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Le Vieux Saltimbanque

Le Vieux Saltimbanque

Une brassée de souvenirs et d’anecdotes, doublée du récit de l’expérience peu banale qui a occupé ses dernières années : un petit élevage porcin, par amour des cochons. La truie Darling et ses dix porcelets qu’il emmène en balade, les fugues de Shirley, la plus rebelle de la portée… Désopilant ? Assurément, mais également émouvant, tant Jim Harrison entretient un rapport unique à la nature et maîtrise, comme Henry David Thoreau (1817-1862), « la grammaire du sauvage ». L’auteur rappelle aussi quelques épisodes marquants de sa vie, notamment la perte qui le traumatisa au sortir de ses années de jeunesse : « La mort de sa sœur, à 19 ans, et celle de son père dans un accident de la route lui étaient toujours inacceptables un demi-siècle plus tard. Ce drame avait créé comme une boule de rage en permanence au fond de lui. Ce fut en définitive ce qui le poussa à devenir écrivain. » Jim Harrison a bien vécu, bien mangé, beaucoup bu – Le Vieux Saltimbanque est truffé d’anecdotes liées à la boisson – et découvert, durant l’été 2013, que sa sexualité s’était brusquement éteinte. La tendresse, pourtant, l’emporte toujours ici sur la nostalgie.
Macha Séry, Le Monde des livres - 21 Septembre 2016

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Cannibales

Cannibales

A ceux qui penseraient que l’œuvre de Régis Jauffret se tisse de portraits psychologiques, femmes isolées et fouillées dans les recoins de l’âme, sondage du malheur ou vérité de l’horreur (affaires Edouard Stern, Fritzl ou DSK), Cannibales apporte un démenti giflant. Ici, c’est la langue qui règne et entraîne l’intrigue après elle. Langue du désir, d’un amour qui, comme on le sait, n’existe que dans la littérature. Empruntant les codes du roman épistolaire (lettres égarées, croisées…), genre roi au XVIIIe siècle, et le style rococo qui va avec, l’écrivain met en scène une vieille femme qui, en complicité avec sa bru, entend se débarrasser de son fils, sans raison autre que le pur plaisir. Assez rapidement, cependant, le lecteur s’aperçoit que ni les tortures projetées (c’est normal) ni celles racontées (c’est plus étrange) n’ont la moindre once de réalisme : ainsi la mère aurait cisaillé le lapin en peluche de l’enfant avant de le passer au mixeur avec du lait, pour le lui faire avaler. Et, bizarrement, son fils est encore là pour le raconter. On pense évidemment à Sade, imaginant dans Les 120 Journées de ­Sodome (1785) qu’on peut pendre quelqu’un après l’avoir décapité, ou « foutre » une vache pour lui faire engendrer un monstre. Cannibales s’inscrit dans ce genre d’excès morbide et hilarant. Comme dit le marquis, la mère en prescrira donc la lecture à sa (belle-)fille.
Eric Loret, Le Monde des Livres - 21 Septembre 2016

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Moi, présidente

Moi, présidente

Il y a écrit « sotie » sur la couverture, satire grotesque de la société. Dans celle-ci, une « présidente » de ce qui ne sera bientôt plus la République parle, ou plutôt éructe, fasciste soft et piquante retransmise en permanence par TV Près de chez vous dans tous les foyers décervelés. Gérard Mordillat fait de sa présidente une tata flingueuse ordurière dont l’invention verbale finit par la rendre plus sympathique que tous les caniches qui, comme elle le dit, lui font « de la lèche ». A commencer par son « socialiste » personnel, chef de la « police et de la répression » : « Souviens-toi que tu es socialiste. Tes anciens n’hésitaient jamais. Ils ont toujours fait tirer sur les ouvriers. » Un pamphlet jouant sur le comique de répétition où, par-delà le ministère de la « précarité raisonnable », on apprend que le patronat, « en cas de guerre ou d’insurrection, est le seul capable de gérer les fonds et d’assurer une collaboration efficace avec les occupants potentiels ».
Eric Loret, Le Monde des Livres - 21 Septembre 2016

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Le Naturaliste

Le Naturaliste

Son remarquable premier roman, Amours défendues (Joëlle Losfeld, 2007), avait révélé aux lecteurs français le talent de l’écrivaine canadienne Alissa York. Le Naturaliste, son quatrième livre, relate un voyage passionnant : à l’été 1867, un naturaliste amateur, Walter Ash, s’apprête à partir en expédition en Amazonie lorsqu’il meurt accidentellement. Sa femme, Iris, et son fils, Paul, décident de relever le défi à sa place et se mettent en route aux côtés de Rachel, une dame de compagnie. Tous trois sortiront métamorphosés de ce périple… Réflexion sur la quête des origines, Le Naturaliste peut être lu sous différents angles : scientifique, historique, social, psychologique et même spirituel. Oscillant entre prose et poésie, Alissa York crée un univers où les sens – l’ouïe, la vue, le toucher – sont à chaque page convoqués. Dérivant le long du rio Negro et de l’Amazone, le lecteur y croise des espèces insoupçonnées, des « lézards granit nocturne » ou des « poissons-chats en armure noire ». Bientôt, la jungle, sa faune et sa flore acquièrent une présence fascinante. La beauté et la vitalité du récit tiennent dans cet art de la description, dans cette écriture finement ciselée où affleure pourtant quelque chose de sauvage.
Paloma Hidalgo, Le Monde des livres - 15 Septembre 2016

