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 | J'ai décidé de m'en foutre Auteur: Alexandra Varrin
Avis du 2012-01-27 J’ai décidé de m’en foutre Alexandra Varrin, éd. Léo Scheer, 329 pages
Alice Deschain, ente vingt et trente ans, a des misères d’avec son boulot, d’avec les pompiers qui lui défoncent sa porte d’appartement sous le prétexte d’un départ de feu, d’avec sa vieille voisine qui lui embarque son meuble livré par mégarde en son absence, d’avec Gros Lapin Naze qui se fout de sa relation avec elle mais se meurt du vide de l’absence qu’elle provoque au bout de deux ans d’une relation commencée par le Net, et restée virtuelle malgré quelques moments physiques fugaces, et d’autres, mais se prend des bouffées d’oxygène en faisant la groupie lors d’un concert des Rammstein pour obtenir un pass aftershow, se fait inviter à une soirée SM, et tout cela, entrecoupé de coups de téléphones de maman et mémé franc- comtoises. Elle a fui cette région lugubre en hiver avec sa copine Louison et est devenue parisienne.
Alexandra Varrin nous livre les impressions d’une difficulté à vivre de son personnage, avec un regard presque cynique, avec le recul de l’observatrice, aussi bien sur les autres que sur elle-même et ne se la raconte pas. Lucide.
p. 133 : Autrement dit, la groupie n’a pas attendu la star pour être complètement malade mais, malheureusement, la star lui permet un transfert total de tout ce qui ne va pas chez elle.
Elle dévoile une sensibilité sous le vernis de l’arrogance et de l’insolence. Les quelques anicroches, ici et là (… tous les sens du terme ne me mènent (pas) nulle part.), pour quelques phrases ne déparent pas son écriture, et l’envie de suivre les mois que sa narratrice nous découvre tout au long de cette année ne s’étiole pas. L’humour également presque en décalage avec les passages je t’aime… un peu… absolument… passionnément… d’une profondeur où l’écrivain nous prouve qu’elle l’est bel et bien, écrivain. Tout cela ponctué de notes de l’auteur en bas de page qui nous montre sa distance avec l’écrit.
p. 23 : Délester le chariot des encombrants inutiles, kärchériser les souvenirs pénibles, trier le constructif pour qu’elle puisse s’y appuyer, javelliser le présent pour assainir l’avenir.
p.80 : L’amour, c’est quand on se demande si les gens vont bien et ce qu’on pourrait faire pour qu’ils aillent encore mieux, quand on sait ce qu’il faut faire pour ça et qu’on le fait sans attendre qu’il demande quoi que ce soit.
Petit à petit, le socle familial se divulgue et nous fait entrevoir les questionnements, les doutes, les mises en abîme de la narratrice jusqu’à … Celui qui peut prétendre inverser la tendance et faire plier la réalité sous la simple force de sa volonté, il n’est pas encore né. YEDOV | |
|  | J'ai décidé de m'en foutre Auteur: Alexandra Varrin
Avis du 2011-12-28 Récit frais d'une jeune femme de vingt cinq ans et qui au final, veut peut-être nous dire qu'elle ne s'en fout pas tant que ça. Ecriture avec humour, traitant de ses relations avec les autres et tout y passe : mère, grand mère, amis, amour etc... Une jeune "bombe atomique" qui prouve qu'elle a un cerveau et qu'elle sait s'en servir. Une blonde qui pense et qui casse... YEDOV | |
|  | Microfilms Auteur: Julien d' Abrigeon
Avis du 2011-12-17 Bouquin au petit format composé d'aphorismes chroniquant avec mordant l'actualité souvent elle-même absurde par la restitution médiatique dont elle fait l'objet. Un plus pour en saisir tous les rouages. Yedov | |
|  | Cent mots dire et plus encore Auteur: Alain Baudemont
Avis du 2011-02-24 LES MOTS A LIRE de Alain Baudemont
Ses mots nous entraînent, nous lecteurs, nous emportent contre notre volonté, nous déchirent, nous renversent, nous propulsent hors de nos propres limites jusqu’à tenter de nous faire entrevoir un peu de lumière.
