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Fiche livre | |  |
 | IncidencesDe Philippe Djian
Editeur : Editions Gallimard Parution le : 11 Février 2010 ISBN : 978-2-0701-2212-7 EAN13 : 9782070122127
Sélection Rue des Livres
Une Fiat 500. Au volant, Marc. A côté de lui, sa plus jolie étudiante. C'est la nuit, ils foncent chez lui finir la soirée en beauté. Au petit matin, son goût prononcé pour les jeunes élèves de son cours d'écriture va soudain lui passer. A cause des routes de montagne ? Du néo-conservatisme ambiant ? Des crises de sa soeur ? Ou plutôt du charme des femmes mariées ? Marc ne saurait dire. Du moins, pour le moment. | Collection : BlancheAcheter ce livreAmazon
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Vos avisMarc couche avec ses étudiantes et aussi avec sa soeur. Ex-enfant martyrisé, sadisé par une mère hilare, il garde le souvenir de sa maison en flammes, l’année de ses 14 ans. L’incendie le délivra des sévices de cette mère castratrice peu réceptive aux investissements affectifs : ” Elle était en combinaison, penchée sur un tiroir de sa commode. Le jour où il avait surpris sa mère dans cette tenue, elle l’avait saisi à la gorge…” (P.90)
Père, dévalorisé et peu viril. Père maternel . Père faible. La mère bat les petits devant lui. Il ne les défend pas, se traite de ” parfait misérable”, et pleure devant eux à chaudes larmes. Dans cette continuité, Marc s’efforce de “ne pas sembler trop minable” (p.182). Il protège sa soeur. Marianne est au coeur de ses songeries et de ses jalousies depuis qu’elle est épilée et courtisée par Richard, son collègue détesté : ” Il songea de nouveau au sexe de sa soeur, désormais lisse comme la peau d’un abricot ou d’un cuir fin, d’excellente qualité, pâle comme une amande fraîche, en tout cas proprement renversant - la simple idée que richard pût y glisser la main l’étourdissait, le frappait à toute volée, littéralement.”
Marc est comme étranger aux drames survenant tout près de lui. On pense à Camus. Banalisation dirait un Psy. L’étudiante Barbara meurt à ses côtés dans son lit. Lors d’un contrôle routier, un policier l’interpelle et tombe raide-mort d’une crise cardiaque. Il jette simplement les corps dans un trou :
« Il poussa la dépouille du policier jusqu’à l’extrême bord de la faille et ensuite le catapulta dans le vide en utilisant ses deux pieds comme des ressorts. Puis il rampa vers le gouffre afin de s’assurer que tout était en ordre, que rien n’était visible, que les ténèbres avaient tout effacé. Mais tout était parfait. » (p.151)
Quand il arrive vers ce trou, il entre en transes. des hallucinations l’envahissent, avec toujours sa mère en toile de fond. Enfant il a failli périr dans cette crevasse. Marianne, sa soeur l’a sauvé: ” C’est dire à quel point nous sommes liés. ” (p.162). Depuis, il y enfouit les morts qu’il ramasse sur sa route. Surtout, il se cache dans ce trou pendant des jours et des nuits, s’estimant ” relativement comblé par son séjour dans son intimité minérale et moussue ” (p.152)
Se réfugier dans les entrailles du sol lui redonne la vie que sa mère lui a reprise. Lorsque la lune se lève, “ il voit le fantôme de sa mère traverser le ciel et voguer dans les nuages, au-dessus des cîmes.” Au fond dans ce livre, personne ne meurt jamais vraiment, même ceux que Marc jette au trou. Ceux qui croisent marc sont immortels. la vie terrestre n’est qu’une étape du cheminement éternel de l’esprit.