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Matteo a perdu son emploi

Matteo a perdu son emploi

On s'attend toujours au meilleur, au seuil d'un livre de Gonçalo M. Tavares, et avec Matteo a perdu son emploi l'écrivain portugais effectivement se surpasse, prenant une nouvelle fois le lecteur au dépourvu. Car ce roman est un stupéfiant jeu de piste, auquel se livrent non seulement les personnages, mais aussi la philosophie, la logique et l'absurde. Voici : Aaronson tourne autour d'un rond-point de sept heures à sept heures trente de façon obsessionnelle ; Ashley doit livrer un colis au numéro 217 d'une rue qui ne comporte que des numéros 217 ; Baumann s'obstine à reconditionner des ordures pour les réintroduire dans les magasins ; Cohen est affligé d'un tic particulièrement obscène ; un cardiaque se rend dans une maison close le coeur relié à une volumineuse batterie de camion ; un adolescent pose des autocollants « non » partout et finit par engendrer une modification de la législation... Au total, une vingtaine de personnages se suivent ainsi, chacun relié au précédent par une situation, un mot. Dans ce livre inclassable, aucune action ne se déroule sans raison ni association d'idées, et ce qui paraît absurde contient toujours une très pertinente question philosophique. Et s'il arrive au lecteur de perdre pied, il est vite de nouveau happé par les géniales intuitions de l'écrivain philosophe, qui aime raconter, suspendre et jouer avec le sens toujours réversible des mots. Ce livre est un petit manuel de pensée iconoclaste qui déjoue la continuité du récit et s'amuse à contourner la vraisemblance des fonctions, celles des objets ou des corps. Tavares est un épistémologue qui aurait ravi Raymond Devos.
Gilles Heuré, Telerama - 12 Septembre 2016

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Sous la vague

Sous la vague

Bertrand Berger-Lafitte est PDG d’une maison de cognacs et propriétaire d’une somptueuse maison au milieu des vignes charentaises. En 2011, les marchés asiatiques s’effondrent, le digestif se porte mal. L’ex-femme de Bertrand conspire avec l’actionnaire principal – qui est aussi son amant – pour le faire tomber. Face à ce marasme, Berger-Lafitte se replie dans sa demeure et au Paradis, la cave où vieillissent les alcools. Il y a là Eddy, le chauffeur mystérieux, Olivia, la post-adolescente trop gâtée tombée enceinte d’un ouvrier de son père, et Valérie, la gouvernante geignarde. Tous tentent de comprendre le désastre qui vient. Et, comme toujours, ce sont les animaux qui sentent les catastrophes : le faon renversé sur la route et recueilli par Bertrand, la corneille coincée dans la cheminée dont les coassements viennent ponctuer les conversations, la portée de chats cachée sous le capot d’une Mercedes… Avec ce tableau d’une maisonnée glissant peu à peu dans la folie, Anne Percin ne verse pas dans la pure comédie mais réussit le portrait d’un homme complexe, rongé par la solitude et les ­regrets.
Violaine Morin, Le Monde des livres - 15 Septembre 2016

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Ceci n'est pas une ville

Ceci n'est pas une ville

Auteure d’une demi-douzaine d’ouvrages depuis La Maison du docteur Blanche (JC Lattès, 2001), Laure Murat s’est exilée en 2006 pour enseigner la littérature française à l’université de Californie-Los Angeles (UCLA). Dans ce récit composite d’un exil heureux, elle mêle des extraits de journal (dont les notes prises après le 13 novembre 2015) ou des portraits croqués sur le vif à une foule de choses vues, entendues et ressenties dans les lieux les plus courus ou les plus inattendus de sa ville d’adoption. Essayant de saisir la nature du lien viscéral qui l’unit désormais à la mégapole sans contours, elle lui attribue « une force tellurique hors du commun, comme si la vie y était poussée à son maximum » d’être construite sur la faille de San Andreas : « Los Angeles puise des entrailles de la terre son énergie, qui est aussi sa défaite annoncée. » Frisant le guide touristique en parodiant parfois ses raccourcis (à propos d’une « boucherie (…) qui “mérite le détour”, comme disait le Guide vert »), Ceci n’est pas une ville n’en reste pas moins une jolie tentative destinée à épuiser l’inexplicable : comment une ville parmi toutes les villes peut, pour un individu, être celle qui rend « possible une forme d’affranchissement », autorisant « en profondeur une réinvention de soi ».
Bertrand Leclair, Le Monde des livres - 15 Septembre 2016