Petit ruisseau, s’amplifiant au gré de ses paragraphes, devient une rivière et se transforme en torrent à se jeter dans la mer de nos certitudes pour devenir tsunami et faire de notre quotidien, un flot d’incertitudes, de doutes et de questionnements auxquels Alain Baudemont ne souhaite apporter aucune réponse, nous révélant simplement son flot de champ de pensées débordantes, poussant ici et là, faisant d’un champ de terre et de boue, un parterre fleuri.
L’unique trame, l’unique essence pour Alain Baudemont est de nous donner à lire. Le flot généreux de son écriture nous montre la Beauté de l’Homme dans toute sa grandeur.
La graine ensemencée, jetée dans la pâture par une goutte d’encre égarée, naissant d’une ligne, grandissant paragraphe et de morceaux en morceaux de commentaires blogués, nous découvrons le livre que nous ouvrons, croyant par un œil lassé, apercevoir quelque lassitude déjà lue pour au final, revenir au début du livre et, avides, dévorer toutes les pages, regrettant déjà la fin, espérant glaner encore quelques miettes de.
Benoit Deville Deville | |
|  | Suicide Girls Auteur: Aymeric Patricot
Avis du 2010-09-28 Aymeric Patricot en utilisant le même nom que le site Suicide Girls - déclenchement de l'idée à faire ce livre et d'en donné le titre à son roman - avec une écriture aux mots posés, sans heurts ni détachements, juste une description saine, sans atermoiement, sans « psycho » à deux balles, avec une saine présence, décrit réellement bien la mouvance de l'adulte confronté à celle de l'adolescent et l'écriture fluide de l’auteur entraîne le lecteur. Point de lourdeur ou d'attachement puéril à une situation. Les faits sont là, dépeints et malgré tout, point de froid détachement, juste un regard qui voit. Pour le reste, il me semble trop conscient des interminables liaisons qui peuvent amener à ce geste irrémédiable mais en aucun cas, n’en fait l’exploration que ces filles exposées sur ce site en soient à ce stade. Même s'il est vrai que pour l'intrigue, la rencontre est attendue entre ce prof (dont on ne connaît l'activité que furtivement (aucune description de classes etc...) et cette adolescente en italique, néanmoins la limpidité du texte sur des scènes extrêmes de la vie quotidienne et contemporaine n'inspire ni compassion forcenée, ni pitié bon marché. L'auteur décrit des situations inextricables qui ne regarde que soi, et qui, dans le même temps, échappe à soi. Extrait :
"Prière dont la forme la plus accomplie me paraissait être de revivre l'instant de sa mort, encore et toujours, cet instant que je n'avais pas véritablement vécu puisque je dormais à ce moment-là, mais dont j'avais perçu comme les rayonnements, travaillé par un sourd pressentiment puis abasourdi de longs mois, cet instant pathétique qui semblait contenir le secret même de mon père, et peut-être aussi le mien, désormais."
Pour ma part le "mais dont", l'un de ces deux mots est de trop. Toutefois, cela n'enlève rien à l'impact de la phrase. Elle parle d'elle-même. De quoi nous parle le livre, hormis le fait de cette indécision d’un adulte à faire le deuil de la mort brutale d’un père trop omniprésent par ses principes rigides et incapable de communiquer véritablement avec les siens et la rencontre brutale d’une adolescente en pleine formation avec le regard des autres qui déterminera toute la suite de son parcours. Ce livre nous parle également de cette séparation inévitable entre le Réel et le Fantasmé, l’Idéal et ce qui est en réalité. Cette ligne invisible où chacun d’entre nous espère le grandiose du quotidien et cette impossibilité à pouvoir gérer ces deux axes calmement, avec discernement en croyant sincèrement qu’ils ne peuvent être mélangés. D’autre part, le terme "trash" ne veut rien dire pour ce roman. La littérature noire en compte déjà beaucoup. Suicide Girls est le reflet exacte des mouvances extraordinaires d'adultes qui n'en ont pas fini avec leurs enfances et adolescences et c'est ce que montre Aymeric Patricot en mettant ces deux voix : celle de l'adulte qui essaie de comprendre la cause de sa mauvaise joie et celle des accidents de cette adolescente. S'il y a question : comment survivre à cette période si trouble qu'est ce passage si difficile où toute l'enfance remonte à la gueule, quel que soit l'âge où cela arrive ? Suicide Girls nous parle, à nous lecteurs. C'est une narration au "je", donc un dialogue ou un récit que nous raconte là les personnages principaux. Ecoutons-les donc... yedov | |
