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Judas

Judas

Auteur :

Editeur : Gallimard

Sélection Rue des Livres

Le jeune Shmuel Asch désespère de trouver l'argent nécessaire pour financer ses études, lorsqu'il tombe sur une annonce inhabituelle. On cherche un garçon de compagnie pour un homme de soixante-dix ans ; en échange de cinq heures de conversation et de lecture, un petit salaire et le logement sont offerts.
C'est ainsi que Shmuel s'installe dans la maison de Gershom Wald où il s'adapte rapidement à la vie réglée de cet individu fantasque, avec qui il aura bientôt des discussions enflammées au sujet de la question arabe et surtout des idéaux du sionisme. Mais c'est la rencontre avec Atalia Abravanel qui va tout changer pour Shmuel, tant il est bouleversé par la beauté et le mystère de cette femme un peu plus âgée que lui, qui habite sous le même toit et dont le père était justement l'une des grandes figures du mouvement sioniste. Le jeune homme comprendra bientôt qu'un secret douloureux la lie à Wald...
Judas est un magnifique roman d'amour dans la Jérusalem divisée de 1959, un grand livre sur les lignes de fracture entre judaïsme et christianisme, une réflexion admirable sur les figures du traître, et assurément un ouvrage essentiel pour comprendre l'histoire d'Israël. Un chef-d'oeuvre justement acclamé dans le monde entier.

21,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
352 pages
ISBN : 978-2-0701-7776-9
Les avisExtrait

La presse en parle

Les fantômes d’Amos Oz

Située en face de la vallée de la Croix, dans la partie ouest de Jérusalem, l’intrigue de Judas cherche moins à exploiter le décor de pierres blondes et les ruelles de la Ville sainte qu’à abriter un huis clos entre trois marginaux : l’ex-étudiant ­Shmuel Asch qu’une rupture a conduit à laisser tomber sa thèse sur l’apôtre, le vieil historien Gershom Wald et une veuve de 45 ans, Atalia Abravanel. Entre ces trois solitaires que tout sépare et qui appartiennent à des générations différentes, des relations précaires mais fortes vont finir par se nouer.

Dans ses descriptions de Jérusalem, Amos Oz recourt à une sorte de pittoresque inversé en montrant cette cité, si célèbre pour sa luminosité, constamment battue par les vents et la pluie. De même se joue-t-il des clichés du sionisme, en affublant Asch d’une barbe à la Herzl saupoudrée de talc pour bébé.

Les développements didactiques consacrés à Judas, qu’Amos Oz mêle à son histoire, doublent le roman d’un véritable essai. L’entrelacs ne prend pas toujours et sature parfois le récit. C’est l’aspect le moins convaincant du livre, malgré l’intérêt de l’hypothèse prêtée à Asch d’un Judas fidèle entre les fidèles, poussant Jésus à monter sur la croix pour faire éclater sa divinité en espérant qu’il survive à son supplice.

Le dévoilement progressif du secret qui pèse sur la maisonnée est en revanche très réussi. La vérité apparaît en pleine lumière au fur et à mesure que se modifie le regard sur les objets quotidiens (canne, café, lampe à pétrole) auxquels Oz a toujours l’art de donner une âme.

Nicolas Weill, Le Monde des livres.

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