 Cliquez pour agrandir | Mémoire d'un fou d'EmmaDe Alain Ferry
Editeur : Seuil Parution le : 5 Mars 2009 ISBN : 978-2-0209-4510-3 EAN13 : 9782020945103
Avec sa femme Eva, le narrateur de ce roman d'amour fou croyait faire un couple indissoluble. Un jour elle le quitte. Il sait seulement qu'elle s'est jointe à un capitaine de marine. Au lieu de noyer son chagrin dans l'alcool, il trouve un consolant paradis artificiel dans la relecture de Madame Bovary. Relisant le chef-d'œuvre de Flaubert, dont il consulte simultanément les prodigieux avant textes, cet homme revoit le film de son histoire avec Eva. Composée de souvenirs ardents, de fantasmes, de références et de regrets, poinçonnée aussi par l'aveu d'un parti pris qui pourrait avoir causé le départ d'Eva, sa remémoration se nourrit et s'enivre d'une célébration enflammée de la "petite femme" de Flaubert. Avocat commis d'office, il est comme épris de sa cliente, dont il blasonne le corps tout entier et ausculte l'âme énigmatique. Ce Mémoire d'un fou d'Emma confirme l'idée - chère à Thomas Mann - que souvent la vie des hommes, simples ou illustres, est régie par l'imitation et " s'exprime en citations ". Mais il est essentiellement un acte d'amitié pour les bons livres, pour le cinéma, et pour l'idée que l'amour, s'il s'inscrit en lettres de noblesse, ne s'oblitère pas, même quand sa page est tournée. | Prix Médicis Essai 2009Littérature française
Prix conseillé : 21,30 € - Prix : 20,24 € |
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Commentaires Amazon| 2010-03-08 | Note : 5/5 | Pour les happy few, essai réussi Tout d'abord, le titre m'accrocha par son rythme et m'intrigua par la collision: « Mémoire d'un fou » « fou d'Emma ». Emma qui, dont on puisse être fou? J'ouvre le livre, première phrase: « Éva était très belle ». Et pourquoi mémoire au singulier, et non pas au pluriel? Ai-je entre les mains un essai plutôt que les souvenirs de ce narrateur qui se pare du nous de majesté (de dérision, peut-être)? Le « je » survient pourtant, dès la première page. Mais ce n'est pas le « je » du narrateur. C'est celui d'Éva, sa protagoniste absente: jamais le « je » d'Éva ne revient, c'est le seul du livre, au moins jusqu'à maintenant (j'en suis à la moitié).
Nous sommes fixés avant la fin de la première page, nous, les lecteurs: Emma s'appelle Bovary, et nous, lecteurs mâles, sommes tous fous (du moins espérons-le) de notre Éva particulière. Sous le feu d'artifice d'un langage en tirs croisés, Alain Ferry nous associe par le « nous » au destin de son narrateur, en perdition entre Éva, notre épouse, femme primordiale et réelle que jamais nous ne pourrons vraiment posséder, et cette Emma que seule nous savons posséder, parce qu'elle est l'Anima imaginaire que nous nous sommes créée imperceptiblement pour nos désirs et nos passions.
Bien que le livre se dise roman (d'ailleurs en italique et en petits caractères sous le titre dominé par le mot Mémoire en lettres massives) il s'agit plutôt pour moi d'un essai romancé, ironique, savant et humoristique: tour à tour amants inattentifs, veules ou sots, nous sommes tous des Monsieur Bovary, des Léons, des Rodolphes et autres amants inconséquents, qui embrassent leurs phantasmes, superbes ou mesquins, à travers la chair de leur compagne.
| | 2009-11-23 | Note : 2/5 | emma mérite mieux que cela ! Très décevant ... tant au niveau du contenu que de l'expression : lire quelqu'un qui s'écoute écrire ... et qui écrit à la première personne du pluriel est au dessus de mes forces ! Je comprends que sa femme l'ait quitté pour un marin !
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