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La Rage

La Rage

Le procureur Teodore Szacki tire sa révérence. Avec La Rage, Zygmunt Miloszewski clôt sa trilogie commencée avec Les Impliqués et Un fond de vérité (Mirobole, 2013 et 2015). Dans ce dernier volume, le magistrat traîne sa mélancolie et sa révolte à Olsztyn, dans le nord de la Pologne. Un mystérieux justicier y sévit : il venge les victimes de violences conjugales avec un rare sadisme. Un squelette composé d’ossements provenant de plusieurs victimes lancera Szacki dans une enquête tortueuse aux multiples rebondissements, jusqu’au dénouement. Cette fois-ci, Zygmunt Miloszewski ne sonde pas le passé de son pays. Il ancre son livre dans le présent sombre et violent d’une démocratie encore jeune. A Olsztyn, petite ville provinciale étouffée par les embouteillages, il neige sans cesse. L’ambiance oppressante sert le propos de l’auteur : dénoncer la violence de genre, celle que les hommes exercent sur les femmes. Szacki poursuit ainsi une sorte d’inquisiteur qui entend combler les lacunes de la justice en appliquant la loi du talion aux bourreaux domestiques, comparés aux nazis. Un thème très grave donc. Mais, grâce à une écriture alerte, teintée d’ironie, et à une intrigue extrêmement bien ficelée, à la construction cinématographique, l’auteur ne sombre jamais dans la démonstration manichéenne. Héros aux aspérités multiples, à la fois drôle et dépressif, altruiste et désagréable, idéaliste et pragmatique, le procureur Szacki est un personnage très attachant. Sa disparition annoncée n’en est que plus regrettable.
Le Monde des Livres - 15 Septembre 2016

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Les Aventures de Lester et Bob

Les Aventures de Lester et Bob

Lester est un « chic type » – une chic oie en l’occurrence. ­Celle-ci a pour meilleur ami Bob, un ours qui passe son temps à confectionner des gâteaux. Lauréat du prix Tam Tam du ­livre de jeunesse en 1999 pour Lola et le fantôme, créateur de la série si attachante des « Anton » (on pense notamment à Anton et les rabat-joie), Ole Könnecke a imaginé pour ces deux nouveaux personnages six aventures aussi brèves que drôles. Dans la première, par exemple, Lester, bouliste de ­niveau mondial, décide de faire une partie avec Bob. Mais le terrain est occupé par des crocodiles et Bob, ayant un certain sens pratique, craint que son ami ne se fasse dévorer. Jamais à court d’idées, Lester décide de se déguiser, d’autant que, confie-t-il à son ami, les crocodiles sont des gars « un peu ralentis entre les oreilles, si tu vois ce que je veux dire ». Indéniablement, un des chouchous de la rentrée.
Emilie Grangeray, Le Monde des Livres - 15 Septembre 2016

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Pereira prétend

Pereira prétend

Tout fonctionne à merveille dans cette adaptation de Pereira prétend (Christian Bourgois, 1995), roman d’Antonio Tabucchi (1943-2012) : la narration parfaitement fluide, l’enchaînement des situations et des dialogues, l’atmosphère recréée du Lisbonne d’avant-guerre… Pierre-Henry Gomont a su éviter les pièges inhérents à l’adaptation d’œuvres littéraires en BD – le principal étant de ne pouvoir se libérer du texte original – pour faire sien ce récit existentiel ayant pour cadre le Portugal de Salazar. Son personnage principal, le doutor Pereira, est un journaliste culturel torturé par sa propre apathie face à la dictature. Tout bascule quand il décide d’embaucher un étudiant pour rédiger des nécrologies d’écrivains. Proche des milieux antifascistes, celui-ci va alors stimuler sa prise de conscience politique… C’est cette métamorphose intime à laquelle le dessinateur donne chair en truffant d’inventions graphiques une palette de couleurs écrasée de chaleur et de nostalgie.
Frédéric Potet, Le Monde des livres - 15 Septembre 2016

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Une mort de plomb - Qui a tué Mauro Brutto ?

Une mort de plomb - Qui a tué Mauro Brutto ?

