 Cliquez pour agrandir | Les assoifféesDe Bernard Quiriny
Editeur : Seuil Parution le : 19 Août 2010 ISBN : 978-2-0209-9366-1 EAN13 : 9782020993661
Sélection Rue des Livres
En 1970, la Belgique est le théâtre d'une révolution d'inspiration prétendument féministe, excluant les hommes de toute vie sociale et instituant une dictature d'un nouveau genre. En France cependant, des militants des causes extrêmes considèrent ce petit enfer totalitaire comme un modèle d'égalité. Quelques-uns, parmi les plus convaincus - d'où se détache la figure drolatique de Pierre-Jean Gould, intellectuel germanopratin -, seront conviés à un premier voyage officiel dans l'Empire des femmes, dirigé d'une main de fer par les " Bergères ", Ingrid et sa fille Judith. Sur place, ils seront " promenés " dans des décors en carton-pâte dressés par les propagandistes du pouvoir.
Une farce politico-touristique où le tableau ubuesque d'un régime délirant s'accompagne d'une description cocasse de mondains en liberté surveillée, persuadés de participer à un voyage historique. On suit, en parallèle, sous la forme d'un journal, l'histoire d'Astrid, une sujette anonyme, qui découvre la réalité paranoïaque du pouvoir, les privilèges des apparatchitzas et leurs caprices insensés. Dans ce récit burlesque, qui mêle le sarcasme à la gravité, Bernard Quiriny nous livre une réflexion mordante sur les excès du fanatisme et du pouvoir absolu. |
Prix conseillé : 21,00 € - Prix : 19,95 € |
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Commentaires Amazon| 2010-10-11 | Note : 3/5 | Quand le Benelux était une dictature Ah, quelle belle chose que l'uchronie, ce genre littéraire qui repose sur le principe de la réécriture de l'Histoire à partir de la modification d'un événement du passé. Philip K. Dick l'a porté à son apogée avec Le maître du haut château, dans lequel allemands et japonais avaient gagné la deuxième guerre mondiale.
Malgré son point de départ, le Benelux devenu une dictature féministe depuis 1970, Les assoiffées n'appartient pas vraiment au genre fantastique. Bernard Quiriny dresse le tableau le plus réaliste qui soit, et le plus crédible, à partir du moment où l'on accepte d'imaginer ce monde improbable.
Deux récits cohabitent, alternent et se complètent dans le roman. D'abord, le journal d'une citoyenne lambda, repérée par la "Bergère" qui dirige l'empire et qui devient l'une de ses favorites. La description des allées du pouvoir, son côté grotesque et délirant est contre-balancée par la plume ultra classique de l'auteur qui rend quotidienne cette bouffonnerie absolue et en atténue la cruauté. C'est la partie la moins convaincante du livre.
En revanche, le compte-rendu du voyage de ces intellectuels français, persuadés d'être des privilégiés dans la découverte d'un eldorado unique au monde est jubilatoire au possible, bien que, là encore, Quiriny bride ses chevaux et préfère le sarcasme et l'ironie à la franche moquerie vis-à-vis de ces précieux ridicules roulés dans la farine et heureux de l'être. Impossible de ne pas penser à une certaine intelligentsia parisienne qui, pendant longtemps, considéra la Chine avec vénération.
Avec le portrait de cette sorte de Corée du Nord féministe jusqu'au bout des ongles qu'est devenu le Benelux, Quiriny livre un pamphlet efficace et riche en péripéties, qui ne connait que quelques baisses de tension. Reste au final une interrogation. Qu'a t'il voulu montrer au juste ? Que toutes les dictatures finissent dans le chaos ? Que l'aveuglement des élites intellectuelles pour un type de société "idéale" est risible ? En fait, on ne sait pas trop. Impeccable sur la forme, Les assoiffées est un livre qui laisse pensif quand à son fond. Un exercice de style, de haute tenue, mais pas plus. Ces limites ne sont-elles pas intrinsèques au genre de l'uchronie ? Oui, c'est probable.
| | 2010-10-11 | Note : 4/5 | une bouffonerie utopique L'histoire est simple, elle nous décrit la Belgique qui après une révolution féministe en 1970 est devenue une dictature ubuesque dirigée par les Bergères -la fondatrice de la dynastie Ingrid puis sa fille Judith l'actuelle reine de ce régime occulte- qui sont parvenues à éradiquer les hommes de leur pays et de les remplacer à tous les niveaux par des femmes, pays fermé qui accepte la visite touristique d'un groupe d'intellectuels français mené par le vaniteux Jean-Pierre Gould à des fins de propagande pour huit jours, et en parallèle de ce voyage décrit par ses participants nous suivons Astrid -qui tient son journal- infirmière en Belgique qui va gravir tous les échelons du nouveau régime jusqu'à devenir la favorite en titre de Judith avant de lui déplaire et d'être annihilée par la folie irrationnelle de cette dernière... on est entre un conte moral à la Voltaire et "Le retour d'Urss" de Gide (mais lui avait justement vu la réalité soviétique!) où des emprunts sont faits à quelques uns des pires régimes du XXième siècle -la bande de quatre de la femme de Mao, la numérologie du fondateur de la dictature birmane Né Win, le procès expéditif de Ceausescu etc- avec les enfants manipulés et idéologiquement dressés, le peuple qui crève de faim et les élites qui vivent dans un luxe outrancier, les villes redessinées, l'art monumental officiel, la destruction morale et physique des tous les opposants... la nouveauté ici c'est que se sont des femmes d'un féminisme virulent qui prennent les rennes du pouvoir et qui n'ont rien à envier aux hommes -ce que je trouve discutable, assez vicieux et un brin misogyne de la part de Bernard Quiriny (sans oublier le fantasme hétérosexuel des lesbiennes!)- et qui épurent toute présence mâle de leur histoire, de la littérature et de l'art, qui interdisent aux femmes d'avoir des garçons, qui pensent que seul un homme castré est digne d'être un larbin -car tous les autres métiers sont réservés aux femmes- et qu'on parque tout en recyclant leur sperme qui est encore utile -momentanément- pour la procréation... bref c'est un roman plaisant à lire, j'ai particulièrement apprécié la manipulation des intellectuels français -voir certain compte rendu du régime hitlérien de l'époque ou de celui de Lénine et Staline ou encore l'ignoble régime de Pol Pot- qui s'empresseront de crier au génial renouveau de ce régime ignoble avant d'être mis devant l'évidence à la chute de cette dictature... Je le conseille.
| | 2010-09-05 | Note : 4/5 | Toute ressemblance avec la réalité n'est sans doute pas fortuite Dans un Bénélux de fiction, les femmes ont pris le pouvoir et instauré une dictature. Le pays a fermé ses frontières depuis des années et nul ne sait vraiment ce qu'il s'y passe... Pourtant, bien des années plus tard, une équipe de français est invité à séjourner dans le pays. Le pays leur est présenté sous son meilleur jour. Et si certains restent convaincus qu'il s'agit là d'un pays idyllique, d'autres se rendent compte de la manipulation "On nous cache tout, on nous dit rien"...
En parallèle, la vie d'une de ces citoyennes Belge est relatée à travers son journal intime. Elle raconte son ascension, d'infirmière elle entrera dans les coulisses du pouvoir et y découvrira l'envers du décor.
Un livre intéressant qui fait se poser les bonnes questions sur ces états totalitaires. Quelques comportements se rapprochant de faits ou de personnages historique n'est sans doute pas une coïncidence. Un très bon premier roman pour cette foisonnante rentrée littéraire !
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