|  | Le Zaroff Auteur: Julien d' Abrigeon
Avis du 2010-04-13 Livre surprenant d'où le fond musical nous entraîne, hors de notre propre volonté, à parcourir les pages et suivre les pérégrinations de (des) personnage(s). Ne cherchez pas un fil habituel de narration, nous sommes en plein dans les sensations, sans émotions surfaites juste les zestes qu'il faut et ne cherchez pas non plus une finalité où l'un des personnages serait le le gagnant et l'autre le perdant. Chacun y laisse des plumes, le traqueur qui chasse et qui s'enfuit, laissant de fausses pistes afin que le chasseur puisse les suivre et se confondre. Il y a juste à suivre la musique et elle nous entraîne hors des enceintes de la littérature poésie habituelle et trop conventionnelle. Laissez-vous envahir, défaites-vous de vos connaissances et de vos anciennes lectures, il y a là un voyage, un vrai périple et de nouveaux horizons à découvrir. Le thème... en fait, on s'en fout. Julien d'Abrigeon s'est appliqué à nous faire entendre sa musique et seule, cela semble compter pour lui. Le reste ne démontre que l'absurdité de notre Société actuelle et au scalpel, il dépèce nos habitudes de vieux rentier rangé qui ne sait quoi faire de ses journées de 24 heures. A contrario, ses personnages ne font qu'aller et venir, courir et se poursuivre, sans but, sans explication, sans cause et sans effet, autres que ceux créés par celui qui tue sur commande ou envie, que celle qui le pourchasse sachant qu'elle tuera le tueur mais sous le couvert de la Loi. Voilà toute la condition humain qui se veut un sens à sa venue alors qu'il n'y en a pas, autre - peut-être - que celui d'être là et de se survivre. YEDOV | |
|  | La Revue Litteraire N 44 Auteur: Collectif
Avis du 2010-03-23 Oui, c'est une étonnante maison d'édition qui ose et se permet comme devrait l'être tous les bons éditeurs de France et de Navarre. Ainsi, cela redorerait-il le blason de la littérature française... signature | |
|  | La Revue Litteraire N 44 Auteur: Collectif
Avis du 2010-03-16 Un panel d'écrivains dont les textes sont sur la plateforme M@nuscrits des ELS. Une opportunité de découvrir leurs textes et leurs univers. Défrichage via l'Internet, un véritable vivier de (bons) écrivains comme l'avait souligné en son temps, Virginie Despentes. blogueur averti | |
|  | Hyrok Auteur: Nicolaï Lo Russo
Avis du 2009-12-26 Un étrange destin que celui de Louison Rascoli. Photographe de mode, il va connaître le plein feux des sunlights, mais aussi l'ombre de l'échec. La dégringolade semble inéluctable et curieusement on a plaisir à le suivre, car son histoire paraît authentique, semblable à la vraie vie. Son amour compliqué avec Vio est lui aussi emprunt de catastrophes.
Hyrok renoue quelque part avec le cinéma réaliste italien. On y verrait bien le jeune Reggiani dans le rôle de Louison et un Moustaki en verve pour lui écrire les paroles d'un Mylord où « une fille du port, une ombre de la rue », le prendrait dans ses bras.
On aime le Louison, car il est comme une part de nous, celle qui n'a pas eu de chance, celle pour qui il n'y a pas vraiment de faute sinon d'être né sous la mauvaise étoile des destin tragiques.
On ne doit pas parler de la fin, alors n'en parlons pas... sinon que le bouquet final est une apothéose.
Hyrok, un livre qui nous fait découvrir l'art photographique... éminemment technique mais aussi le sang, le sperme, la sueur et les larmes d'un homme piégé dans notre société de l'apparence...
Hyrok est le septième livre de la collection M@nuscrits de chez Léo Scheer. Une expérience unique qui consiste à promouvoir de jeunes auteurs issus du net. becdanlo | |
|  | Mon père est femme de ménage Auteur: Saphia Azzeddine
Avis du 2009-12-01 Paul a 14 ans et vit dans une cité lugubre. Adolescent paumé entre une mère insignifiante, une soeur avec laquelle il ne partage rien et un père femme de ménage qu'il aime mais qu'il ne peut admirer.