Au soir du 25 novembre 1978, Mauro Brutto, reporter à L’Unità, est tué par une voiture dans une petite rue de Milan. La police conclut à un accident sans convaincre ni ses proches ni ses collègues. Ce journaliste d’investigation du quotidien communiste travaillait notamment sur la Mafia mais aussi sur le terrorisme et il gênait beaucoup de gens. La longue enquête menée, près de quarante ans plus tard, par Pino Adriano, et écrite directement en français, montre qu’il s’agissait bien d’un assassinat, même si la justice se refuse toujours à rouvrir le dossier. L’heure était aux attentats à la bombe, aveugles, commis par des néonazis (couverts par une partie des services secrets de l’Etat italien) et par la Mafia qui voulaient déstabiliser le pays alors que se dessinait un « compromis historique » entre le puissant Parti communiste et la ­Démocratie chrétienne. L’heure était aussi au terrorisme de l’extrême gauche, notamment celui des Brigades rouges qui, à peine cinq mois avant la mort de Mauro Brutto, avaient enlevé puis assassiné le leader démocrate chrétien Aldo Moro. Le récit de Pino Adriano est une passionnante plongée dans l’Italie des « années de plomb ».
Marc Semo, Le Monde des Livres - 15 Septembre 2016

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Règne animal

Règne animal

Le texte court, sans fléchir jamais, fascinant de noirceur, s'attache aux détails, traque les gestes et les regards, précis jusqu'à l'hyperréalisme. Il dit les odeurs et les humeurs, les suintements, la sueur et le sang et le foutre et la merde, le martyre des animaux et la souffrance des hommes. Jean-­Baptiste Del Amo, inspiré et engagé, explore avec une singulière puissance la violence faite aux animaux, s'interroge sur la transmission de cette brutalité d'une génération à l'autre, et pose in fine la question de notre humanité. Ce quatrième roman est sans doute son meilleur.
Michel Abescat, Telerama - 5 Septembre 2016

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Délivrances

Délivrances

Comme Pecola, la fillette noire qui, dans L'OEil le plus bleu (1970), rêvait d'avoir la peau blanche et les yeux clairs, Lula ­Ann, l'héroïne de Délivrances (2015) - onzième roman de Toni Morrison -, se voulait autre que ce qu'elle est. Lula Ann est née « noire comme la nuit, noire comme le Soudan », avec dans les yeux « quelque chose de sorcier ». Vingt ans plus tard, devenue adulte, elle se fait appeler Bride, roule en Jaguar et s'habille de blanc pour mieux souligner le noir de sa peau. Tout va bien pour elle, jusqu'au jour où une phrase, jetée par un amant - « T'es pas la femme que je veux » -, ravive sa blessure d'enfance. Tout au long de Délivrances, Morrison se tient à la frontière du fantastique pour composer, sur le thème de la différence, une fable troublante et forte, emplie de désespoir autant que de compassion.
Nathalie Crom, Télérama - 12 Septembre 2016

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Possédées

Possédées

D'Alfred de Vigny à Michel de Certeau, les possédées de Loudun auront embrasé l'imaginaire des poètes, philosophes, cinéastes et psychanalystes. On les comprend. Comme elle est théâtrale la mise au bûcher — après tortures sophistiquées — du séduisant et cultivé curé Urbain Grandier... C'était le 18 août 1634. Longtemps soupçonné d'être lié aux protestants, et souvent rappelé à l'ordre pour ses conquêtes, c'est à l'hystérie de quelques faibles ursulines, menées par la très étrange Jeanne des Anges, qu'avait apparemment succombé l'homme de Dieu, accusé d'avoir fait pénétrer le diable dans l'esprit et le corps des religieuses... Sauf que l'affaire de Loudun est surtout affaire d'Etat, marquée du sceau de la raison d'Etat. Tout est bon au cardinal de Richelieu pour affirmer la souveraineté de son roi très catholique. Non seulement raser — partout en France — les châteaux forts qui symbolisaient le pouvoir de l'aristocratie, mais se servir de présumées possessions pour redorer le blason de l'Eglise. « Les vérités avec lesquelles nous gouvernons, monsieur, ne se tiennent pas dans l'intimité muette des consciences. Ce sont des spectacles », murmure l'archevêque à Grandier. Dommage que l'écriture simplette de Frédéric Gros — qui suggère tout cela — se cantonne à un romanesque facile. D'un philosophe spécialiste de Michel Foucault, on espérait plus ambitieux. Au moins réveille-t-il ici une ténébreuse affaire qui n'en finit pas de surprendre et d'inquiéter...
Fabienne Pascaud, Télérama - 12 Septembre 2016