Ce gouffre est comme hanté par un revenant qui lui porte chance. Marc est en rapport avec l’au-delà. Il vit dans un monde où corps et âmes se disjoignent, surtout dans la chambre de sa sœur Marianne : « L’odeur de cette chambre était réellement troublante – elle l’avait toujours été. L’odeur de cette chambre au matin, lorsque Marianne ne s’était pas encore levée, comme si une partie de son corps s’était évaporé durant la nuit et flottait dans l’air tiède. »
Quand il ne rôde pas autour de ce fameux trou, Marc “s’arrime” à sa soeur : “Sans doute trouvaient-ils duplaisir à faire ce qu’ils faisaient, une fois qu’ils étaient allés trop loin, mais cela n’avait rien de tès sexuel, au sensou on l’entend aujourd’hui, cela avit davantage à voir avec une ultime connexion cérébrale, avec un furieux besoin de s’arrimer ensemble le plus étroitement possible…” ( p.179) L’arrimage est tel qu’il caresse la cuisse de Myriam, la policière, en pensant à sa soeur.
Si le gouffre se remplit, la béance de son manque-à-être va être comblée par Myriam, la femme mûre dont il tombe éperdument amoureux. Scènes torrides. Se présentant comme la belle-mère de l’étudiante Barbara, Myriam est en fait un policier ! Avec elle il devient adulte, lui qui n’a” jamais eu de relation avec une femme de plus de vingt six ans.” Longues descriptions de séances de harcèlement sexuel dont il est victime de la part des étudiantes. D’habitude c’est plutôt le contraire à ce qu’on dit ! Avec son look un peu déjanté, son besoin d’être protégé, son aura de prof. il allume ses étudiantes, dont il ne peut ensuite se défaire. Il se fait même casser la gueule par des hommes de main mandatés par Annie, l’étudiante éconduite.
La découverte de la véritable identité de la policière Myriam, noue la fin d’une intrigue bien menée. Marc, s’offre une dernière nuit d’amour avec Myriam. C’est chaud. Puis il ouvre le gaz, allume son briquet. Tout explose. Comme il y a quarante ans. Eternel retour freudien du même, dans un livre masculin, mettant fin à une série d’ouvrages féminins où l’homme est simplement présenté comme un salaud. Pas si simple ! bruno chauvierre
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Commentaires Amazon| 2010-03-15 | Note : 3/5 | implosif Quel manipulateur ce Djian : il nous entraîne dans la tête d'un prof d'université fort sympathique qui râle après les flics trop zélés, les empêcheurs de fumer en rond, et son chef au mauvais goût littéraire. Amateur d'étudiantes pas farouches, il fait enrager ce dernier. On s'amuse de cette rivalité masculine (pour une fois que ce ne sont pas les femmes qui se jalousent).
Le lecteur jubile mais commence à se poser quelques questions : ce prof vivant isolé avec sa soeur, irrémédiablement attiré par une anfractuosité au coeur de la montagne, cache-t-il un gouffre insondable en lui-même ?
Le prof semble moins sympa peu à peu et le lecteur devine, grâce à un récit génialement déconstruit, la violence traumatisante de son passé. Jusqu'à une fin....
Djian ose imaginer et nous faire ressentir ce qui est tabou.
Se jouant encore de l'autorité et de la morale, mais glaçant... Philippe Djian se dépasse. Depuis quelques années, on sent ses romans travaillés, sculptés. il aurait pu tomber dans le travers du romancier à succès qui se laisse aller à la facilité et réinvente la même recette.
En tant que lecteur, on se sent récompensé dans notre fidélité et respecté : le mec bosse. Ensuite, on aime plus ou moins les histoires qu'il propose mais le style gagne en densité ; ses phrases ont l'air simples et faciles à lire mais aucune n'est imprimées au hasard.