Paul mène une existence triste à pleurer, vide de toute vie amoureuse et avec devant lui un avenir auquel il ne croit pas. Et pourtant Paul va aller chercher la fantaisie qui lui fait défaut, l'aventure au travers des mots qu'il va apprendre à découvrir en faisant du dictionnaire son compagnon d'infortune. Saphia Azzeddine met beaucoup de tendresse et d'émotion dans la tête et dans les mots de cet enfant. Véritable prouesse d'écrivain qu'elle réalise en racontant avec beaucoup de justesse les sentiments profonds de ce jeune garçon, beaucoup d'humour également tout au long de ce court ouvrage. Elle parvient aussi à narrer des scènes très crues sans aucune vulgarité. Son style est léger, rapide et virevoltant, cet ouvrage est un véritable régal Marie-Laure | |
|  | Unplugged : Apprivoiser l'éphémère Auteur: Alexandra Varrin
Avis du 2009-08-02 Quand on lit un livre, on fait chacun son cinéma: obligé, ne serait-ce que pour monter les décors. Et puis on développe spontanément de l'empathie pour un personnage, pas forcément le premier rôle. Avec Unplugged, j'ai passé un sale moment étant donné que les personnages sont peu nombreux, et que la narratrice semble entourée de nombreux psychopathes. Pour avoir vécu des rencontres en vrai, issues d'Internet, j'ai frémi à la scène avec Bishop. Plusieurs fois, je me suis trouvé dans son rôle, lorsque l'on voit dans le regard de l'autre un malaise troublant et qu'on a la brusque sensation de fondre: c'est donc « ça » mon « âme soeur » avec qui j'ai correspondu des heures, à qui j'ai confié mes plus intimes pensées... et puis cette solitude sidérale qui suit, lorsque l'on reprend le chemin du retour, parfois durant des heures, dans le compartiment d'un train surpeuplé. On communique avec des mots et jamais autant mieux que sur Internet, mais dans la réalité on est confronté au physique de l'autre, à sa présence qui peut provoquer la répulsion. Alors toutes les relations sur Internet sont-elles vouées à l'échec ? A lire le livre d'Alexandra Varrin, il semblerait bien que cela soit fréquent.
« Internet rend fou, » on le pressentait bien... mais à ce point c'est très angoissant. Bishop, Carver deviennent des bêtes noires, des monstres qui envahissent la pensée de la narratrice jusque dans ses rêves. Une seule solution: débrancher l'ordi... mais ce n'est pas possible, on y revient sans cesse, ne serait-ce que dans l'espoir de régler son compte une bonne fois pour toute à celui qui est devenu un adversaire.
Unplugged, un nouveau « voyage au bout de la nuit », celui du web, mais aussi celui de notre humanité, car nous sommes toujours pareils à nous même: un assemblage de pensées, d'émotions, de réactions, d'images de soi et des autres... seuls face au monde. Je ne peux pas dire que j'ai passé un bon moment à lire le récit d'Alexandra, j'ai été très souvent dérangé... mais après tout, c'est bien aussi le rôle d'un livre que de nous questionner ? En cela "Unplugged : Apprivoiser l'éphémère" est un livre très intéressant. becdanlo | |
|  | La chambre Auteur: Jean-Clet Martin
Avis du 2009-07-13 Un récit autour d'une chambre où se sont succédés des occupants avec leurs histoires, des objets ou des traces...
J'ai adoré le chapitre 8, qui comporte un long plan séquence à bord d'un autobus bloqué dans un encombrement. Plus de deux pages consacrées à la contemplation... une véritable méditation sur le présent, une écriture quasiment phénoménologique:
"A côté du siège, donnant sur le trottoir, la rose était toujours là, à égale distance entre deux barreaux, l'abeille posée sur ses pétales enveloppants, difficiles à écarter, rendant la pénétration impossible. Mais la bestiole s’obstina, sans doute à cause de la couleur et de la taille de la fleur. On pouvait voir passer, au même instant, un couple qui occultait subrepticement le rosier. Une jeune femme embrassait le cou d’un homme un peu plus âgé, grand et mince, qui offrait une surface imposante par le choix des habits et les gestes mesurés pour le mettre en valeur." (page 54)
J'ai aussi aimé cette sorte d'anthropomorphie attribuée au objets, comme la texture d'une toiles ou cette statuette africaine qui fait le lien entre les différents occupants de la chambre.