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Eclipses japonaises

Eclipses japonaises

Entre les années 1960 et 1980, la Corée du Nord a kidnappé des étrangers, parfois très jeunes, pour en faire des acteurs de films de propagande, ou pour enseigner leur langue et leurs coutumes à de futurs espions de Pyongyang. De ce sujet en or, Eric Faye a fait un livre en retrait, presque terré. Dans un style neutre, faussement banal et détaché, il raconte l'enfer de Naoko, fillette japonaise enlevée dans son pays en rentrant de son cours de badminton, ou celui de Jim, soldat américain pris à son propre piège de désertion, dont les existences ont basculé pour de longues années au service du régime de Kim Il-sung. Déstabilisant, donnant parfois l'impression de mettre au cachot des épisodes qu'on s'attendait à voir développés, le récit apparaît peu à peu comme un choix littéraire aussi audacieux qu'intelligent. Comme si Eric Faye avait peaufiné une langue de résistance souterraine, proche de celle qu'utilisent les victimes de la censure, lisse en apparence, mais pleine de fissures invisibles et de signaux porteurs d'une douloureuse vérité. A l'image de ce sac de sport, gardé depuis le rapt de l'héroïne, qui sert d'accessoire dans le cinéma de propagande et devient, pour les acteurs prisonniers, une bouteille à la mer jetée dans l'espoir qu'un spectateur du monde libre leur viendra en aide. Pour ses poches d'émotion, camouflées dans une narration uniforme, ce roman vaut le détour. Il a aussi valeur de document passionnant sur la dictature la plus hermétique de la planète, qui vient de qualifier un diplomate en fuite de « pourriture humaine ».
Marine Landrot, Télérama - 12 Septembre 2016

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Chanson douce

Chanson douce

Le roman de Leïla Slimani s'ouvre sur un cri affreux, celui d'une mère. La narratrice ne nous prend pas en traître en révélant, dès le premier chapitre, l'assassinat de deux enfants et la tentative de suicide de leur nourrice « qui n'a pas su mourir »... Retour en arrière : après la naissance du deuxième enfant de Paul et Myriam, la jeune femme souhaite retravailler et se met en quête de la nounou parfaite. Quand Louise apparaît, avec son visage « comme une mer paisible », elle sait qu'elle l'a trouvée. La fée du logis s'installe donc dans l'appartement et comble les fantasmes de famille idéale : enfants calmes et bien peignés, ménage tenu au cordeau, dîner préparé. Au fil des mois, Louise apprivoise chacun, se rend indispensable. De discrètes notes discordantes se font pourtant entendre : l'étrange impassibilité de Louise et sa solitude, la course éperdue de Myriam écartelée entre amour maternel et désir de réussite. Derrière les apparences se cachent les préjugés, les différences sociales — et l'implacable délire d'une femme qui, peu à peu, ferme la trappe qu'elle a creusée. Chanson douce n'est pas un thriller pourtant, plutôt une fable tragique. Comme dans son premier roman, Dans le jardin de l'ogre (2014), Leïla Slimani exclut toute sentimentalité. Elle nous tient en haleine, maîtrisant cette Chanson douce qui glisse inéluctablement de la comptine pour bien dormir à l'âpre description de scène de crime.
Christine Ferniot, Télérama. - 12 Septembre 2016

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Cartel

Cartel

L'écriture est sèche, sans apprêt ; elle cherche l'efficacité, le chemin le plus simple et le plus direct. Le regard s'incruste, précis, chirurgical, sans pudeur excessive. La langue est familière, sonne juste et les mots percutent. D'une certaine façon, on pourrait parler de style journalistique, ce qui n'est pas forcément une injure. L'essentiel est d'être immédiatement compris, de faire courir un récit fluide, d'être lu et d'embarquer le lecteur. Le pari est tenu haut la main, malgré les sept cents pages grand format et la violence ahurissante du propos. [...] Don Winslow raconte ainsi, entre 2004 et 2014, la guerre des cartels dans ses nouvelles dimensions, quand la barbarie n'a plus de limites, quand il ne s'agit plus que de drogue, mais aussi d'affaires, de finance et de pouvoir, quand les flux d'argent sale se mêlent à ceux de l'économie classique, avec la complicité des politiques. Parfaitement documenté, le texte joue sur la longue focale, s'intéresse aux individus, multiplie les points de vue, enchaîne les scènes courtes, donnant à voir l'ensemble dans toute sa complexité. Si le style est journalistique, le propos est également documentaire, au plus près du réel, les personnages souvent inspirés de figures des cartels mexicains, à l'instar d'Adán Barrera, reflet de Joaquín Guzmán, dit «El Chapo», maître surpuissant du cartel de Sinaloa. Mais, comme La Griffe du chien, Cartel est d'abord une création littéraire, une fresque épique au souffle singulier, le récit naturaliste se hissant à la hauteur de la tragédie. L'essence même du roman noir.
Michel Abescat, Telerama - 12 Septembre 2016

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Andersen, les ombres d'un conteur

