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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | L'Homme de la passerelle De Isabelle Jarry Editeur : Seuil Parution le : 14 Mars 1994
Il est si doux de mentir. Cela 'évite tant de questions, tant de tracas. Pas d'explication à donner, pas de secret à dévoiler. La narratrice a adopté cette règle dès son plus jeune âge. A ses parents qui lui reprochent de perdre son temps à tout répertorier dans des petits carnets, elle raconte qu'elle prépare une pièce de théâtre pour son lycée. Comme ils ne la croient pas, elle l'écrit pour de bon, en deux mois. Et ils la croient. Elle a grandi. Elle passe aujourd'hui des heures à la fenêtre de sa chambre du prieuré, où elle s'est réfugiée depuis plusieurs mois. Des heures à guetter les allées et venues d'un homme sur une passerelle. Pourvu que personne ne lui demande jamais pourquoi elle demeure ainsi immobile. Surtout pas lui, pas l'homme de la passerelle qu'elle commence à aimer. Elle serait capable de lui répondre n'importe quoi. Qu'elle est paralysée. Il serait capable de la croire. Et de l'aimer. | [Poche]Littérature
Commentaires Amazon| 2005-03-10 | Note : 4/5 | Il faut gratter à la surface ... Le roman aurait pu se baptiser "La fille à la fenêtre" au lieu de "L'homme de la passerelle", car la narratrice aime regarder par la fenêtre du prieuré où elle loge, immobile, des journées entières. Et très vite elle suit le manège d'un homme qui traverse une passerelle pour se rendre au beffroi. Tous les matins, même heure. Un jour, cet homme l'aperçoit, lui fait un signe de la main, lui parle ... et elle de lui répondre qu'elle est paralysée ! Son mensonge va l'entraîner à jouer une comédie qui l'oppressera, ressassant une enfance marquée par ses manies de TOC, puis un frais passé avec l'architecte, un homme qui semble avoir dressé le mensonge à un art très délicat. Autant dire que le roman se termine de manière singulière et surprenante ! Jusqu'alors, le récit de la narratrice voguait en eaux douces, proches de la folie ou du désarroi. Et puis il y a escalade de l'urgence, de l'horreur de soi, du délire d'être, de sortir de son mensonge qui pousse la jeune femme à "péter un câble". Cette fin alterne le charme du roman, toutefois ça n'entache en rien la jolie qualité que j'y avais trouvée tout du long. Isabelle Jarry démarrait là une carrière littéraire toute prometteuse !
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