécurité. Parce qu'il y a bien un jour où il faut quitter l'école, coucher, travailler, mourir, et que ce n'est jamais tout à fait comme on nous avait dit quand on était petit. Noëlle Revaz écrit au style direct, collée au timbre de voix de ceux qui racontent, dans une urgence affolée. Humour, violence et radicalité traversent toutes ses histoires, en prise sur un réel collectif qui donne le vertige.
Marine Landrot, Télérama - 13 Mars 2017

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Endetté comme une mule

Endetté comme une mule

Caractère abrupt et humour décapant, homme de goût et de conviction, Eric Losfeld (1922-1979) a toujours vécu à cloche-pied. Editeur magnifique, mais plombé par les dettes et la censure, il convie ici son ami Boris Vian, André Breton et les surréalistes, qui voulaient « changer la vie, transformer le monde ». On y croise aussi Siné et Marcel Duchamp, Barbarella et Sidney Bechet... Il faut lire cette autobiographie enthousiasmante et parfois vacharde, émaillée d'anecdotes pétillantes, d'échecs cuisants et de découvertes exaltantes, qui reparait dans sa version initiale non expurgée. Sous-titré La passion d'éditer, il y est avant tout question de ce métier, que Losfeld exerça jusqu'à sa dernière heure sans « jamais transiger avec l'indivisible liberté ».
Christine Ferniot, Télérama. - 9 Mars 2017

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Winter is coming

Winter is coming

Dans "Winter is coming", l'auteur de "Pays perdu" fait le portrait, à la sanguine, de l'enfant qu'il a perdu en 2014. Gabriel Jourde avait 20 ans. Dans ce récit, dont les dernières pages sont littéralement insoutenables, l'auteur de «Pays perdu» fait le portrait, à la sanguine, du fils perdu. Il raconte, de juin 2013 à mai 2014, la dernière année de Gabriel, cette saison en enfer. Les opérations, les séjours à la Salpêtrière, les scanners et IRM, les tsunamis intestinaux, les atermoiements médicaux et les rémissions illusoires, jusqu'à ce mois d'avril 2014, où, soudain, un rêve passe.
Jérôme Garcin, L'Obs - 9 Mars 2017

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Mais en quoi suis-je donc concerné ?

Mais en quoi suis-je donc concerné ?

La puissance du texte — un premier livre — tient beaucoup au mélange des formes. Si l'essentiel est constitué par la chronique souvent captivante des recherches, rédigée à la première personne, s'intercalent des journaux intimes (exhumés ou réinventés, ce n'est pas dit) et des dialogues imaginaires : ainsi entre un « kapo » soviétique et un ancien officier allemand, autour d'un lac hongrois, quelques années avant la chute du Mur... Ce drôle de patchwork — un peu de fiction, beaucoup d'un réel fortement romanesque — donne à voir, peut-être mieux qu'un récit classique, la pagaille de l'Europe d'après-guerre, l'émiettement des destins, une atrocité chassant l'autre. Et plus encore le sort de la Hongrie, du mauvais côté de la guerre, puis sous le joug stalinien. Des plaies ouvertes, des migrants sur les routes, des frontières qui se ferment, des familles brisées ou dispersées, c'était donc ça, l'Europe d'hier. Comment ? En quoi sommes-nous donc concernés ? En rien, en tout.
Aurélien Ferenczi, Télérama - 6 Mars 2017

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Luna

Luna

Prenez une pincée de Shakespeare pour l'exacerbation des passions, quel­ques gouttes de Game of thrones pour les luttes dynastiques, un soupçon de Dallas pour les rivalités familiales, saupoudrez de pamphlet anticapitaliste, envoyez le tout sur la Lune, et vous aurez Luna, trilogie violente signée Ian McDonald. Le premier volume nous arrive aujourd'hui, le deuxième sortira en 2018 et le troisième... quand il sera écrit. McDonald y fait le portrait d'une Lune multiculturelle déchirée, en 2110, par les rivalités économiques. Le scénario, qui met en avant une famille d'industriels propulsée sur le devant de la scène grâce au commerce d'un minerai appelé l'hélium 3, tient en haleine. Le roman est porté par une écriture élégante qui crée, sans lourdeur, un monde proche et lointain du nôtre.
Hubert Prolongeau, Télérama - 6 Mars 2017

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Quand monte le flot sombre

Quand monte le flot sombre

Septuagénaire, Fran parcourt l'Angleterre pour inspecter les maisons de retraite. Une méditation brillante et tonique sur le grand âge.
Nathalie Crom, Télérama - 2 Mars 2017

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