Andersen, les ombres d'un conteur

Comment ce fils d'un cordonnier et d'une blanchisseuse sans instruction est-il devenu l'une des stars littéraires de son époque ? Pourquoi mit-il toute son énergie dans un genre littéraire destiné aux enfants ? Qu'est-ce qui poussait ce grand hypocondriaque aux encombrantes phobies à multiplier les voyages ? Sans même parler de sa sexualité improbable, une libido réprimée, sublimée, mise entre parenthèses... Nathalie Ferlut suggère, imagine des réponses qui ne sont pas dans les biographies officielles. Son Andersen ressemble comme un frère à Peter Pan, le héros que J.M. Barrie (1860-1937) inventera plus tard ; comme lui, le petit Hans Christian décide de ne pas grandir et cherche dans le rêve et la poésie un remède aux angles droits de l'existence. Il faut une sacrée foi et un grain de folie pour avancer comme lui, aussi léger qu'une flamme, et puiser dans ses désarrois l'encre de ses contes.
Stéphane Jarno, Telerama - 12 Septembre 2016

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14 Juillet

14 Juillet

14 juillet nous fait bondir de 1789 à 2016, d'une incise l'autre, de cette petite voix discrète qui, à intervalles réguliers, vient nous dire : « Hier, c'est aujourd'hui ! », et qui est aussi la signature de Vuillard. Car ces individus sans droits, qui ont ébranlé un régime archaïque et donné un nouveau « sens » à l'Histoire, nous parlent. Ils auraient pu se briser les poings sur la pierre de la Bastille, ils nous laissent la liberté et l'égalité en héritage. Et l'idée que ce qui a été fait une fois... Comme d'habitude, Eric Vuillard n'entre pas par effraction dans l'esprit de ses « héros ». Il ne leur invente pas des motivations, ne leur dresse pas de stèle. Il raconte simplement, avec un talent fou, les hésitations, mais aussi la trouille, la générosité et le grain de folie de ces « ci-devant » du 14 juillet — ses soeurs et ses frères, et finalement les nôtres aussi.
Olivier Pascal-Moussellard, Télérama - 12 Septembre 2016

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Les Premières Fois

Les Premières Fois

Au fil de quelque six cents pages délicieusement bavardes, avec la minutie d'un encyclopédiste de lui-même, l'écrivain raconte et commente de multiples initiations : à la sensualité, à l'amour et au féminin, à l'amitié, à l'Europe, à la peinture (de belles pa­ges sur Vermeer, sa simplicité abyssale et « son silence intempestif et atemporel ») et à la photographie, à la langue française et à l'écriture vers laquelle l'adolescent se tourne très tôt — glissés dans le récit, de nombreux fragments de l'époque, poèmes, pastiches ou citations, semblent l'attes­ter. A ces découvertes et ces apprentissages, les années 1970 et la « douce révolte hippie » qu'elles autorisent sont plus qu'une toile de fond : une sorte de creuset agissant, dont le roman est aussi l'examen. Sans que jamais l'esprit de sérieux ou la nostalgie s'emparent du récit pour lui imposer une tonalité dominante grave — en chacune de ces pages, la légèreté et l'humour règnent tout autant.
Nathalie Crom, Télérama - 12 Septembre 2016

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Charlotte Delbo: La vie retrouvée

Charlotte Delbo: La vie retrouvée

Le livre s'ouvre sur l'exploration d'une maison abandonnée, entourée de hautes herbes et de rideaux d'arbres, en bordure d'un talus grillagé. Une ancienne gare devenue pavillon de chasse, que Charlotte Delbo (1913-1985) acheta pour y vivre, des années après son retour des camps de la mort. En deux, trois pages abyssales, un défrichage, un déchiffrage. A quoi tient une biographie réussie ? A l'écriture, avant tout. Une riche documentation peut sembler suffire. Alors, on n'aura qu'un pavé à émietter, une banque de données à picorer qui ne laisseront de traces qu'en surface. Si une plume se pique de mettre de l'ordre dans la vie d'autrui, d'en fouiller les tréfonds pour mieux en comprendre les si­gnes extérieurs, alors un chemin initiatique s'ouvre au lecteur. Ghislaine Dunant a réussi ce prodige, d'autant plus exemplaire que son sujet est monumental, écrasant. Comment trouver la juste place pour raconter le destin effroyable de la résistante communiste Charlotte Delbo, qui vit son mari fusillé au mont Valérien en 1942, avant d'être déportée à Ausch­witz, puis à Ravensbrück jusqu'en avril 1945 ? Comment trouver le juste mot pour parler d'une immense femme de lettres, qui consacra le restant de son existence à raconter l'inconcevable, dans des livres protéiformes inspirés par ses souvenirs des camps ? Ghislaine Dunant relève ces défis sans jamais sortir de l'ombre. Elle donne à voir sans jamais disparaître. Respectueuse et perspicace, elle commente, analyse, met en lumière. Dissèque finement les textes de son modèle plutôt que de les paraphraser. Offre de longues pages, concrètes et factuelles, de récit du quotidien de cette rescapée, comme pour la réinscrire dans la vie réelle. Dans cette « vie retrouvée », comme l'indique le sous-titre de sa biographie qui résume parfaitement toute l'entreprise littéraire et existentielle de Delbo. Sans doute la réussite de cet ouvrage vient-elle aussi de la reconnaissance. Elle-même auteure d'un roman salutaire sur l'enfermement psychiatrique (Un effondrement), Ghislaine Dunant dit avoir été sauvée par la lecture d'Aucun de nous ne reviendra, le livre phare de Charlotte Delbo. Comme cette dernière fut sauvée par Le Misanthrope de Molière, qu'elle échangea contre un bout de pain à Ravensbrück. Entre les deux femmes, le miracle de la littérature a eu lieu. Une transmission secrète, un échange souterrain. « Quand on a regardé la mort à pru­nelle nue / C'est difficile de réapprendre à regarder les vivants aux prunelles opa­ques », écrivit Charlotte Delbo. Cette biographie dessille, lave le regard pour le préparer à se plonger dans une oeu­vre majeure encore trop méconnue. Pour que le passage de relais silencieux se poursuive.
Marine Landrot, Télérama - 12 Septembre 2016