"On aurait dit qu’il désirait faire parler les forces en lutte dans cette matière. Pas étonnant que le motif réalisé consonât si bien avec la mère dont le ventre poussait à travers les striures naturelles du bois. Sur l’arrondi de l’abdomen, Pauline pouvait encore distinguer, avec peine, l’empreinte d'un pouce effilé, sans doute féminin. Elle ressentit, entre ses mains, comme une impulsion, un faible contact avec une histoire qui n’était plus la sienne, mais dont le bois poli constituait cependant un joint, un point de passage. Elle sentit fourmiller, sous ses mains, tous ceux qui s’étaient transmis ce bois sacré, de proche en proche, l’ensemble ouvert des légataires qui y avaient versé les quelques larmes de leur trop brève biographie". (page 158)
La « Chambre » ne retient pas l'attention par son intrigue mais par une une ambiance très particulière due à la peinture de Hopper, aux paysages de la ville, à leurs lumières, et à « l'envoûtement » d'un voyage en afrique.
Pour parodier Jean Pierre Coffe: « Ça ne se bouquine pas, ça se lit ». becdanlo | |
|  | Son absence Auteur: Stéphane Darnat
Avis du 2009-06-26 « Son Absence » est un écrit publié après la mort brutale de son auteur. On ne peut s'empêcher d'y chercher des signes, de découvrir une trace de prémonition. Dans l'avant propos, l'éditeur Léo Scheer, rapporte l'un de ses derniers échanges avec l'auteur qui venait de subir un accident de la route:
« Quand je me suis retrouvé dans l'ambulance avec des lumières des pompiers et des flics dans la nuit, les parfonds des couloirs d'hôpital, le médecin, les radios, les larmes de ma mère, les coups de fil de la famille, la tête prise dans un étau, le tout tourbillonnant, j'ai eu une pensée assez floue sur la vanité à écrire et être lu. Comme de découvrir, ou plutôt pressentir que mes désirs et besoins sont peut être ailleurs cachés? Je ne sais. »
De fait, le texte de Stéphane Darnat est un peu une "revisitation" de sa vie... autour d'un voyage sur les lieux de son enfance.
Un voyage, tout en douceur, à travers des paysages souvent sombres et douloureux. Mais ce qui m'a le plus touché c'est la révélation de son homosexualité que l'on devine tout au long du récit, pour arriver à cette scène « primordiale »
"Dans son lit, le soir il parle à son poupon. Son grand frère avait râlé et retenu un soupir quand leur grand-mère, complice et bienveillante, l'avait envoyé au grenier dénicher le nourrisson de plastique beige sur le tas poussiéreux de vieux cahiers d'école et de jouets d'antan. Le petit se doutait bien, lui aussi, de la catastrophe familiale que ne manquerait pas de produire son retour à la maison avec ce jouet serré contre lui.
Le père était resté droit, planté dans l’allée. Le regard rivé sur le
lointain il avait envoyé voltiger son mégot d’un coup de pouce. Mais le soir, tandis qu’au lit il faisait un câlin à son poupon, dans l’embrasure de la porte l’homme lui avait jeté un sale coup d’œil puis avait gueulé vers la cuisine : « On va en faire un pédé d’ce drôle ! »
Le petit, l’index posé sur la bouche du poupon, avait chuchoté :
« C’est déjà fait… »"
A la fin du livre, le narrateur fait son « coming out » et il découvre que son père "grande gueule" acceptera d'emblée la révélation, tandis que sa mère restera fermée, et lorsqu'il la quittera à la gare:
"Sur le quai, elle regarde venir le train, incapable d'exprimer quoi que ce soit, l'air égaré.