A 16 ans, j'étais heureuse de rencontrer des histoires qui bousculent. A 42 ans, l'incorrection ne me suffit plus, il faut qu'elle soit administrée avec talent. Merci monsieur Djian de ne pas jouer les ringards rebelles, de peaufiner votre style à chaque roman comme un artisan.
| | 2010-03-15 | Note : 3/5 | djian djian Encore une arête. Il faut absolument lire ce livre, mais par pitié que quelqu'un me fasse part de ses réseves. Tous les critiques sont enthousiastes "C'est le meilleur, son style etc.." suis-je le seul de ses fans qui ne supportent plus certaines de ses tournures populaires, sinon vulgaires: les filles tombent "comme des mouches" vous les séduisez "à tour de bras" ou, page 70 "je rentrais dans un domaine inconnu.. auquel je ne connaissait rien". OU il a un ghost whiter, ou il ne se relit pas, ou il écrit pour les taducteurs friands de tournures franchouillardes. Ou alors, j'ai vielli et ne suis plus sensible à ce qui représentait pour moi la classe de l'écrvain. Il en reste heureusement quelque chose: l'ambiance, les personnages, les situations etc.. mais c'est lui qui parle de la préeminence du Style!
| | 2010-03-06 | Note : 4/5 | Agréable mais pas palpitant Un professeur d'âge mûr a de nombreuses relations avec de jeunes étudiantes jusqu'à ce qu'il rencontre une femme ayant la cinquantaine qui change alors tout de ses attirances. On suit lentement cet homme dans sa vie, sa relation intime avec sa soeur avec qui il vit, ses errements, ses sentiments. Un livre qui se lit bien mais qui ne tient malgré tout pas en haleine.
Je le recommande toutefois car il est quand même bien écrit et l'histoire n'est pas ennuyeuse.
| | 2010-03-02 | Note : 5/5 | Sous les clopes et la baise, la folie. Marc est un prof de fac quinquagénaire, écrivain raté, qui, à défaut de pouvoir écrire avec « grâce », décortique les oeuvres de ses pairs dans ses ateliers d'écriture. Archétype du cowboy soixante-huitard qui dégaine ses Winston plus vite que son ombre et aligne ses conquêtes estudiantines comme on éperonne, sa vie se complique lorsqu'une énième nuit d'effervescence se conclue au petit matin sur le cadavre d'une jeune étudiante. Accident ? Meurtre ? Coup monté ? Le début, pour lui, à n'en pas douter, d'une longue descente vers « le point de non-retour ». Derrière le portrait un brin caricatural de ce prof qui cultive la nonchalance avec un bagout tout américain et la critique du système avec l'acrimonie cynique du type usé, se tapissent, en arrière plan, une zone d'ombres, une faille profonde dans laquelle Marc a enfoui de terribles traumatismes liés à son enfance. Ténébreux abîme, gouffre sans fond à l'image de cette crevasse dans laquelle il fait choir ses cadavres trop encombrants. Dans laquelle, parfois, aussi, il trouve refuge. Magistrale illustration d'une folie inavouée mais qui gonfle au fil des pages pour, dans le dernier quart du roman, péter littéralement à la figure du lecteur, "Incidences" brille par son remarquable travail de construction et par son parti pris narratif du non-dit, qui esquisse plus qu'il n'avoue, qui suggère plus qu'il n'affirme. L'imaginaire du lecteur comble les lacunes de cette mosaïque déconstruite pour, au final, nous imposer le portrait d'un être torturé par ses démons antérieurs et intérieurs, condamné à se précipiter vers une fin prédestinée. Un roman qui cogne. Pour un très grand écrivain.
| | 2010-02-20 | Note : 3/5 | Bof "Incidences" est le premier livre de Philippe Djian que je lis.
Je ne regrette pas ma lecture mais sans plus.On a envie d'aller jusqu'au bout
car on se doute qu'il y aura des révélations à la fin.
L'architecture du livre est habile et le style agréable.
Mais que les personnages (et en particulier le principal d'entre eux)sont antipathiques!
Une impression de malaise se dégage de toutes ces histoires de coucheries .
Je ne regrette pas ma lecture et avait envie de connaitre cet écrivain"culte" pour me faire ma propre opinion.
Elle est faite et je ne pense pas que je lirai le suivant même s'il est encore plus"djiantissime"
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