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L'Absente

L'Absente

L'attachement vient du talent de conteur de Lionel Duroy, qui revisite son histoire personnelle, encore et toujours, sans jamais donner l'impression de se répéter. Question de langue, corrosive, vivante, très déliée. Et, surtout, question de point de vue, de juste place, que Lionel Duroy parvient toujours à occuper dans son récit, pour que le règlement de comptes ne l'emporte pas. Roi de l'autodérision, le romancier ne s'épargne jamais, n'hésite pas à se montrer en situation de faiblesse, de lâcheté, de ridicule. Il promène ici son précieux vélo Singer comme un animal de compagnie hors de prix, s'immisce dans la vie de pique-niqueurs rencontrés sur une aire d'autoroute, envisage d'acheter une station-service pour finir pompiste avant la retraite... Il n'est pas rare d'éclater de rire à la lecture de ce nouvel opus, qui recèle des moments de pure comédie, comme ce passage où l'auteur se fait passer pour un décorateur d'intérieur dans le château où sa mère vécut autrefois, afin de fouiller dans les placards et subtiliser des photos de famille oubliées. L'absente du titre, c'est la génitrice de Lionel Duroy, figure de proue échevelée, criarde, égocentrique, blessée, de toute son oeuvre. Pour la première fois, elle apparaît comme une femme sensible, positive, aimante. Comprise, depuis ses fondements jusqu'à ses lignes de fuite. Beau tour de force que d'avoir réussi à écrire un roman de l'apaisement aussi trépidant. Chez Lionel Duroy, il faut toujours chercher le calme pendant la tempête, et non pas après.
Marine Landrot, Télérama - 5 Septembre 2016

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Station Eleven

Station Eleven

Depuis Dernière Nuit à Montréal (2009), la Canadienne Emily St. John Mandel jongle avec les genres littéraires et montre un sens aigu de la construction narrative. Une maîtrise formelle dont l'objectif unique est de mettre en avant le sujet qui l'obsède : l'égarement des individus, la disparition des repères. Station Eleven, son quatrième roman, débute quelques heures avant « la catastrophe ». Ce soir-là, le comédien Arthur Leander, qui interprète Le Roi Lear à l'Elgin Theatre de Toronto, s'écroule sur scène. Il est l'une des premières victimes de la grippe qui va terrasser 99 % des habitants de la planète. Les survivants doivent s'accoutumer à vivre dans un monde post-techno­logique. Bientôt, ils redécouvrent les gestes ancestraux des chasseurs-cueilleurs, conservant comme seuls biens la mémoire du passé et la culture artistique éternelle. De fait, quelque vingt ans après l'épidémie, une troupe théâtrale, La Symphonie itinérante, parcourt des kilomètres pour jouer Shakespeare et Beethoven... En alternant les époques, Emily St. John Mandel tisse une histoire mélancolique qui n'a rien à voir avec l'apocalypse — pas de visions effrayantes dans ce livre-puzzle. Grâce à la beauté de son écriture, la romancière compose un univers-miroir. Ainsi La Symphonie itinérante n'existe-t-elle que pour refléter la réalité d'hier, recomposer le monde perdu à usage des civilisations futures. Tandis qu'une bande dessinée titrée Station Eleven passe de main en main, évoquant, de manière presque divinatoire, l'avenir de l'homme. Le message de la romancière se niche loin du Jugement dernier ou de la dénonciation des faux prophètes et autres gourous profiteurs ; il est plutôt que, face au deuil, à la désolation, à la solitude, l'art permet de survivre et d'éviter le retour à l'état sauvage.
Christine Ferniot, Télérama. - 5 Septembre 2016