Lorsqu'il pose le pied sur la marche du wagon, elle lui attrape les épaules et marmonne: « J'espère que tu vas guérir... Je t'aime... »"
C'est un récit éminemment poétique où il faut se laisser aller à une respiration... paisible... jusqu'à l'aboutissement:
"A l'aube, en son âme assoupie ses rêves avaient enfin investi la lune." becdanlo | |
|  | Adore Auteur: Dahlia
Avis du 2009-06-22 C'est souvent un rêve: pouvoir bâillonner son interlocuteur afin de lui faire entendre raison, à plus forte raison quand il s'agit d'une rupture mal consommée. En partant de cette situation, on découvre l'histoire d'Anabel et de Verlaine dans de longues scènes où les dialogues ne sont pas directs. Anabel jouira du pouvoir des mots et Verlaine, qui ne peux pas parler, mais dont on entend quand même en voix off les répliques « muettes ». En fait nous sommes très proches d'une correspondance. J'ai eu aussi un peu l'impression de lire un condensé des Mille et une Nuits quand Shéhérazade fait l'éducation du roi Shâhriyâr tout en sauvant sa vie chaque nuit. Shâhriyâr était également bâillonné par le verbe de la conteuse. Dans Adore, Anabel ne dispose que de vingt quatre heures pour sauver son couple et éduquer Verlaine.
« Parle-moi » demande enfin Anabel en libérant Verlaine.
«...si tu savais comme j'avais peur de toi... c'est effrayant d'être face à quelqu'un qui nous touche plus qu'on ne le croit... j'avais si peur de te perdre que je préférais te perdre tant que je pouvais encore le décider... »
Comme les secrets de famille qui peuvent perturber plusieurs générations après, les mots absents, les non-dits peuvent tout autant perturber nos relations dans le présent.
Par son huis clos, en partie bouche cousue, Adore pourrait être une pièce de théâtre, un long monologue... si ce n'étaient quelques sorties en extérieur, ce que l'auteur appelle des « rewinds ». Et je dois dire que la scène de la première rencontre entre Anabel et Verlaine dans une librairie est un véritable régal, drôlement bien menée. Une rencontre de rêve, magique, de celle qui noue les destins... dans le quotidien.
Adore sort dans la nouvelle collection M@nuscrits des Editions Léo Scheer, un vivier de jeunes talents.
Ce premier roman de Dahlia est un coup de maître pour cette jeune auteur, gageons qu'elle saura encore nous « émerveiller » par ses histoires. becdanlo | |
|  | La petite folie Auteur: Alexandra Lemasson
Avis du 2009-02-27 "La petite folie" (dont je ne dévoilerai pas le secret, au cas où vous n'auriez pas compris de quoi il s'agit au bout de quelques dizaines de pages) est extrèmement bien décrite, dans une langue travaillée. C'est juste un peu ennuyeux. Mais Alexandra Lemasson a du talent. Elle s'est attaquée à un sujet épineux et peut-être trop sec. Il est dommage qu'il n'y ait pas eu une intrigue réelle pour tenir un peu en haleine. Flo | |
|  | Corbière le crevant Auteur: Emmanuel Tugny
Avis du 2008-05-04 Du grand Tugny, un livre médusant. Antoine | |
| |  | Corbière le crevant Auteur: Emmanuel Tugny
Avis du 2007-11-07 C'est un livre magnifique, sans doute l'un des événements de la rentrée littéraire. Sophie L. | |
|  | Sa dernière journée Auteur: Jacques Lederer
Avis du 2007-09-10 Si la mort d'un proche est une épreuve douloureuse et insupportable, comment vivre et répondre à la demande d'aide de celui qui a décidé de choisir le lieu, le jour et l'heure? Comment lui tenir la main, l'aider à combler les heures du "compte à rebours"? C'est à la demande de Michèle Desbordes que Jacques Lederer a accepté de répondre. Au travers de ce récit, il nous invite avec beaucoup de pudeur et de profondeur, à partager ces moments de complicité forte où l'amitié n'a pas de limite. Son engagement est si profond et si sincère qu'il s'engage non seulement à être présent jusqu'au dernier souffle, mais surtout de ne rien tenter qui puisse l'empêcher de vivre sa mort telle qu'elle l'a souhaitée. Ce livre est bouleversant d'humilité (il faut être humble pour accepter la mort de l'autre), de tendresse. Un grand moment de littérature et une prouesse de l'écrivain : un sujet traité gravement mais sans tristesse. Marie-Laure | |
|  | Serviles servants Auteur: Tarik Noui
Avis du 2007-08-24 je viens de l'acheter et de le terminer... simple: chefs d'oeuvre et oublié des "listes".... dommage... Franck | |
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