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Extrait

Seconde Chance: Nous avons tous deux vies, et la deuxieme commence quand on se rend compte que l'on en a qu'une...

Auteur : Gabriel Alexander
Editeur : CreateSpace Independent Publishing Platform

La sonnerie stridente du téléphone résonne dans ma tête, mais je ne parviens pas à m’arracher de mon sommeil profond et comateux. Il me semble presque impossible de me sortir de l’accablante torpeur qui me paralyse. J’ai le sentiment d’être continuellement happé, enlacé par les bras anesthésiants de Morphée. Mon instinct de survie émet d’importants signaux de détresse... Je suis prévenu par toutes les cellules de mon corps : il faut que je réagisse rapidement.

Je dois absolument répondre à cet appel ressenti d’abord par mes circuits cérébraux comme une grinçante agression.
Après un effort intense et soutenu, je réussis enfin à tendre la main pour attraper ce maudit combiné et le porter lentement jusqu’à mon oreille.
Cela m’a demandé tant d’énergie que j’en suis totalement exténué. J’ai la sensation de peser quatre fois mon poids, d’être carrément encastré dans mon matelas. Mais qu’a-t-il bien pu se passer pour que je sois dans cet état ? J’ai l’impression d’être aux portes de l’enfer ! J’ai tellement mal à la tête que j’y sens battre mon cœur, comme si l’on me frappait le crâne à coups de massue !

Je reconnais soudain la voix de mon beau-frère qui ne cesse de me répéter : « Allô, Gabriel ? » J’essaie de lui répondre, mais je n’ai plus de voix. Aucun son ne sort de ma bouche, à peine un léger souffle, comme si j’étais soudain devenu complètement muet.

Je panique, raccroche lourdement le combiné. Il faut que je sorte de ce lit, sinon, c’est sûr, je vais crever là, comme un chien, englouti dans un sommeil de marbre ! Je ne sais pas combien de cachets et de verres d’alcool j’ai pu avaler la nuit précédente pour être dans cet état lamentable. De toute façon, je m’en fous... Il y a bien longtemps que je ne compte, ni ne contrôle plus ma consommation d’alcool et de barbituriques. J’en ai trop besoin pour survivre, pour supporter chaque instant de mon existence. Mon existence... plutôt ce cauchemar qu’est devenue ma vie.