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Perfidia

Perfidia

Avec le poisseux et symphonique Perfidia, James Ellroy s'est lancé l'an dernier dans un second « Quatuor de Los Angeles » , trente ans après la mythique tétralogie que composent Le Dahlia noir, Le Grand Nulle Part, L.A. Confidential et White Jazz. Retour dans le Los Angeles des années 1940 : Perfidia s'ouvre le 6 décembre 1941, à la veille de Pearl Harbor, sur une atroce scène de crime. Son intrigue minutieuse et proliférante se déploie au long des trois semaines qui suivent, tandis qu'une vague de xénophobie balaie la Californie. La narration est foisonnante, le casting ample, la violence omniprésente. Quant au style d'Ellroy, il est plus précis et glaçant que jamais, comme pour mieux approcher l'âme torturée de l'Amérique que le géant du roman noir contemporain ausculte de livre en livre, inlassablement, depuis près de quatre décennies.
Nathalie Crom, Télérama - 5 Septembre 2016

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Les enfants pillards

Les enfants pillards

Ils sont seuls, ou presque. En cet été 1918, les adultes sont absents de la vie de toute une bande de cousins qui se retrouvent en Gironde, à La­canau, au bord d'une plage qui recueille aussi les échos de la guerre se déroulant au large. André, 13 ans, devient vite le chef du petit groupe que tente d'intégrer Jean-Baptiste, 8 ans, souffre-douleur de ses camarades. Sous la direction de ce tyranneau inconséquent, les enfants jouent aux adultes, mais en se recréant un monde à eux, où vérité et mensonge se confondent dans l'exaltation d'une liberté trompeuse. Si la mer leur offre un terrain de jeu grandiose, elle rejette également les corps de marins blessés, ainsi que les tonneaux de rhum avec lesquels s'enivrent les villageois, que les enfants observent en ricanant. Dans ce récit clairement autobiographique, Jean Cayrol (1911-2005) dépeint ces jeux interdits avec une cruauté feutrée qui évoque celle de Sa Majesté des mouches, de William Golding. Initialement paru en 1978 et aujourd'hui réédité, Les Enfants pillards constitue l'un des points d'orgue de la bibliographie de Jean Cayrol, auteur notamment de Lazare parmi nous (1950) et de Nuit et brouillard (1956), le documentaire d'Alain Resnais. Son oeuvre tout entière fut marquée par l'ombre des camps — Jean Cayrol passa trois ans à Mauthausen — et la nécessité de la miséricorde.
Hubert Prolongeau, Télérama - 5 Septembre 2016

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La différence invisible

La différence invisible

Marguerite, 30 ans, rien que du malheur... Enfin pas tout à fait, juste un mal fou à vivre parmi les autres, à se sentir « normale ». A priori, rien ne distingue la jeune femme : elle a un emploi, des amis, un compagnon, pas de handicap physique ni de déficience intellectuelle. Pourtant, son quotidien s'apparente au parcours du combattant. Tout ce à quoi nous ne faisons plus attention, les jeux sociaux, le second degré, la connivence, l'implicite, la multitude de signes et de codes avec lesquels nous jonglons depuis l'enfance lui échappent totalement. Hypersensible aux bruits et aux odeurs, agressée par la lumière des néons, perdue dans les open spaces ou les fêtes lorsque plusieurs personnes parlent en même temps, Caroline survit en se cramponnant à des routines, des rituels, et en se fondant au mieux dans le décor. La vie sociale l'épuise, l'imprévu la panique : ce caméléon, cette femme invisible n'est heureuse que chez elle, avec ses chats. Les psys parlent de traumatisme infantile, d'anxiété, de dépression et ne lui sont d'aucun secours. Ses recherches sur Internet l'aiguillent vers une forme d'autisme légère : le syndrome d'Asperger... Julie Dachez, qui signe le scénario de La Différence invisible, a adapté sa propre histoire et en profite pour balayer pas mal de clichés autour de ce trouble méconnu et mal diagnostiqué, particulièrement en France. Etre « Aspie » n'a rien d'une mode, ni d'une maladie mentale, c'est une façon différente de ressentir et d'appréhender le monde. On le comprend d'autant mieux grâce au travail lumineux de Mademoiselle Caroline qui cosigne cet album. En jouant habilement avec la typographie, les couleurs et les cases, la dessinatrice a insufflé ce qu'il faut de rythme et d'émotion pour transformer ce riche témoignage en une histoire passionnante.
Stéphane Jarno, Telerama - 5 Septembre 2016

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Histoire du lion Personne

Histoire du lion Personne

Stéphane Audeguy mène son récit avec brio et un vrai talent de conteur. Et s'attache à dessiner, en arrière-plan, la période historique révolutionnaire, méditant sur la folie et la cruauté de ces temps de grands bouleversements tant philosophiques que politiques.
Gilles Heuré, Telerama - 5 Septembre 2016

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