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Mémoires d'une jeune fille rangée
De Simone de Beauvoir
Editeur : Editions Gallimard
Parution le : 10 Janvier 2008

« Je rêvais d'être ma propre cause et ma propre fin ; je pensais à présent que la littérature me permettrait de réaliser ce voeu. Elle m'assurerait une immortalité qui compenserait l'éternité perdue ; il n'y avait plus de Dieu pour m'aimer, mais je brûlerais dans des millions de coeurs. En écrivant une oeuvre nourrie de mon histoire, je me créerais moi-même à neuf et je justifierais mon existence. En même temps, je servirais l'humanité : quel plus beau cadeau lui faire que des livres ? Je m'intéressais à la fois à moi et aux autres ; j'acceptais mon "incarnation" mais je ne voulais pas renoncer à l'universel : ce projet conciliait tout ; il flattait toutes les aspirations qui s'étaient développées en moi au cours de ces quinze années. »

  • Collection : Folio

  • Commentaires Amazon

    2006-12-19Note : 5/5
    Je vous aime : est-ce que ça vous regarde ?
    Cette année jai suivi les différents feuilletons télévisés consacrés au couple Sartre-Beauvoir, et ils ne mont pas satisfaite. Je ne comprenais pas lamitié pour Zaza, il me semblait que ce nétait pas Sartre qui avait donné son surnom au Castor (et cest effectivement Herbaud), je navais pas cette vision-là de ces deux êtres, je ne comprenais plus leur pacte.
    Jai donc décidé de me lancer, en entier, et dans lordre, dans les mémoires de Simone de Beauvoir.
    Dans ce premier opus, elle se raconte de sa toute petite enfance (née en 1908), à ses 21 ans (où elle commence tout juste à fréquenter Sartre, très platoniquement), jusquau décès de Zaza : « Jai pensé longtemps que javais payé ma liberté de sa mort ».
    Et jai compris, maintenant, oui, quel amour puissant Simone avait longtemps éprouvé pour Zaza, dont la faconde, la différence, lapparente aisance corporelle, lavaient éblouie au temps de leur enfance, où elle-même se pensait laborieuse et appliquée. La façon dont le corps avait été écarté, la tête décidait, le reste devait suivre, elle ne savait ni nager ni rouler en vélo par exemple. 21 ans et jamais un émoi physique, à part vers ses 12 ans, elle se fait un jour peloter par un inconnu dans un cinéma et ne comprend absolument pas ce qui lui arrive.
    Elle est pétrie didées reçues, intellectualise absolument tout évènement.
    A 15 ans, elle décide quel serait le type dhomme quelle élirait pour compagnon (elle ne serait jamais une compagne elle-même, elle aurait un compagnon, nuance). Forcément supérieur intellectuellement, puisque, suivez-moi : tenant pour évident que les deux sexes sont égaux, et se considérant comme doffice privilégiée, de part son éducation et son intelligence, pour être à son niveau lhomme devait obligatoirement la devancer.
    Jai été touchée par la précision sans complaisance avec laquelle elle se décrit, la naïveté (et la bêtise, parfois) de ses convictions enfantines quant à la vie sociale, ses hurlements de solitude et les va-et-vient mentaux incessants pour trouver sa place, sa raison de vivre.
    « Jaimais beaucoup le mot de Lagneau : « Je nai de soutien que mon désespoir absolu. » Une fois ce désespoir établi, puisque je continuai à exister, il fallait me débrouiller sur terre le mieux possible, cest-à-dire faire ce qui me plaisait. »
    Et puis, évidemment, plus que tout, son amour de la littérature, ses émois, ses premières « impressions profondes » de lecture (Enfant :Little Women de Louisa May Alcott et Le Moulin sur la Floss de George Eliot.)
    La lectrice vivante quelle était : « Soudain, des hommes de chair et dos me parlaient, de bouche oreille, deux-mêmes et de moi ; ils exprimaient des aspirations, des révoltes que je navais pas su me formuler, mais que je reconnaissais. Jécumai Sainte-Geneviève : je lisais Gide, Claudel, Jammes, la tête en feu, les tempes battantes, étouffant démotion. »
    « Je me disais que, tant quil y aurait des livres, le bonheur métait garanti. »

    2004-08-10Note : 5/5
    Une autobiographie magique!
    Avec cette autobiographie, Beauvoir nous plonge dans les années 1910 et 1920 où devant nous se dresse un Paris d'une autre époque. L'identification à l'auteur est immédiate également: ses joies, ses peines, ses idéaux. Cette oeuvre est un peu notre oeuvre car elle nous permet, à travers les doutes, les interrogations et les constats de la jeune Simone, de nous connaître nous même. Enfin, ces pages sont aussi celles d'une femme qui se voulait libre à une époque où la femme n'avait pas vraiment son mot à dire.

    2003-01-14Note : 4/5
    un beau témoignage
    Une autobiographie magnifique et surtout très bien écrite, qui nous replonge au début du XXème siècle. Simone de Beauvoir trouve les mots justes pour décrire les préoccupations de l'enfance et les sentiments ambigus de l'adolescence, où chacun se reconnaitra.

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