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Huit millions de façons de mourir
De Lawrence Block
Editeur : Gallimard
Parution le : 3 Mai 1996

Un jeune mac noir expert en art africain. Des putes qu'on lui tue, avec un acharnement forcené. Un ancien flic reconverti dans le privé, et qui boit, et qui sait qu'il boit trop, qu'il boit à mort. Et, tout autour, huit millions de New-Yorkais qui mourront un jour, chacun à sa façon, sordide, idiote, cruelle.

  • [Poche]
  • Policier et Suspense
  • Collection : Série noire

  • Commentaires Amazon

    2006-11-06Note : 5/5
    Du tout bon «Matt Scudder»
    Je reconnais tout à fait que l'intrigue de ce polar est d'une trame on ne peut plus classique, toutefois il est pour moi le plus abouti de ceux que j'ai lus de l'auteur pour le moment.
    Dans ce cinquième livre de la série « Matt Scudder », Lawrence Block campe le personnage du détective d'une vraie profondeur. Au fil des pages et pendant que l'enquête piétine, l'auteur prend tout son temps pour nous le présenter, intimement, sans pour autant que la narration languisse. La personnalité de ce détective, retiré de la police, prend ici une réelle épaisseur et j'avoue être littéralement conquise. Cet ancien flic, devenu indépendant suite à une bavure où une fillette est décédée d'une balle perdue, a noyé sa détresse dans l'alcool durant les quatre précédents épisodes. Cet opus est ainsi l'occasion pour lui de commencer à fréquenter l'association des Alcooliques Anonymes, ce qui est tout à son honneur. Ainsi, parallèlement à l'intrigue, cette ébauche de désintoxication avec ses multiples méandres, est exploitée avec beaucoup de justesse.
    Puis, une fois les minutieuses présentations effectuées, le dernier quart du livre s'accélère et l'intrigue prend une vitesse digne des grands polars même si le dénouement est plutôt prévisible et sans apothéose. Le contexte est si bien amené, l'écriture si juste et précise que l'intrigue toute banale qu'elle puisse être s'avère efficace. Mais la dimension humaine des personnages est sans doute ce qui est le plus réussi dans ce livre.
    Le tout dans le décor du New York de l'indifférence et de la violence où la mort est le quotidien ordinaire de ses habitants.


    2006-09-26Note : 5/5
    Un polar émouvant
    Avec ce polar, on comprend pourquoi même les auteurs français situent leur intrigue aux "States" ; la ville y est un personnage à part entière, dont L. Block nous rend la vie palpable. Le détective est un "looser" magnifique, parce que profondément humain c'est-à-dire faible, grâce à quoi on s'identifie à lui immanquablement. Ce polar constitue une perle du genre, d'ailleurs, dont la portée va au-delà pour atteindre la hauteur d'un roman littéraire. On en sort tout remué et désireux d'en savoir plus sur Lawrence Block, autant que de retrouver Matt Scudder au plus vite.

    2006-05-23Note : 5/5
    Le Grand Matt Scudder
    Voilà le vrai début du grand Matt Scudder ! Un roman qui est beaucoup plus qu'un polar, stylisé, maitrisé de bout en bout, profond et captivant.

    Chance, un souteneur atypique, l'engage pour découvrir l'assassin d'une de ses call-girls. Mais Matt est dans une sale période. L'alcool est en train de le tuer, et entre deux séances de désintoxication à l'hôpital, il tente de résister sans être en possession de toutes ses capacités.

    Et l'atmosphère New-Yorkaise est de plus en plus dense, prend sa place comme un personnage à part entière.

    « Sur le chemin de mon hôtel, je m'arrêtai dans un snack et pris un potage, un sandwich et un café. Il y avait dans le Post une curieuse histoire. Cela se passait à Queens où deux voisins de chamaillaient depuis des mois à cause d'un chien qui aboyait en l'absence de son maître. La veille au soir, le propriétaire du chien promenait l'animal quand celui-ci leva la patte contre un arbre qui poussait devant la maison du voisin. Il se trouva que le voisin regardait justement la rue. Il s'empara d'un arc et d'une flèche et tira d'une fenêtre du premier étage sur le chien. Le propriétaire du chien courut chez lui et revint armé d'un Walther P.38, souvenir de la Deuxième Guerre mondiale. Le voisin se précipita lui aussi dans la rue avec son arc et ses flèches et le propriétaire du chien lui tira dessus et le tua. Le voisin avait quatre-vingt-un ans, le propriétaire du chien en avait soixante-deux et les deux hommes habitaient l'un à côté de l'autre depuis plus de vingt ans. L'âge du chien n'était pas précisé mais il y avait une photo de l'animal tirant sur sa laisse que tenait un officier de police en uniforme. »

    On se régale aussi des abréviations du jargon policier, par exemple PPP (Personne Psychologiquement Perturbée), ou Agopapap (Assez Glandé On Passe Au Porte A Porte).

    Ce qui est hyper fort, aussi, c'est toute la psychologie de l'alcoolique (mais ça peut vraiment s'appliquer à n'importe quelle dépendance), qui alterne de raisonnements tordus pour céder à la détermination farouche, en passant par les petites phrases salvatrices auxquelles se raccrocher.

    On est très émus, aussi, à la dernière phrase.

    Moi ça y est, j'ai succombé gravement à Matt Scudder.

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